Vie de parent

Fermeture des écoles avant Pâques ? L’hypothèse serait sur la table

Il y a encore un gros point d’interrogation, mais l’école pourrait faire les frais du regain de force du virus. Les assouplissements prévus dans le secondaire ces prochaines semaines seraient compromis, il serait même question de fermetures anticipées avant Pâques.

Fermeture des écoles avant Pâques ? L’hypothèse serait sur la table

L’annonce d’un Comité de concertation avancé d’une semaine n’augure rien de bon. Depuis quelques jours, les experts ont le regard rivé sur les chiffres de l’épidémie. Et ils craignent le pire. Tous les indicateurs sont à la hausse, pas juste une remontée isolée. La tendance négative s’inscrit dans la durée. Il n’en faut pas plus pour raviver le spectre d’une troisième vague. Avec un « tour de vis » attendu.

Ce midi, plusieurs médias (le Soir, la Libre) se sont fait l’écho de discussions autour de la fermeture des écoles. Les ministres de l’Enseignement se sont retrouvés pour évoquer la situation dans les écoles au regard de cette évolution. Tout serait évoqué, « y compris l’anticipation des vacances de Pâques d’une, voire deux semaines », note le Soir qui s’empresse d’ajouter que la piste rencontrerait de « farouches oppositions » et que donc il s’agit d’une piste encore très hypothétique.   

La Flandre prend les devants

Ce qui est sûr, c’est que l’école risque bien d’être touchée par un durcissement des mesures sanitaires. À tout le moins, les promesses de relâcher un peu la bride durant le mois d’avril sont remises en question. Preuve que la pression est bien réelle, le ministre flamand de l’Enseignement a décidé d’imposer le masque aux élèves des deux dernières années de primaire. Et cela, jusqu’au congé de Pâques. Quant à la rentrée du secondaire full time, toujors côté flamand, elle est reportée. En Fédération Wallonie-Bruxelles, rien de tel jusqu’ici. On relèvera juste qu’à nouveau, les mesures se prennent en ordre dispersé d'une Communauté à l'autre.

« Nos enfants vont mal »

Contactées, les associations de parents des réseaux libres et officiels sont dans l’attente. Elles rappellent toutes les deux qu’elles ne sont pas constituées d’épidémiologistes et que, donc, elles comptent sur les experts pour prendre des mesures appropriées, conformes à la réalité du virus. Mais d’un autre côté, elles ne peuvent que souligner l’importance de tenir en compte la santé mentale des élèves.

« Nos enfants vont mal », lâche Bernard Hubien secrétaire général de l’Ufapec, l’Union francophone des associations de parents de l’enseignement catholique. « Si le report de la rentrée à temps plein dans le secondaire se confirme, cela va aussi jouer sur le moral des parents. C’est un vrai yoyo émotionnel. Après la réjouissance, les espoirs retombent ».

Préserver les enfants, une priorité

Même son de cloche du côté de la Fapeo. Joelle Lacroix, à la coordination du secrétariat général de la Fédération des associations de parents de l’enseignement officiel, insiste sur le « bien-être scolaire des enfants ». Elle anticipe aussi déjà sur la session d’examens de fin d’année. « Les élèves vont aller la boule au ventre à l’école. Si la situation perdure, il faut venir avec des propositions d’évaluations formatives et ne pas rester coincés dans des schémas qui sont incompatibles avec cette année scolaire anormale subie par les enfants ».

La Ligue des familles exprime aussi son inquiétude dans un communiqué publié en début d’après-midi (voir ci-dessous). « Essayons au moins de préserver les enfants et de les laisser poursuivre au maximum leurs activités habituelles : l’école, le sport, les stages… écrit Christophe Cocu, son directeur. Pour les plus jeunes comme pour les ados, qui sont nombreux à attendre de pouvoir reprendre normalement l’école et les activités extrascolaires ».

Et le chômage temporaire?

Dans la foulée, la Ligue des familles estime que « le chômage temporaire pour fermeture d’école, prévu jusqu’au 31 mars, doit impérativement être prolongé : c’est une nécessité, même s’il n’y a pas de fermeture généralisée des écoles, car les parents en ont besoin également si une classe ferme suite à des cas Covid ou si leur enfant est en quarantaine pour une autre raison ».

T.D.

Le communiqué de la Ligue des familles

Fermeture éventuelle des écoles : La Ligue des familles demande qu’on laisse les enfants avoir la vie la plus normale possible

Comme chaque fois que les chiffres sont mauvais, la fermeture des écoles est l’une des premières mesures à revenir sur la table. Pour la Ligue des familles, il ne peut au contraire s’agir que d’une mesure de tout dernier recours. L’association appelle à tout mettre en œuvre pour préserver le bien-être des plus jeunes.

La demande des parents : préservons autant que possible les plus jeunes

« Il faut donner la priorité aux jeunes et leur laisser une vie la plus normale possible » nous disait un parent il y a quelques jours. « Comment voulez-vous dire aux enfants de moins de 6 ans qu'ils ne peuvent plus suivre leurs activités ? », nous disait un autre. « Ils se sentent punis alors qu'ils n'ont rien fait! Ils sont assez impactés par cette crise – leur papa a perdu leur emploi, ils sentent que leurs parents ne sont pas bien. »

« Le message de la quasi-totalité des parents qui nous contactent, explique Christophe Cocu, Directeur général de la Ligue des familles, c’est celui-ci : la vie est dure pour tout le monde pour le moment. Essayons au moins de préserver les enfants et de les laisser poursuivre au maximum leurs activités habituelles : l’école, le sport, les stages… Pour les plus jeunes comme pour les ados, qui sont nombreux à attendre de pouvoir reprendre normalement l’école et les activités extrascolaires. »

Dans tous les cas, prolonger le droit au chômage temporaire en cas de fermeture d’école

Il est indispensable de penser aussi aux contraintes des parents. « Tout d’abord, le chômage temporaire pour fermeture d’école, prévu jusqu’au 31 mars, doit impérativement être prolongé : c’est une nécessité, même s’il n’y a pas de fermeture généralisée des écoles, car les parents en ont besoin également si une classe ferme suite à des cas covid ou si leur enfant est en quarantaine pour une autre raison », précise Christophe Cocu.

La Ligue des familles pointe par ailleurs l’importance de conserver les règles applicables aux stages de Pâques : « On a vu que le changement de règles avant les vacances de carnaval avait abouti à l’annulation d’une partie des stages, laissant les parents se débrouiller comme ils pouvaient. Nous demandons que les stages des vacances de Pâques puissent tous se dérouler comme prévu et que les règles ne changent dès lors plus d’ici là », termine Christophe Cocu.

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Ecoles : sans doute pas de fermeture, mais un report des assouplissements

Ce vendredi à 15 heures, va se tenir un comité de concertation. Il se déroulera par visioconférence. La situation rencontrée dans les écoles sera au menu. Sujet de première importance pour les familles.