Vie de parent

Et si on changeait de regard
sur le rapport au corps
et à l’alimentation ?

On vous a concocté un dossier bien loin des plats tout préparés. Car nous n’avons pas de recette miracle face aux enjeux liés à l’alimentation. Tout simplement parce qu’elle n’existe pas, tant les situations sont diverses, tant les familles sont uniques, tant les repas des tribus sont hétéroclites. Rituel chez certain·e·s, obligation chez d’autres. Festin quotidien ou plat à grignoter devant la télé… Il y a autant de façon de se nourrir que de familles. Une diversité où cohabitent plaisir et craintes, partage et rupture. Attablez-vous, on vous raconte tout cela.

Et si on changeait de regard sur le rapport au corps et à l’alimentation ?

Autant l’alimentation et la nourriture sont des sujets de conversations courants au même titre que la météo, le boulot ou l’éducation des enfants. Autant ces sujets, aussi légers semblent-ils, peuvent receler leurs parts d’ombre, entre tabou, non-dits et jugements de valeurs. L’alimentation est intimement liée aux familles, elle fait partie de leur folklore, de leurs habitudes, de leurs rituels. Y toucher peut s’avérer très déstabilisant, voire blasphématoire.

Un repas mal reçu peut jeter un froid. Un plat traditionnel familial raillé peut devenir source de conflit. La nourriture, c’est sacré. Elle peut aller jusqu’à signaler une appartenance à une classe sociale, à un groupe, à une culture. L’alimentation est définitivement un sujet sensible, parce qu’enraciné dans notre quotidien.

Dans ce dossier, nous explorons tout cela au cœur des familles. Nous abordons notamment les angoisses « alimentaires » auxquels les parents peuvent être confrontés. Angoisses face aux enfants qui développent une aversion pour certains aliments, qui se réfugient dans la nourriture pour faire taire un mal-être ou qui, au contraire, se perdent dans un refus de s’alimenter. Motif d’inquiétude. Sujet de conversation difficile à aborder. L’alimentation n’apporte pas que du plaisir au sein de familles. Parfois elle secoue, inquiète.

Outre les troubles alimentaires, au fil des témoignages recueillis, on s’aperçoit à quel point le rapport à la nourriture construit les familles. Dès qu’un enfant naît, cette relation nourricière s’établit, avec déjà, parfois, des inquiétudes qui sont liées au poids. Entre fausses croyances et références biaisées, ce poids est source de malentendus. En parler, c’est risquer de toucher à l’intimité et donc de choquer. D’autant que la pression sociale s’en mêle souvent, généralement bête et parfois méchante.

Ce dossier, loin de s’arrêter à un constat un peu sombre, propose surtout des pistes de solutions, des invitations à changer de regard et à considérer que, oui, on peut être hors normes et bien dans sa peau. De quoi rassurer les parents dont la fille à des courbes (trop ?) généreuses ou dont le fils affiche un petit bide digne de son paternel. L’alimentation, on en parle ? Oui, à l’instant, sans tabou, en toute intelligence.

Dossier réalisé par Alix Dehin, Marie-Laure Mathot et Clémentine Rasquin

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