Vie de parent

Harcèlement : les ados, victimes
et bourreaux sur les réseaux sociaux

Le harcèlement touche un élève sur trois. Et les injures et autres mauvaises intentions via les réseaux sociaux sont de plus en plus fréquents entre adolescents. Comment réagir, qu’on soit directeur d’école, enseignant ou parents ?

Harcèlement : les ados, victimes et bourreaux sur les réseaux sociaux

« Regarde-toi dans le miroir et pleure ». C’est un exemple parmi les nombreuses injures ou menaces qui prolifèrent sur les réseaux sociaux. À l’école, rien, pas un échange de vive voix entre les camarades. C’est via les réseaux sociaux que tout se passe : la méchanceté, c’est plus facile quand on n’a pas devant soi la personne qu’on fait souffrir.

Mais ces discussions violentes via écran interposé blessent les adolescents déjà pas toujours bien dans leur peau et ont parfois de graves conséquences : des bagarres dans les cours de récré, des humiliations des copains ou un isolement social.

Victimes ou bourreaux sur le web 2.0

Tandis que Facebook fête son 10e anniversaire cette année, les cas de harcèlement et les insultes via les réseaux sociaux sont de plus en plus fréquents entre les adolescents. Presqu’un quart des adolescents (22,5%) admettent qu’ils ont déjà harcelé quelqu'un via Internet, selon une étude de la KU Leuven. Ils sont près de la moitié à avoir été témoins du phénomène et 12% disent en avoir été victimes, qualifiant les messages reçus de « brutaux » ou « douloureux »*.

Les directeurs d’établissement scolaires relèvent parfois jusqu’à 6 cas par semaine de ce type de dérives du web 2.0, rapportés par des élèves ou leurs parents. Tous doivent apprendre à faire face à ce phénomène qui prend de plus en plus d’ampleur.

Comment doit-on réagir ?

Supprimer son bourreau de ses contacts, par exemple, n’est pas une solution. Nos ados préféreront de toute façon répondre aux insultes et aux menaces proférées à leur encontre que de supprimer le contact. « Parce qu’avoir des contacts, c’est important. Et plus on en a, plus on est reconnu », soutient Olivier Bogaert, auteur du livre Surfons tranquille 2.0 !. Et nier les injures ne veut pas dire qu’on prend de la distance, ni qu’on n’est pas heurté par les remarques.

Le tortionnaire reviendrait de toute façon par la fenêtre. On n’a pas besoin d’être « amis » sur Facebook pour s’envoyer des messages électroniques. Alors, autant pouvoir surveiller ce qu’il postera de nous ou sur nous (photos, commentaires…) afin de mieux contrôler son e-réputation.

La calomnie et le harcèlement sont punissables

Si notre ado est gravement affecté par les propos injurieux ou est harcelé par quelqu’un, la justice prendra le relais. La calomnie (fausse accusation qui blesse la réputation et l’honneur de quelqu’un) et le harcèlement (fait de tourmenter quelqu’un par des demandes, des questions, des sollicitations, ou des attaques réitérées) sur le web sont punissables par la loi. Il faut en informer la police, et en prouvant qu’il y a intention de nuire : le juge de la jeunesse pourra sanctionner le jeune bourreau à la hauteur du préjudice subi. 

La tâche est immense pour les parents et les enseignants qui doivent sensibiliser les jeunes au bon usage des réseaux sociaux, et au respect d’autrui sur les réseaux sociaux comme dans la vie.

Stéphanie Grofils

En savoir +

Mesures de précaution sur son profil et sur internet :

  • Tout ce qu’on indique sur Internet y restera éternellement, on ne laisse ni son adresse ni son numéro de téléphone.
  • Tout ce qu’on y met peut tomber dans le domaine public, on évite de poster des photos de soi dénudé, même partiellement, ou suggestives.
  • Le (cyber) harcèlement tombe sous le coup de loi : on ne peut en aucun cas être harcelé, ni harceler : on évitera de tenir de propos diffamatoires ou injurieux à l’égard de qui que ce soit.
  • N’écrire à quelqu’un ou à son sujet que ce qu’on pourra lui dire en face-to-face.
  • Respecter l’image et la vie privée d’autrui.

A lire

Surfons tranquille 2.0 !, Olivier Bogaert, RTBF Racine, 2013.

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Retrouvez ici plus d’informations pour que parents, ados et enfants puissent utiliser internet en toute sécurité.

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