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Hausse de 10% des bénéficiaires
du revenu d'intégration

Lors du premier trimestre 2015, en Belgique, de plus en plus de personnes se sont tournées vers un CPAS pour bénéficier d’un revenu d’intégration sociale. Une hausse qui risque de se poursuivre. Et pour ceux qui restent sur le carreau, heureusement qu’il y a la solidarité.  

Hausse de 10% des bénéficiaires du revenu d'intégration

Le nombre de personnes sans emploi bénéficiant de l’allocation d’insertion a fortement baissé depuis janvier 2015. Ce n’est pas une surprise, un arrêté royal a modifié les conditions d’accès à cette allocation d’insertion. On sait maintenant comment se débrouille une partie de ces personnes qui ne touchent plus le chômage. Elles se tournent vers un CPAS afin de bénéficier d’un revenu d’intégration sociale (RIS). Un revenu d’intégration de plus en plus demandé.
Pour les trois Régions belges confondues, on observe en un an une hausse de 10,7% du nombre de bénéficiaires du revenu d’intégration. Concrètement, cela donne plus de 110 000 Belges qui bénéficient du RIS fin du premier trimestre 2015.

En Wallonie, la hausse est de 15%

C’est en Wallonie que la hausse est la plus importante. Dans cette Région, les bénéficiaires du RIS augmentent de 15%. Pourquoi une telle hausse ? « Cette exception wallonne est très clairement liée à la fin de droits de milliers de bénéficiaires d’allocation d’insertion, déclare Philippe Defeyt, de l’Institut pour un Développement Durable. Moins de 40 % des personnes ayant perdu leur allocation d’insertion se retrouvent in fine comme bénéficiaires du revenu d’intégration, en Wallonie comme à Bruxelles ». Ces personnes qui ont perdu leur allocation d’insertion sont surtout des femmes, entre 25 et 44 ans.
Soit un âge-clé pour trouver ou retrouver un job. Mais les CPAS ont-ils les moyens d’encadrer ces personnes sans emploi ?   « Cette augmentation du nombre de bénéficiaires du RIS, et en particulier de ceux âgés entre 25 et 44 ans, survient d’autant plus mal que les politiques de (re)mise à l’emploi par les CPAS sont à la traîne : peu importe la Région, on observe un recul des remises à l’emploi début 2015. Et puis, les personnes qui ont perdu leur allocation d’insertion ont dorénavant moins de chance de trouver un emploi sans aide de l’ONEM ou d’un autre service public de l’emploi. »

Pas de moyens en plus pour les CPAS

Pourquoi ? Car les CPAS gèrent de plus en plus de demandes de revenus d’intégration sociale, que ce soit de personnes qui ont perdu leur allocation d'insertion ou de migrants de Syrie et d'Irak par exemple. Et à côté de cet afflux de demandes, les CPAS ne reçoivent pas davantage de moyens consacrés à la mise ou à la remise à l’emploi.
Et pour toutes les autres personnes qui ont perdu leur allocation d’insertion et qui ne sont pas prises en charge par un CPAS, c’est un peu la débrouille… et la solidarité qui doit jouer.
Pour la Ligue des familles, il faut encourager cette solidarité en supprimant par exemple le statut de cohabitant légal qui diminue le montant du RIS et du chômage perçu (voir dans l’encadré ci-dessous l’interview de Delphine Chabbert, secrétaire politique de la Ligue des familles)

Estelle Watterman

La position de La Ligue des familles

METTONS FIN AU STATUT DE COHABITANT
Concernant cette augmentation du nombre de bénéficiaires du revenu d’intégration sociale, la Ligue des familles insiste sur la solidarité qui se développe entre les familles et amis…une solidarité mise à mal par le statut de cohabitant légal. « Si une mère qui bénéficie du revenu d’intégration social, accueille son fils chez elle car il est exclu du chômage, elle verra son revenu baisser puisqu’en accueillant son grand enfant, ils deviennent cohabitants. Ce statut de cohabitant légal pénalise les personnes qui s’entraident en cohabitant, c’est un véritable frein à la solidarité », dénonce Delphine Chabbert, secrétaire politique de la Ligue des familles. « La Ligue des familles demande une individualisation des droits en supprimant simplement ce statut de cohabitant. Et c’est urgent », précise-t-elle encore. « Ce statut de cohabitant renforce l’isolement et ne permet même pas de faire des économies. Il faut payer des agents de quartier qui viennent vérifier que telle ou telle personne habite bien seul(e) : on passe plus de temps à contrôler ces gens plutôt que de leur donner des moyens! »