Vie de parent

Hand Spinner : stop ou encore ?

Tels des ovnis, les Hand Spinner ont débarqué d’un claquement de doigts dans les cours de récré. Un nouveau phénomène de mode qui, comme chaque fois, suscite bien des questions auprès des parents. Le Ligueur vous glisse quelques pistes de réponses.

Hand Spinner : stop ou encore ?

L’histoire

Après la folie des bracelets Loom et, avant cela, des Pogs et autres cartes Pokémon, voici un autre objet qui fait désormais tourner la tête de nos enfants : les Hand Spinner, ces petits toupies le plus souvent à trois branches fonctionnant grâce à un système de roulements à bille, que l’on peut faire tourner sans fin sur son doigt ou sur une toute autre partie de son corps pour les plus habiles.
Étonnant, contrairement à ses prédécesseurs, cet objet qui attise aujourd’hui massivement toutes les convoitises, au point d’être en rupture de stock dans bien des commerces, a eu une toute autre vie avant de débarquer dans les cours de récré.
Inventée voici une vingtaine d’années, cette petite toupie à l’effet hypnotisant est notamment utilisée auprès de certains enfants et adultes autistes. Explications, glanées du côté de la Ludothèque Adaptée pour Enfants et Adultes atteints d’un handicap (LuAPE, à Bruxelles, un lieu à découvrir, accessible à tous) : « Ce que l’on remarque ici, c’est que les personnes autistes apprécient les objets qui tournent sur eux-mêmes, comme les toupies. Simplement parce que leur effet hypnotisant les calme. En les observant, ils se recentrent sur eux-mêmes. Sans entrer dans les détails, il y a différentes écoles auprès des professionnels : certains utilisent ce type d’objets, d’autres pas ».

L’avis des enfants

Dans un jardin et sur fond de barbecue, petite conversation entre potes autour de la dernière mode des cours de récré. Alors que Martin (12 ans), qui s’exerce depuis des jours, fait tournoyer son Hand Spinner sur un doigt puis l’autre avec une certaine dextérité, comme si le petit engin collait désormais à sa peau, Charly (8 ans) s’y essaie pour la première fois : « C’est rigolo. Mais bof, je préférerais avoir un Rubik’s Cube comme mon copain Arthur ».
Mina (6 ans), elle, parvient du premier coup à mettre cette petite hélice en action sur son front tout en s’imaginant être une princesse dans son hélicoptère avant d’ajouter : « Moi, j’en voudrais plein, surtout des roses et des mauves. Et puis aussi, de ceux qui font de la lumière ».
Pendant ce temps-là, Sacha (9 ans), fan de foot et qui a vu sur YouTube qu’il était aussi possible de faire un « tour du monde » avec un Hand Spinner, s’est mis en tête de parvenir à réaliser pareille figure. Tiny (4 ans) l’observe avec envie et ose avec sa petit voix : « Moi, je voudrais bien que maman elle m’en achète un, mais elle veut pas ».
Et les ados dans tout ça ? Matéo (16 ans) marmonne entre ses dents : « On dit que c’est l’objet le plus satisfaisant du monde, je comprends pas. Même les adultes s’y mettent maintenant. À l’école, c’est la folie. On les a interdits en classe alors que c’est censé être un objet qui aide à se concentrer, c’est un peu dingue, non ? »

L’avis du Ligueur

● Effet de mode. Vous freinez des quatre fers pour acheter pareil objet car vous voulez à tout prix que votre enfant ne tombe pas lui aussi dans ce piège tendu par la société de consommation ? Allez, rappelez-vous avec nostalgie votre enfance : les cartes Crados, les Tamagoshis, les puces sauteuses, les yoyos lumineux ou encore les scoubidous. Autant de petits objets, pas toujours d’une grande utilité, mais qui fédèrent une génération.

Petit prix. Avantage des Hand Spinner : leur petit prix, soit autour de 4 ou 5 € pour le modèle de base (ne vous laissez pas prendre au piège). Bon à savoir : certains engins plus sophistiqués, notamment ceux qui ont plus de trois branches ou qui font de la lumière, sont plus chers, mais ne sont utiles que si votre gamin devient expert en la matière.
Ici, contrairement aux cartes (Pokémon ou Crados), l’attrait de la collection - dont sont friands les enfants en début d’école primaire - n’est absolument pas un passage obligé. L’occasion de sensibiliser votre enfant à cette question.

● Dextérité et imagination au pouvoir. Utile ou pas utile, cet objet détourné ? Alors que certains enfants, on l’a vu plus haut s’en lasseront très rapidement, d’autres s’en serviront pour développer leur adresse, leur concentration, voire même leur imagination : une raison supplémentaire pour, selon nous, ne pas rejeter en bloc ce phénomène de mode.

Anouck Thibaut

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