Vie de parent

Garderie scolaire et enfants de télétravailleurs : la Ligue des familles fait une proposition

Le début du déconfinement n’a pas vraiment apporté de soulagement à de nombreux parents qui doivent continuer à télétravailler. Au Ligueur, nous recevons beaucoup de courriers de parents qui se voient refuser les garderies d’école parce qu’ils télétravaillent. Ils ne sont pas considérés comme prioritaires. La Ligue des familles propose une solution.

Garderie scolaire et enfants de télétravailleurs : la Ligue des familles fait une proposition

« Voilà, j’aimerais placer Simon à la garderie de l’école. Son année n’a pas repris. À l’école, on m’a demandé si j’avais repris le travail. J’ai dit oui. Puis, juste après, la question qui tue. Oui, mais vous travaillez chez vous ou au bureau ? Et là, j’ai eu le tort de répondre à la maison. Je suis victime du télétravail. Est-ce que c’est juste ? »

Géraldine pose la bonne question. Est-ce que c’est juste ? Maison ou bureau, les contraintes sont les mêmes. Réunions. Délais à respecter. Être disponible pour le patron ou pour les collègues dans des tranches horaires. Le boss est peut-être parfois flexible, mais pas toujours.

La Ligue des familles, aussi, a reçu de nombreux mails allant dans ce sens. Même constat : « Les écoles refusent, estimant que ces parents sont disponibles pour s’occuper de leurs enfants ». Son directeur général, Christophe Cocu, s’insurge : « Il s’agit pourtant d’un vrai travail à temps plein, qui nécessite concentration et disponibilité. C’est donc extrêmement compliqué à combiner avec la garde d’enfants, en particulier des plus jeunes. Or, les jeunes enfants resteront encore longtemps à la maison puisque les classes de maternelles ne reprendront probablement pas avant septembre ».

Faire une place aux parents en télétravail
dans la circulaire

Face à cela, La Ligue des familles a décidé de proposer à la ministre de l’Éducation un système de priorités pour l’accès aux garderies scolaires, afin que tous les parents qui en ont besoin puissent y inscrire leurs enfants tant qu’il reste de la place. Y compris ceux qui télétravaillent.

L’idée, c’est notamment de sortir du flou de la circulaire envoyée il y a quelques jours dans les écoles. Cette circulaire ne précise rien sur le point des parents en télétravail. Mais plusieurs écoles l’ont directement interprétée de manière restrictive. Elles ont estimé que ces travailleurs à domicile pouvaient s’occuper de leurs enfants, faisant fi d’une réalité très différente sur le terrain. Il faut dire que dans cette approche, les écoles ont été soutenues par le ministère. Interrogé par la Ligue des familles, le cabinet de Caroline Désir a confirmé que les garderies étaient destinées aux parents qui travaillent à l’extérieur de chez eux. Les écoles ont donc toutes les raisons de s'estimer dans les clous.

À l’origine de cette restriction, la crainte d’une saturation dans les garderies. Avec à la clé, le risque de ne plus être en mesure de faire respecter les normes sanitaires, les gestes barrières, la distanciation sociale si la concentration d’enfants est trop forte.

Pour sortir de l’impasse et répondre à cette double attente (l’organisationnelle des parents et la sanitaire des écoles), la Ligue des familles propose dès lors d’établir un système de priorités. Comme s’établirait-il ? « En donnant d’abord accès aux garderies aux enfants de familles monoparentales et aux enfants dont les parents travaillent à l’extérieur de chez eux, ainsi qu’aux enfants en situation sociale difficile comme prévu actuellement, puis aux parents en télétravail en fonction de la place disponible ».

La garderie : pas une panacée,
mais néanmoins une solution

En gros, ce que souhaite l’organisation parentale c’est que la circulaire ad hoc fasse mieux apparaître l’ordre des priorités tout en garantissant l’accès à tout parents, « tant que les conditions sanitaires le permettent (et donc tant que le nombre d’enfants à la garderie reste gérable) ».

Sa proposition, la Ligue des familles la formule notamment à la lumière d’un constat. De nombreuses garderies sont loin, et parfois même très loin, de la saturation, notamment parce que des parents font le choix de ne pas déposer leurs enfants à la garderie pour des raisons personnelles.

Pour la Ligue des familles, cette disposition de bon sens permettrait de « reconnaître la difficulté de la situation des parents en télétravail, qui nous indiquent subir des pressions de leurs employeurs pour être aussi productifs qu’en temps normal alors que, de toute évidence, les conditions ne le permettent pas ». Pour Christophe Cocu, « les garderies ne sont pas la panacée ni la réponse à tout, mais peuvent constituer une solution pour les parents qui n’en ont aucune autre ».

Cette solution, associée à l’idée de garde solidaire émise par la ministre Caroline Désir ce week-end, permettrait d’apporter un peu d’air à des parents qui ne voient pas le bout de cette crise. Pour ceux-là, le déconfinement ne facilite pas les choses, loin de là. Le télétravail dans une économie qui redémarre est loin d’être de tout repos.

T. D.

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