Vie de parent

Humeur : dramatiser le Coronavirus ne sert à rien

Au début, cela ne suscitait que quelques blagues vaseuses sur une marque de bière. C’est vrai que le vrai problème était lointain. En Asie, vous pensez ! Mais au sein des familles, le sujet s’est imposé de plus en plus dans les conversations. Proximité oblige. Nous referons le point dans le prochain numéro du Ligueur sur les précautions à prendre et nous suivrons cette actualité pour vous informer au fur et à mesure des points et des évolutions marquantes dans ce dossier. Vous, parents, vous nourrissez des inquiétudes légitimes ? Le Ligueur, comme à son habitude, sera là pour vous aider. Mais en toute zénitude.

Humeur : dramatiser le Coronavirus ne sert à rien

Si on rédige ce papier, ce matin, c’est parce qu’on a été surpris par le traitement des unes vues dans les rayons des librairies. En cover, sans surprise, à chaque fois, le coronavirus. Avec des approches très, très différentes… L’Avenir se demande si le virus sera parti pour l’été, la DH s’inquiète de vos vacances, Sud Presse sort un sondage qui montre que les Belges sont inquiets comme pour convaincre les derniers sereins d’être gagnés par l’inquiétude, Le Soir s’interroge sur la guerre des chiffres dans ce dossier. Quant à La Libre, contrairement à son habitude, elle explose son canevas et affiche une « une » très esthétiquement… anxiogène.

« Les Belges prennent enfin la mesure du risque », visage en gros plan, masque de circonstance, clair-obscur, teintes rouges et noires. Voilà, cette première page de La Libre. On n’en doute pas un instant, le contenu du quotidien est plus pondéré, plus dans la réserve avançant les arguments de façon objective et mesurée. Mais cette une, pourquoi faire ? Sinon, attirer l’attention, le regard du client en jouant sur des cordes sensibles et faciles et donc alimenter le stress.

Aménager le quotidien

Depuis quelques jours maintenant, le Covid-19 s’est invité dans notre paysage immédiat. Les réunions de crise rassemblent les visages connus de la politique belge. C’est notre Première ministre en affaires courantes qui se retrouve en première ligne comme l’ont été d’autres chefs d’Etat et de gouvernement avant elle. Des cas sont identifiés. On prend connaissance de suspicions de personnes infectées par le coronavirus près de chez soi ; « Tu sais le père du neveu de madame Machin, il a été mis en quarantaine. » Bref, la bestiole s’incruste dans notre quotidien. Face à ça, il faut rassurer. Ramener la maladie à ce qu’elle est. Une maladie qui se guérit comme une grippe virulente, certes, mais qui se guérit.

Alors, on comprend votre appréhension, parents, les infos circulent, un peu angoissantes. Des bourgmestres annulent même des réunions de quartier en assénant un très confortable : « on ne pourra pas nous accuser de ne pas avoir été prévoyants. » Certes, à ce rythme, supprimons les transports en commun où le virus a plus de chances de circuler que dans une réunion de quartier de 80 personnes. Prévoyance, mais jusqu’où aller ? Concernant les enfants, on se limitera aux règles d’hygiène de base : se laver les mains, éternuer dans le coude, utiliser des mouchoirs jetables, privilégier les « bisous de loin » plutôt que de serrer les quenottes et donner des grosses bètches.

C’est pas sorcier

Pour prendre le contre-pied de La Libre et être dans l’exemple positif on citera l’initiative de France 2 qui fait une émission spéciale ce soir pour répondre aux questions des téléspectateurs. Parmi les animateurs de la soirée, Jamy. Vous voyez ? Le Jamy de C’est pas sorcier. Au Ligueur, on trouve que c’est une très bonne idée. L’homme véhicule une image de pédagogue inspiré et efficace. Il est sérieux mais rassurant. Tourné vers le monde de l’enfance et de la jeunesse et donc, porteurs de valeurs positives, explicatives, bienveillantes. Un casting au poil ! Un choix intelligent, bien loin du recrutement facile d’une star de la télé bateau qui n’aurait été là que comme vecteur d’audience et de « show » et donc, de dramatisation.

Répétons-le, une dramatisation d'une crise sanitaire ne sert à rien, même pas pour mener des campagnes de sensibilisations efficaces. Analyser, garder la tête froide et penser collectif. Sur ce dernier point, rester sur une ligne essentielle, votre point de contact en cas de crainte virale, c’est votre médecin. Pas les urgences que vous risquez d’encombrer inutilement et d’exposer à une possible infection.

Cela dit, et on vous le répètera encore, jusqu’ici, les enfants semblent faire de la résistance face à ce coronavirus qui est plus dangereux pour les personnes âgées ou déjà fragilisées. En tant que parent, cette information vaut déjà son pesant d’or. Jamy vous le dira peut-être ce soir.       

Thierry Dupièreux

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Humeur : ce si difficile adieu au bisou

Et nous voilà donc orphelins de bisous ! Dégât collatéral de la propagation du coronavirus, la mise au placard de nos habituelles marques de salut et sympathie perturbe nos habitudes. Secoué·e·s dans nos protocoles quotidiens, nous sommes un peu déboussolé·e·s. D’où cette chronique à prendre avec la distance sanitaire de circonstance.