Vie de parent

Faut-il récompenser votre enfant ?

Il y a des moments où ça vous prend d’un coup, une vague de tendresse vous envahit, une folle envie de faire savoir à votre gamin, à votre fille que vous tenez fort, très fort à lui, à elle. Cette envie irrépréssible, vous la dites souvent avec des mots, mais parfois aussi avec des objets (En lui offrant, par exemple, le jeu vidéo - ou le petit pull, c’est selon ! - qui lui fait de l’œil depuis si longtemps). Mais donner une récompense à son enfant, ce n’est pas lui faire plaisir ! C’est volontairement marquer un moment où vous trouvez qu’il a fait quelque chose de bien. Ou pour l’inciter… à faire quelque chose de bien.

Faut-il récompenser votre enfant ?

Le sens de la récompense est trouble. D’abord, parce qu’elle s’exprime par et pour mille raisons différentes selon les pratiques des parents. Ensuite, parce qu’elle n’est jamais gratuite.

Conditionnement…

Certains parents la mettent en place très tôt, dans l’espoir de conditionner l’enfant à un minimum de règles qui lui permettront de vivre plus harmonieusement avec le groupe. J’entends déjà certains d’entre vous évoquer l’histoire du chien à qui on apprend à donner la patte en lui offrant un sucre. Mais l’image est trop brutale, même si c’est une manière douce d’inviter l’enfant à intégrer un certain nombre d’habitudes.

… chantage

Ça nous est tous arrivé au moins une fois dans notre vie de parent, lors de ces moments où on est à bout et qu’on «n’obtient » plus rien de notre môme. Alors, on sort l’arme suprême, le chantage affectif où l’on troque un « bon comportement » contre une douceur ou toute autre offrande. Quand l’amour devient une carotte à mériter… Oh, on n’est pas très fier comme parent à ces moments-là, mais avouons-le, ça marche ! La récompense est alors un fameux moteur qui nous aide à faire avancer, appelons-le ainsi, notre projet pédagogique.
Les psychologues vous diront - et ils auront raison ! - que la sécurité de base chez l’enfant se fonde sur le sentiment que, quoi qu’il fasse, il sera toujours aimé par papa ou maman. Certes, mais qu’est-ce que ça fait du bien de pouvoir aussi dire à son petit ange devenu soudainement démon qu’on n’en veut pas de cet enfant-là ! Juste une minute, une seule minute pour se soulager. Après, on respire un bon coup, on reprend la Loi - avec un grand L ! - où on l’avait laissée et on la distingue bien de nos attentes personnelles.
Après la punition, la transmission des valeurs, l’éducation à l’âge adulte - autant de dossiers que nous avons coutume d’appeler nos Essentiels à la rédaction -, le Ligueur a souhaité explorer le sens de la récompense tantôt ordinaire, tantôt exceptionnelle et démêler avec vous ses multiples contradictions. Afin de mieux savoir pourquoi et quand on l’utilise. Nous avons lancé le sujet sur notre page Facebook où vous avez déjà été nombreux à réagir.

Et le mérite dans tout ça ?

On rêverait que la vie récompense les efforts de nos enfants. Naturellement. Mais lorsque ceux-ci se donnent un mal de chien pour réussir un examen ou une épreuve sportive et qu’ils se cassent méchamment les dents, on a envie de crier à l’injustice. Non, l’effort n’est pas toujours récompensé, le résultat pas toujours au rendez-vous… Situation douloureuse où l’on croise les doigts pour qu’ils ne sortent pas de ce type d’expérience, complètement dégoûtés. L’ultime récompense alors, c’est notre regard de parent. Celui de la fierté. Mais ne devrait-il pas toujours en être ainsi ?

Myriam Katz

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