Vie de parent

Éventuelle reprise des cours : comment ça se passe ailleurs ?

Plusieurs réunions sont organisées cette semaine pour tracer les contours d’une éventuelle reprise des cours dans les écoles en Fédération Wallonie-Bruxelles. Des questions sont sur la table. Beaucoup de questions. Ce mercredi, les acteurs du secteur doivent encore se rencontrer. Vendredi, les parents devraient avoir des précisions officielles lors du Conseil national de sécurité. Quelles sont les pistes ? Où en sont nos voisins ? Quels sont les points de friction ? On tente de faire le point.

Éventuelle reprise des cours : comment ça se passe ailleurs ?

Cette question de la réouverture des écoles est un thème très sensible. On l’a vu lors de la publication de nos différents articles sur le sujet. Tout de suite, ça s’enflamme. Il faut dire que le champ est libre pour la polémique. Pas de décisions concernant une échéance précise. Des avis d’experts qui divergent. Il y a de quoi alimenter les camps des « pour » et des « contre ». Comme le disait un délégué syndical de l’enseignement cette semaine, il est impossible d’établir des scénarios si dates et balises ne sont pas là. Des syndicats qui placent la sécurité comme préoccupation première dans leurs discours.

Pour l’instant, donc, tout est ouvert. Une reprise en septembre ? Une reprise progressive dès le mois de mai ? Selon le journal Le Soir, de ce mercredi 22 avril, les experts chargés par Sophie Wilmès de dresser les contours du déconfinement, préconiseraient la date du 18 mai pour une réouverture partielle des écoles. Mais avec réserves (l'évolution de la situation sanitaire) et des scénarios à définir. Reprendre pour certains niveaux et pas d’autres ? Privilégier la rentrée des rhétos ? Couper des classes en deux ? C’est tout cela qu’il faut trancher. 

Le Ligueur s’est penché, avec Maxime Michiels, chargé d'études à la Ligue des familles, sur ce qui se fait à l’étranger. Voilà ce qui ressort des différentes approches.

► France  

Le calendrier | La date du 11 mai a été avancée pour la reprise des cours. Hier, le ministre de l’Éducation a fait le point, mais toujours au conditionnel. L’idée serait de ne rien imposer aux parents. Ils pourront envoyer leurs enfants à l’école. Mais ne seront pas obligés. Dans ce cas-là, les élèves suivraient les cours à distance.

Au début, cette rentrée concernerait les années « stratégiques », 3e maternelle, première et dernière années primaires. Tout cela lié à des mesures de distanciation sociale avec maximum 15 élèves par classe. La semaine suivante place au secondaire, avec aussi des années plus ciblées en début et fin de cycle (première, cinquième, sixième). Tout le monde rentrerait fin mai début juin.  

Le masque | Sur le port du masque par les élèves et les professeurs, la probabilité est forte, a indiqué le ministre de l'Éducation, « mais ça fait partie des choses qu'on va décider au cours des deux prochaines semaines ».

► Danemark  

Le calendrier | Certaines écoles danoises ont pu rouvrir mercredi 15 avril. Pour l’heure, seules les crèches, écoles maternelles et primaires, ainsi que les classes de première et terminale sont concernées. Les collégiens et autres lycéens devront attendre le 10 mai.

La rentrée du 15 s’est déroulée dans la controverse. Les cours n’ont pu reprendre que dans la moitié des communes danoises et dans 35% des établissements à Copenhague. Problème central : la mise en conformité sanitaire. De nombreuses écoles ont demandé un délai pour s’organiser.

Mesures de sécurité | Les élèves et le personnel encadrant doivent se laver les mains toutes les deux heures. Une distance de deux mètres entre les tables dans les salles de classe doit être respectée. Les enfants doivent jouer par groupe de trois à cinq (pas plus) et de préférence en extérieur. Les poignées de portes, jouets et interrupteurs, entre autres, doivent être désinfectés deux fois par jour. Au moindre symptôme, les enfants doivent rester chez eux. Les conditions sanitaires limitant le nombre d’élèves par salle de classe, certaines écoles se retrouvent à manquer d’espace pour accueillir tous les enfants. Les parents qui en ont la possibilité sont donc encouragés à garder leurs enfants à la maison.

► Pays-Bas  

Le calendrier | Il est question d’une réouverture partielle à partir du 11 mai. Particularité, les élèves du primaire vont reprendre leurs cours en alternant cours à l’école et à domicile. Les collèges et les lycées, eux, se préparent à une réouverture partielle le 2 juin.

Confinement intelligent | C’est le modèle sur lequel se sont basés les Pays-Bas, un modèle (plus souple qu’en Belgique par exemple) qui mise sur l’immunité collective. Lors de la présentation de la mesure, hier, le Premier ministre néerlandais a affirmé suivre l’avis des scientifiques qui estiment que les enfants sont moins susceptibles de contracter, mais aussi de transmettre le virus.  

► Allemagne  

Le calendrier | Tout est assez morcelé, car tout ce qui touche au système éducatif est du ressort des régions (Land). Les dirigeants politiques des différents partis sont d'accord pour que la réouverture se fasse au plus vite. Sur la manière, les avis divergent : les uns plaident pour une réouverture progressive et en priorité pour les plus jeunes avec toutes les mesures de sécurité qui s'imposent. Les autres préfèreraient une reprise pour tous les élèves mais en deux temps - un groupe le matin, un groupe l'après-midi - afin de limiter les contacts inutiles.

► Québec  

Le calendrier | Une rentrée était prévue le 5 mai. Finalement, ce ne sera pas le cas. Le dossier n’est pas encore mûr. Les syndicats calent notamment sur l’aspect sécurité. Hier, les autorités québécoises ont néanmoins plaidé pour une réouverture graduelle. Faire rentrer un million d'enfants en même temps à l'école le 1er septembre ne serait pas une bonne idée selon le Premier ministre.

Pistes de retour progressif | Il a été question de diviser le nombre d’élèves par deux dans les classes. Histoire de maintenir une certaine distanciation en limitant le nombre d'élèves par local. Autre scénario avec le même objectif : faire venir les élèves un jour sur deux.

► Et la Belgique ?  

Tous ces cas sont évidemment sur la table de travail en Fédération Wallonie-Bruxelles. Ils sont loin d’apporter des solutions toutes faites. Bien au contraire. Chaque cas de figure montre ses limites et ses faiblesses.

En Belgique, le point de friction est notamment communautaire. La Flandre et la FWB ne sont pas forcément sur la même longueur d’ondes. En Flandre, depuis le congé de Pâques, les élèves du secondaire doivent apprendre des nouvelles matières, ce qui n’est pas le cas côté francophone. Il y a fort à parier que s’il y a réouverture des écoles, il y aura des différences des deux côtés de la frontière linguistique. Bonne chance au Conseil national de sécurité pour faire passer ce genre de subtilités vendredi.

Le port du masque est aussi en ligne de mire. Faut-il le rendre obligatoire ou pas ? La semaine dernière, la tendance était plutôt de dire non. Singulièrement pour les élèves de maternelle et de primaire. Aujourd’hui, des voix se font entendre côté médical pour le port du masque à l’école.

Autre élément à prendre en considération dans ce dossier, les transports en commun. Au TEC, on estime que s’il faut amener tous les élèves à l’école, il faut changer les règles de distanciation sociale (5 personnes par bus aux heures de pointe, ça ne va pas le faire) et compenser le déficit en sécurité par le port du masque.

Thierry Dupièreux

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