Vie de parent

Humeur : Lucas, le virus et le PQ

La crise du Coronavirus agit comme un révélateur de notre société. Le meilleur y côtoie le pire. Les deux doivent être mis en avant. Le premier pour être répliqué. Le deuxième pour être combattu. Autant partager ça avec les enfants. L’éducation à la citoyenneté n’attend pas le nombre des années.

Humeur :  Lucas, le virus et le PQ

« Dis papa, pourquoi les monsieurs, ils se disputent ? » Pour l’honneur ? Pour des idées ? Non, pour du PQ!  Allez faire passer un truc pareil auprès de vos enfants. Sans avoir ce sentiment mélangé où macèrent honte, exaspération et rage. « Du papier toilette comme chez nous ? » Ben oui, ces rouleaux de papier blanc, parfois parfumés. Sûr, que le petit Lucas regardera d’un drôle d’air le dérouleur, ce soir, assis sur le pot. Se demandant ce que peuvent cacher ces rouleaux qui suscitent tant de convoitise.

Le CQFD du PQ

Pour ne pas laisser Lucas dans le doute et l’incompréhension. Vous lui aurez expliqué que les gens sont un peu nerveux à cause d’une maladie qui se propage et qui oblige à prendre des mesures qui imposent aux gens de rester chez eux. Le syndrome du « pourquoi » enfantin, vous ramènera vers le PQ. Et vous en arriverez à parler de la bêtise humaine, de la dictature de l’émotion sur la raison… Avec des mots à portée d’enfants, bien entendu. Mais le plus important sera d’expliquer que cette attitude-là est foncièrement égoïste. Que vider un rayon de supermarché, c’est priver les autres d’un produit d’utilisation courante importante (là, le PQ peut foncièrement aider à expliquer les choses, merci les inciviques !). Que c’est, aussi, faire des choses pas bien qui ne font qu’augmenter la mauvaise ambiance qui est déjà de mise.

On invitera l’enfant à se mettre dans la peau de celui qui se retrouve face au rayon vide pour comprendre à quel point l’attitude du client habité de bêtise est néfaste pour les autres.

Lucas du haut de ses 7 ans fera mine de comprendre. Vous douterez pourtant de vos explications tellement tout cela vous semblera inexplicable. Mais ce n’est pas grave, la graine citoyenne est semée, dans le terreau du respect de l’autre et de la bienveillance.

Les fêtards inciviques

Ce qui vous inquiète, c’est que ces dernières heures sur les réseaux sociaux, vous avez eu l’impression de devoir convaincre des dizaines de Lucas. Mais moins réceptif. Et puis, ils n’ont pas 7 ans. Ce sont des adultes. Eux, sont plus bravaches que dans l’écoute. Les mesures ? Pas pour eux. On ne va pas se faire emmerder quand même ! Grosse fiesta chez moi pour fêter le virus avec spécial « Cocktail-covid » (mwaahaa) ! Teuf clandestine avec 200 personnes, ça va être coro-giga (re-mwaahaa). Vous êtes mal à l’aise. Déjà que vous culpabilisiez lorsque vous oubliiez ne pas donner la main, mais là, c’est quand même plus irresponsable, non ?

Et vous aurez raison. Encore une fois, se mettre dans la peau de l’autre doit aider à dépasser un égocentrisme forcené. Refuser d’intégrer les mesures de confinement, ce n’est pas comme prendre un bain de soleil sans mettre de crème solaire ou participer jusqu’à l’indigestion à un concours de tartes au fromage. Les brûlures solaires ou les maux de ventre ne touchent que celui qui s’est mis dans le pétrin. Là, c’est autre chose, celui qui fait son malin, participe à la propagation d’un virus qui s’attaquera aux autres et de préférence aux plus faibles. C’est aussi con que de se disputer pour du PQ dans un magasin. C’est bête. Idiot. Criminel.

À côté de ça, il y a des médecins qui ne comptent plus leurs heures. Du personnel hospitalier qui s’apprête à vivre des moments difficiles. À côté de ça, des commerçants, des restaurateurs, des entrepreneurs, des ouvriers, des employés, des parents ou grands-parents n’attendent qu’une chose, la fin de cette pandémie, pour reprendre au plus vite le cours normal de leurs vies. Pour y arriver, chacun doit y mettre du sien, accepter de mettre sa convivialité en veilleuse, admettre que boire des coups avec une meute de potes ne vaut pas d’éventuelles mises en bière.

Avec un peu de chance, la petite graine semée chez Lucas l’empêchera de devenir un de ces bambocheurs impénitents. Et tout ça, grâce à six rouleaux de papier toilette.

Thierry Dupièreux

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