Vie de parent

Festival Up ! : le cirque,
encore plus haut

Nous y voilà. Bruxelles bruisse, grince, tinte et cliquette, du 12 au 25 mars. Au son des agrès, dans le souffle et le mystérieux langage des corps, la capitale se transforme, pour quelques jours, en centre international absolu des arts du cirque. Pour célébrer le cirque d’aujourd’hui, « spectacle total », le lieu de toutes les rencontres, qui croise les disciplines et rassemble les publics. D’un spectacle à l’autre, cirqulez, laissez-vous porter…

 

Festival Up ! : le cirque, encore plus haut

Échos des éditions précédentes, fierté de découvrir et d’accompagner les nouvelles créations : si vous ne connaissez pas encore l’univers circassien, c’est la belle occasion. À l’affiche de cette 15e édition de la Biennale internationale du cirque, 30 spectacles, dont 8 créations « UP ! » et 10 premières belges, présentés dans 13 institutions culturelles bruxelloises. Ouf !
Et le festival se décalque dans une année parfaitement cirque, puisqu’il s’inscrit dans le cadre du focuscircus.brussels, une initiative de la Fédération Wallonie-Bruxelles, portée par le ministre Rachid Madrane, pour qui « le cirque s’est imposé comme une évidence pour la 3e édition de la Fête de l’Iris, car Bruxelles est une ville-monde, une réalité particulière pour les circassiens ».
Des jeunes qui viennent y étudier la discipline, s’y trouvent si bien que, souvent, ils restent, y vivent et créent leurs spectacles. Up ! nous invite à la découverte d’un cirque actuel, riche, étonnant ; inscrit dans la cité, gravé dans réalité, qui évoque plus que jamais le monde d’aujourd’hui.

► « N’allez pas simplement « au cirque » : venez voir des spectacles, comme vous emmenez vos enfants au théâtre ou au concert »

Entretien avec Catherine Magis, de l’Espace catastrophe, directrice artistique et metteuse en piste.

Au cirque, on ne triche pas

Le cirque que je défends, il se passe aujourd’hui, ici et maintenant. La prise de risque est réelle, les émotions sont intenses, le cirque parle de vérité. Les circassiens sont des acteurs, des performeurs, des chorégraphes, des acrobates, des écrivains… Ils proposent des langages innovants, personnalisés, chacun avec leur corps, avec leurs spécificités. La question, c’est « Qu’ai-je à partager ? ».

Le cirque reste poussiéreux dans la tête des gens

C’est pourquoi nous accueillons cette année le Séminaire international pour le développement des arts du cirque FRESH CIRCUS#4.  Du 13 au 15 mars, les professionnels du monde du cirque vont débattre et échanger, autour du thème More than circus. Nous allons essentiellement réfléchir à la façon de mettre les choses en action. Seront évoquées la diversité du cirque, des différentes facettes de notre profession, les initiatives innovantes, mais pas seulement. Nous tenons à proposer des pistes concrètes pour mieux faire comprendre notre univers et nos réalités aux autres opérateurs culturels, aux autres secteurs, aux politiques... Qu’est-ce qui se cache derrière les stéréotypes qui perdurent ? Nous voulons gommer les clichés qui font que nous ne sommes pas toujours considérés comme différents face aux autres disciplines, nous n’avons pas accès de la même façon. Les intervenants sont des spécialistes et des experts dans leurs domaines. À l’issue des trois jours de rencontres, nous tenons à ressortir avec des écrits et des propositions pour que chacun, dans sa partie du monde, porte les revendications circassiennes d’une même voix.

L’important, c’est aujourd’hui encore de faire connaître les coulisses du cirque

Il faut continuer, amener encore plus de monde à découvrir le « nouveau cirque ». Une fois piqués par le virus, les publics viennent de plus en plus nombreux, de plus en plus variés. Nos réalités sont autres : les temps de création dans le cirque sont très longs. Impossible de monter une production en trois semaines ! Cela peut prendre deux-trois ans. Mais heureusement, la diffusion de ces spectacles est très étendue. Catastrophe a toujours à cœur de faire connaître les coulisses du cirque. Lieu de création à tous les niveaux, nous sommes aussi une boîte à outils, grâce aux dispositifs que nous avons mis en place. Dans le travail de création, chacun peut arriver à différents moments de son parcours, de la maturation de son projet.

