Vie de parent

Humeur | Le Codeco met pression et incertitude sur les familles

Le Comité de concertation, de ce vendredi, n’a pas été un bon cru pour les familles. La pression est mise sur les écoles. Les stages et camps de vacances sont bousculés. Et au final, ce sont les parents qui trinquent !

Humeur | Le Codeco met pression et incertitude sur les familles

Les parents qui attendaient des mesures claires concernant les écoles en sont pour leurs frais. Hier, lors de la conférence de presse du Comité de concertation, Alexander De Croo a bien parlé des établissements scolaires. Comme prévu, les assouplissements attendus avant les vacances de Pâques sont reportés au mois d’avril. Bref, la reprise des cours à temps plein pour le 2ème degré du secondaire, ce sera pour le 19 avril par pour le 29 mars.

Mais la question principale n’était pas là. Celle qui taraude les parents, c’est une éventuelle fermeture des écoles avant Pâques. Et hier, cette option n’a pas vraiment été écartée, elle est toujours dans l’air. La preuve en a été donnée par l’appel aux ministres des Communautés de plancher ce weekend sur des mesures pour limiter les contaminations dans les écoles. La copie est à rendre pour lundi. Pour limiter les contaminations, insiste le Premier, il faut limiter les contacts. Dans la situation actuelle, avec les protocoles déjà d’usage, on se demande quelles solutions (autres que la fermeture) vont avancer les ministres de l’enseignement.

Bisbille politique

Derrière ce point laissé en suspens par le Premier ministre se cache un bras de fer politique. Celui-ci oppose les ministres de l’enseignement des Communautés au niveau fédéral incarné par le ministre de la santé Frank Vandenbroucke et le chef du gouvernement Alexander De Croo. Les premiers ne veulent pas d’une fermeture, les seconds sont plutôt pour. Les premiers invoquent la santé mentale, l’équilibre des familles, les seconds avancent les chiffres de l’épidémie et pointent du doigt l’école comme premier foyer de « clusters actifs » dans le pays. Deux attitudes différentes qui sont soutenues par un raisonnement qui l’est tout autant.

Face à ce duel politique, les familles (les vraies, pas les politiques) en sont donc réduites à compter les points. Elles qui seraient en droit d’attendre des mesures claires de la part des autorités sanitaires. Car ces familles sont impactées négativement par les mesures prises hier. Même si, au sortir du Codeco, certains affirmaient que pas grand-chose ne changeait, pour de nombreuse familles, c’est la douche froide. Et cela pour deux raisons principales. Premièrement, le report des assouplissements dans le secondaire vient percuter les espoirs de voir des centaines d’élèves du secondaire retrouver l’école à temps plein. Deuxièmement, les stages et camps de vacances de Pâques ont été impactés par ce qui a été présenté, hier. Leur jauge a été revue à la baisse. Au lieu du plafond fixé à 25 participants, celui-ci est ramené à 10. Et sans nuitées, s’il vous plaît. Cela change furieusement la donne et risque de bousculer autant les organisations d’activités que les agendas des familles.

Un Codeco inachevé

Hier, les familles se sont prises de plein fouet la conférence de presse du Codeco, entre mauvaises nouvelles et décisions en suspens. En prenant l’école et les stages comme variables d’ajustement, le Comité de concertation préserve les commerces, la vie économique. C’est un choix. Mais en mettant les écoles sous pression, il met aussi les familles dans un état de stress insupportable. D’autant, qu’ici, l’incertitude s’ajoute à la pression en mode « c’est pas terrible, mais ça pourrait être pire. »

On attend donc avec impatience les mesures que les ministres de l’enseignement vont tirer de leur chapeau pour mettre fin à un suspens purement politique qui aurait dû être épargné aux familles, suspens qui aurait dû être vidé au sein du Comité de concertation qui regroupe justement les différents niveaux de pouvoir pour régler ce genre de différents.

Et le chômage « corona » ?

On attend aussi une autre décision importante au niveau du fédéral. La Ligue des familles l’a rappelé cette semaine, le dispositif qui permet aux parents d’utiliser le chômage temporaire lorsque l’école de leurs enfants est fermée pour cause de Covid prend fin ce 31 mars. Pour la Ligue des familles, il n'y a pas d'autres options que de le prolonger. Pour elle, ette mesure doit être prise, car au-delà d’une éventuelle fermeture des écoles avant Pâques, de nombreuses classes continuent et continueront d’être impactées par l’épidémie, avec parfois des quarantaines et fermetures à la clé. Communiquer sur cette décision serait le bienvenu. Comme il serait souhaitable que Fédéral et Communautés s’accordent, histoire de diminuer le stress sur les familles qui n’en peuvent plus d’être ballotées de gauche à droite au gré des tensions entre niveaux de pouvoir.

 

Thierry Dupièreux

Les mesures prises, hier, au niveau de l’école    

La possibilité pour les élèves du 2e degré de l’enseignement secondaire d’à nouveau suivre les cours en présentiel à temps plein, retour initialement prévu le 29 mars, est reportée à la rentrée suivant les vacances de Pâques.

Le port du masque devient obligatoire pour tous les élèves de 5e et 6e année primaire, au plus tard à partir du mercredi 24 mars.

L’enseignement en présentiel à temps plein dans l’enseignement secondaire sera uniquement possible après les vacances de Pâques, le 19 avril. 

L’enseignement en présentiel à 100 % doit s’accompagner de tests réguliers des enseignants et, dans une seconde phase, des élèves.