Vie de parent

Examens scolaires : diminuer
le stress chez les 6-12 ans

Pour les examens, épisode capital de fin de saison, tout l'entourage de l'élève se retrouve plongé dans une ambiance studieuse, et parfois aussi au bord de la crise de nerfs. Le résultat ? « Les enfants de primaire sont sujets au stress de plus en plus jeunes, constate Thierry, enseignant dans le Hainaut. Crise oblige, situation pénible et futur incertain, je vois de plus en plus de parents mettre une pression terrible sur leurs petits. »

Examens scolaires : diminuer le stress chez les 6-12 ans

« Il faut penser sportif de haut niveau », préconise Martine Fallon, cuisinière et agitatrice de molécules, comme aime se définir cette professionnelle du « mieux vivre », et auteur de l'ouvrage La cuisine de l'énergie. Cet entraînement qui prépare à la vie d'adulte ne s'improvise pas. En pleine période de révisions de fin d’année scolaire, bien des enfants présentent des symptômes d’anxiété. Bien qu’un minimum de stress puisse pousser les jeunes à étudier afin de réussir, trop de pression risque malheureusement de nuire à leur performance. Mais que peut-on faire pour les aider ?

Rattrapage : possible ?

Un conseil revient systématiquement parmi l’ensemble des personnes interrogées : « Ne pas se mettre trop de pression ».

Il n’y a pas de miracle !
Thierry, 47 ans, enseignant, n’y va pas par quatre chemins : « Bien préparer un élève, aussi jeune soit-il, passe par une attente réaliste de ses révisions. Inutile de le mettre face à une montagne de travail qui ne va faire que le décourager. »
Pour ce professionnel rompu au stress des examens de fin d'année, les résultats se font en fonction du travail et de l’assiduité durant l’année entière, pas seulement des dernières semaines. « Un élève dont l’attention a été insuffisante ne doit pas s’attendre à des miracles », assure t-il.

Au contraire, tout est possible !
Observation que ne partage pas Isabelle, responsable thérapeutique scolaire à Bruxelles. « Tous les ans, nous avons toutes sortes de surprises, constate-t-elle. Il est tout à fait possible de rattraper très vite ce qui n’a pas été acquis durant les cours. La stimulation des épreuves peut décupler les forces d'un élève dont les résultats ou l'attention durant l'année aura été faible. »
Il arrive même que ce « couperet » provoque un déclic chez les plus jeunes et les conduise par la suite à se remettre sur les rails de la scolarité nous apprend la pédagogue. Pour ceux qui ont fourni des efforts réguliers, cette dernière ligne droite n’est qu’une consolidation des connaissances.
« De toute façon, cancre ou premier de la classe, il est essentiel que les plus jeunes réalisent que l'échec fait partie de la réussite, idem pour les parents », confie Martine Fallon.

Rôle des parents : accompagner, relativiser

L'enseignant constate que l'entourage se projette de façon parfois irrationnelle dans la réussite de sa progéniture. Isabelle, notre pédagogue, abonde : « Nous bâtissons une société de plus en plus narcissique dans laquelle la performance fait office de valeur ultime. Si l'enfant échoue, le parent perd la face. Je vous laisse imaginer à quel point c'est pesant pour les enfants. »
Contre ce genre de pression, des parents plongent toute leur petite meute dans une ambiance très particulière.
« On coupe la télé, l'ordinateur et les jeux vidéo. Une fois les devoirs et révisions des uns et des autres terminés, nous soupons tous ensemble. Les aînés livrent des anecdotes et conseils sur les examens. Et le soir, nous lisons ou jouons ensemble aux cartes et aux jeux de société. »
MATHIAS? PAPA DE BEN, 10 ANS

Isabelle le confirme : changer ses habitudes, se souder et relativiser apporte une base solide.

Inspirez, soufflez !
Encore un conseil de la nutritionniste Martine Fallon aux parents anxieux. Il s'agit de la « cohérence cardiaque ». Le principe ? Des petits exercices de respiration très courts qui permettent de contrôler le rythme du cœur. Pour s'entraîner, il est même possible de télécharger l'application Respirelax sur son smartphone. Et un régime alimentaire équilibré ! (Lire l’encadré Santé ci-dessous).

Yves-Marie Vilain-Lepage

En pratique

INTÉRESSEZ-VOUS À SA VIE D’ÉCOLIER

  • Dédramatisez l’apprentissage. Certains enfants se braquent devant une nouveauté. Ils réalisent qu’ils ne savent pas encore ceci ou cela. Il faut leur dire qu’il est normal qu’ils ne sachent pas.
  • Évitez aussi les phrases qui commencent par « C'est bien, mais... ». Soulignez ce que l’enfant réussit et ce qu’il prend plaisir à faire.
  • Racontez-lui vos propres expériences d'enfant.
  • Intéressez-vous à ses passions, partagez avec lui vos enthousiasmes. Prendre le temps de souffler, de s’asseoir à côté de son enfant, de parler de ce qui l’intéresse et de ce qui vous intéresse, c’est fondamental.
  • Soyez fier de lui, félicitez-le pour ses réussites.

Santé

RÉGIME ALIMENTAIRE ET MISE EN FORME

  • Petit déj : un verre de jus de fruits ou de légumes, une portion de muesli avec yaourt entier ou des tartines. Rien ne vaut le pain où l’enfant puisera les sucres utiles au bon fonctionnement de son cerveau qui en consomme jusqu’à 180 g par 24 heures !
  • 10h : si possible pas de collation, sinon une pomme. Ou la tartine que votre petit n’a pas eu le temps de manger au petit matin. Très important : un verre d’eau.
  • Midi : pain avec garniture (jambon, fromage, omelette) et crudités à volonté - mais pas de mayonnaise - si votre enfant est au repas tartines. Vous pouvez agrémenter son thon d’épices, d’huile d’olive, de citron et même d’un soupçon de crème fraîche. Cette dernière contient 40 % de graisse quand elle est entière alors que la mayo en compte 85 %.
  • 16h : des fruits ou même une tartine de chocolat, pourquoi pas ?
  • Souper : un potage, un poisson ou une viande au choix, féculents (riz, pommes de terre ou pâtes) et légumes à volonté… s’il n’en est pas encore dégoûté (n’oubliez-pas, il a déjà avalé sa portion via la soupe).
     

À lire : Martine Fallon, La cuisine de l'énergie, Éditions Les Arènes.

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