Auteurs de cirque : l’ère de la maturité

Dans cette édition, vous verrez que les propositions circassiennes ont évolué : nous arrivons dans une période de maturité qui voit émerger de véritables auteurs de cirque. Le langage circassien est quelque chose de vraiment spécifique. Auparavant, l’ouverture vers d’autres modes d’expression servait à « donner la main » aux circassiens. Aujourd’hui, ils sont eux-mêmes danseurs, comédiens, acrobates et ils développent chacun leurs techniques spécifiques. Certains amènent quelque chose en plus, la musique, les arts numériques, le travail chorégraphique d’orfèvre… La polyvalence de l’artiste dans sa recherche de langage, une maîtrise technique de plus en plus poussée : tout cela a été rendu possible grâce aux écoles spécialisées. Nous sommes entrés véritablement dans l’ère interdisciplinaire, et c’est fabuleux !

Toujours sortir des murs

Faire ensemble et mobiliser d’autres lieux : il nous est essentiel de collaborer avec des théâtres et d’autres salles de spectacles. Pour mélanger les artistes, leur donner l’occasion de créer des moments particuliers de rencontre, de croiser les personnes et leurs disciplines. Up, c’est treize partenaires, dont le Théâtre National et notre nouveau venu, Charleroi Danse, qui a accepté de rejoindre l’aventure. À la croisée des créations, la collaboration entre les centres chorégraphiques, dramatiques et circassiens permettent aux artistes de partager le regard qu’ils portent sur le monde.

Familles bienvenues !

Au cours du week-end et le mercredi après-midi, nous mettons en avant les créations tous publics, et nous serons heureux d’accueillir les familles avec enfants et ados. J’invite les parents à préparer les sorties, en étudiant le programme, notamment le grand coup de projecteur sur le cirque en espace public. Nous y dévoilons toutes les facettes du cirque, loin des fourre-tout « spectacles de rue » : ils découvriront des formes écrites tout spécialement pour l’espace public, dans les parcs et les chapiteaux.

 

Aya Kasasa

L’Espace Catastrophe, vous connaissez ?

L’Espace Catastrophe, c’est le Centre International de Création des Arts du Cirque, la plus  importante organisation dédiée à la création circassienne en Belgique francophone. Un espace en or, situé dans les anciennes Glacières de Saint-Gilles, découvert par la très énergique Catherine Magis en 1995. L’envie, derrière sa création, était d’ouvrir un espace de travail, un lieu d’échanges, de rencontres, de représentations, inspiré des arts du cirque et destiné aux artistes professionnels, tout en laissant une ouverture vers les autres modes d’expressions. Il fallait donner un coup de projecteur sur une communauté circassienne qui n’avait pas de visibilité, mutualiser les besoins pour pouvoir fonctionner. Mission accomplie : toute l’équipe y développe aujourd’hui une vaste palette de programmes et d’actions en faveur du développement du cirque, de la création à la production, en passant par la diffusion, la formation et l’information. Encore du bouleversement (heureux !) dans l’air : très bientôt, l'Espace Catastrophe va quitter Saint-Gilles pour s'installer au CirK, un bâtiment tout neuf de 3000 mètres carrés, à Koekelberg. Dans un écrin de verdure, aux abords du parc Victoria.

EN SAVOIR +

Le Festival UP !, c'est 100 % cirque ! Pour choisir et réserver vos spectacles, toutes les infos sur le site de la manifestation.

FOCUS CIRCUS.brussels : une année pour promouvoir le dynamisme du cirque bruxellois, y compris dans le cadre d’une tournée de spectacles en Italie en France. Parmi la riche programmation à Bruxelles, après le festival UP !, vous pourrez débattre lors du séminaire FRESH CIRCUS#4, découvrir le festival HOPLA !, les spectacles des étudiants de l’ESAC, le festival Hors-Pistes, et bien d’autres rendez-vous circassiens. Demandez le programme.

► À lire: Cirq’ en capitale : le magazine de la vie circassienne bruxelloise. Le dossier du dernier numéro consacré aux femmes de cirque « une révolution à mains nues ».

Ésac - École supérieure des arts du cirque : « Bruxelles est une véritable niche pour le cirque » se félicite Virginie Jortray, directrice, qui souligne le rôle particulier d’ambassadeur des jeunes diplômés de son école. L’ÉSAC inaugure officiellement ses nouveaux bâtiments à Anderlecht les 19 et 20 avril 2018.