Vie de parent

Examens : parents stressés !

Un sondage effectué par une caisse d’allocations familiales, Partena pour être précis, auprès de mille parents belges ayant des enfants aux études, le révèle : 69% des parents Belges se sentent plus stressés en cette période d’examens scolaires que pendant le restant de l’année.

Examens : parents stressés !

Troubles du sommeil, angoisse, irritabilité, agitation et même maux physiques. Pas à la fête, les parents, avant les fêtes. Ce mal être se marque à la maison, bien sûr, mais aussi dans la vie professionnelle. Et ce sont surtout les mères (63%) qui seraient concernées puisqu’elles disent s’occuper majoritairement du soutien scolaire de l’enfant. Les pères ne seraient que… 6% à prendre ce genre d’initiative !

Seuls 32% des parents disent bénéficier d’un sommeil réparateur durant cette période. L’enquête révèle que les parents dont les enfants suivent l’enseignement secondaire technique et professionnel sont les plus stressés (79%). Assez logiquement, nous semble-t-il, le niveau de stress est également plus élevé chez les familles de trois enfants et plus (74%).

Parents supporters

Même si les mères et les pères, toujours selon l’enquête, surestiment largement leur investissement réciproque dans ce coaching scolaire, ils demeurent néanmoins motivés et mobilisés pour soutenir leurs enfants durant les épreuves. En les encourageant, en créant un climat propice, en veillant à un style de vie sain, côté sommeil (98%) et alimentation (95% sont attentifs à ce que leurs enfants ne sautent pas le petit déjeuner et mangent suffisamment de fruits et légumes, comme le rappelle régulièrement le Ligueur !).

Du coup, 64% des parents voudraient consacrer plus de temps à leurs enfants lors des examens. Un souhait surtout présent chez les familles recomposées (76%). À tel point qu’un parent interrogé sur deux envisage d’adapter son rythme de travail durant la prochaine session d’examens : 52% sont prêts à prendre congé et 43% à réfléchir à des horaires flexibles ou flottants. Une réalité importante, comme l’explique Marc Ertveldt, porte-parole de Partena, lui-même papa de trois enfants. « Comme caisse d’allocations familiales, Partena fréquente quotidiennement les parents et veut les aider dans l’éducation. L’un des thèmes qui nous est apparu prioritaire, c’est le soutien scolaire. Par ailleurs, comme prestataire de services RH, nous constatons que décembre est un véritable exercice d’équilibre pour les responsables du personnel: il faut concilier le planning des congés et des permanences avec la demande accrue de disponibilités pour les enfants pour les examens et lors de la fermeture scolaire, l’apurement des jours de congé et les maladies hivernales. C’est pourquoi nous prônons une compréhension réciproque et que chacun se mette dans le paysage de l’autre pour établir un planning qui tienne compte des réalités de chacun, car il y a un besoin réel. »

Marcel Ruffo : ne pas projeter nos angoisses

Profitant du passage de Marcel Ruffo à Bruxelles où il présentait bien à propos son dernier livre, Tu réussiras mieux que moi, craintes et désirs d’école (éditions Anne Carrière), nous avons demandé au célèbre pédopsychiatre français de l’université d’Aix-Marseille quel conseil il donnerait à ces parents stressés : « Les parents refont leur scolarité à travers la scolarité de leurs enfants. Il faut donc qu’ils guérissent de leur propre scolarité pour qu’ils soient plus à l’aise. Il y a des souvenirs d’école traumatiques chez nous tous : mauvaises notes, échecs, nuits blanches, craintes de ne pas être parfait, etc. Des souvenirs que nous risquons de projeter sur nos enfants. Sachant que les examens de nos enfants, ce sont d’abord leurs examens, pas les nôtres. On peut les soutenir, veiller à leur alimentation, leur interdire de prendre des produits, vérifier le stylo et l’encre, faire attention à ce qu’ils ne passent pas une nuit blanche, sachant que s’ils doivent étudier toute la nuit, c’est qu’ils n’ont pas travaillé avant, etc. Au-delà de cela, notre rôle s’arrête. Leur succès, c’est leur succès. Leur échec, c’est leur échec. C’est dans l’autonomisation de nos enfants que se joue notre capacité à être moins anxieux. Car, même si on révise la matière avec son enfant, on ne va pas y aller à leur place à cet examen. »

Michel Torrekens

EN SAVOIR +

  • À propos de l’enquête : 963 parents ayant des enfants aux études âgés de 6 à 25 ans ont participé à l’enquête en ligne, qui a eu lieu du 23 octobre au 13 novembre 2013. 41% des participants habitent en Flandre, 38% en Wallonie et 21% à Bruxelles.
  • Sur les bonnes pratiques en période d’examens, lire l’article du Ligueur : Tous dans les « starting-bloque ».