Vie de parent

Facebook est-il un vrai ami ?

Facebook, le réseau social le plus célèbre auprès des jeunes, fête ses 10 ans. Pour cet anniversaire, faisons le point sur les bons et mauvais usages de cet outil de communication et de ses dangers pour nos enfants.

Facebook est-il un vrai ami ?

Quand nos ados, préados même, surfent sur le Net, ils passent la plupart de leur temps sur Facebook. C’est le réseau social par excellence qui permet aux jeunes de rester en contact avec leurs amis, de faire des rencontres ou des retrouvailles, de jouer... Chacun a son profil, avec ses informations personnelles, ses photos, et invite ses copains, sa famille, ou d’autres, à devenir « amis ». Et avec leur réseau – jusqu’à 600 personnes parfois – ils partagent des infos, des images, leurs émotions…

Dès le plus jeune âge

Avant 11-12 ans, l’usage de Facebook est fortement déconseillé. L’enfant n’a pas la maturité sociale pour maîtriser les codes de la communication web ni pour doser ses émotions et jongler avec celle des autres usagers. Officiellement, l’âge minimum requis pour s’inscrire sur ce réseau social est 13 ans. Mais les jeunes veulent y avoir accès de plus en plus tôt. C’est là qu’il y a des centaines de copains potentiels. C’est là qu’il y a les « grands », et une mine de divertissements à observer et à partager. C’est là qu’on peut « exister » socialement, alors que les sorties avec les copains ne sont peut-être pas encore permises. Certains petits malins n’hésitent pas à se vieillir pour s’ouvrir un compte. C’est trop tentant.

Il vaut donc mieux en autoriser l’accès et accompagner son jeune, pour l’informer, lui apprendre à communiquer sur Facebook, plutôt que de le lui interdire. Le risque serait qu’il l’utilise en cachette, et fasse des bourdes (données personnelles, photos…) qui peuvent lui coûter cher, et qu’il regrettera peut-être très longtemps.

Socialisation ou isolement ?

Grâce aux médias sociaux, il n’a jamais été aussi facile de se faire des amis ou d’entretenir des contacts amicaux. Et, contrairement aux idées reçues, Facebook n’appauvrit pas forcément les relations. Ce n’est pas parce que notre enfant multiplie ses contacts sur le réseau social qu’il perd de vue ses vrais amis.

Sur Facebook, paradoxalement, on interagit avec peu de gens de façon régulière, et on contacte, en revanche, plus facilement et plus rapidement, ses proches, connus en « hors ligne ». Une récente enquête de l’université d’Oxford a encore confirmé que les réseaux virtuels n’augmentent pas notre nombre d’amis proches et biens réels, parce qu’on ne peut avoir qu’un nombre restreint d’amis. Si la connexion à Facebook ne l’empêche pas de participer à d’autres activités, ni de sortir avec ses amis le week-end, il n’y a, a priori, pas de risque d’isolement.

Peut-il devenir accro ?

On est parfois malade et inquiet de voir notre ado littéralement « scotché » à son écran, mobile ou pas. Pourtant, il n’existe pas d’addiction à Facebook, ni à internet. On ne peut être dépendant qu’aux jeux d’argent, à la cigarette, à l’alcool… Mais il ne faut pas le laisser abuser des outils numériques pour autant. Une utilisation excessive peut comporter certains dangers.

Refusez d’être son « ami »

Et une fois qu’on est soi-même bien renseigné sur le phénomène, qu’on a aidé notre ado à ouvrir et paramétrer son compte Facebook, et qu’on l’a bien informé des mesures de précaution à prendre avant de se connecter, on le laisse surfer. On résiste à aller voir ce qu’il fait en cachette, et on refuse de devenir son ami sur Facebook. Une fois qu’il maîtrisera bien toutes les manettes du réseau social, il pourrait configurer ses paramètres de sorte que tout ou partie de son activité nous soit inaccessible, sans même qu’on s’en rende compte. On serait alors faussement rassuré.

Et s’il sait qu’on le suit sur Facebook, il ne prendra plus la peine de nous dire ce qu’il fait, de nous indiquer son emploi du temps et ses sorties, considérant qu’on en a été informé sur sa page... Il pourrait même juger que notre inquiétude devient inutile et injustifiée.

Ce n’est pas d’une relation vagabond-espion qu’on veut avec notre ado, mais d’une confiance mutuelle basée sur le dialogue, dans la mesure du possible.

Stéphanie Grofils

À lire

Surfons tranquille 2.0 !, Olivier Bogaert, RTBF Racine, 2013.

Les enfants et les écrans, Jean-François Bach, Olivier Houdé, Pierre Léna, et Serge Tisseron, Le Pommier.

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