12/15 ans

Il ne faut pas être une « grosse tête » pour choisir les sciences !

On le répète à l’envi : les temps changent. Et très vite. Ah bon ? Quand on regarde le taux de fréquentation des études scientifiques par les filles dans nos universités francophones par exemple, rien ne semble vraiment progresser. Mais pourquoi cette réticence féminine à choisir une orientation scientifique ? Le réseau BeWiSe - Femmes et sciences en Belgique tente de comprendre et défend la participation des femmes à ces disciplines. 

Il ne faut pas être une « grosse tête » pour choisir les sciences !

Carole Paleco, vice-présidente de Belgian women in science, dit que « penser qu’il faut être une ‘grosse tête’ pour choisir les sciences, c’est un préjugé. L’important, c’est d’être curieux, intéressé par toutes les choses qui se passent autour de soi, de vouloir les comprendre. »
La science va essayer d’apporter des réponses à des questions existantes. Bien sûr, l’influence des copains, celle de l’entourage, le poids des émissions télévisées, tout cela est important. Les professeurs aussi sont déterminants dans les choix des adolescents. Mais, « la clef, c’est de s’écouter, de voir par quoi on est attiré, sans se laisser influencer par des préjugés. Si on aime les maths, la physique, d’autres sciences, il ne faut pas hésiter à creuser. » 
Parents, et vous les profs aussi, ces quelques phrases vous sont adressées. C’est maintenant, à 12 ans et plus que vous pouvez encourager vos filles, vos écolières à s’attacher à explorer la voie scientifique. Et même si les chiffres et les formules chimiques ne sont pas votre truc, il y a toujours quelqu’un dans l’entourage - un oncle, une cousine, un voisin, un copain - qui peut aider votre gamine, l’encourager.

Modèle d'abord masculin

Donnez-nous un nom de grand scientifique. Vous réfléchissez ? Parions que vous nous direz Einstein plutôt que Marie Curie ! Et en effet, les femmes scientifiques connues sont moins nombreuses que les hommes, moins présentes aussi à l’université comme dans la recherche.
« En Belgique francophone, 57 % des étudiants sont inscrits en sciences humaines en 2009/2010 contre 20 % en sciences et 23 % en sciences de la santé. La ventilation par sexe indique que 62 % des étudiantes et 50 % des étudiants se retrouvent dans les sciences humaines et sociales, contre 11 % des femmes et 29 % des hommes en sciences et 27 % des femmes et 20 % des hommes en sciences de la santé. La féminisation de la population étudiante des universités francophones de Belgique ne s’est pas traduite par une distribution égale des garçons et des filles au travers les filières d’études, le secteur des sciences demeure le moins féminisé. Dans ce secteur, les femmes sont majoritaires en biologie où elles représentent 55% des étudiants, leur part est de 46% en mathématiques et 42% en géologie. Elles représentent 38% en agronomie et 26% en géographie et chimie. Leur proportion n’est que de 18% parmi les ingénieurs et de 6% parmi les informaticiens » (Source : Les inégalités entre femmes et hommes dans les universités francophones de Belgique - GENIUF).
Tout cela crée un cercle vicieux parce que cela signifie aussi que les « modèles », même actuels, vus par les jeunes sont presque toujours masculins (un prix Nobel, un astronaute…). Cela renforce les stéréotypes, hélas pas morts, quant aux métiers typiquement féminins ou masculins. Et pourtant, tous les hommes n’ont pas l’esprit scientifique et toutes les femmes ne sont pas littéraires ! 

Prise de risques

Mais si les filles ont aussi une bonne tête pour résoudre des équations ou préparer des précipités (chimiques !), qu’est-ce qui les empêche de s’engager dans les sciences ?
Des études démontreraient que les adolescentes ont, généralement, moins confiance en elles tout en étant très consciencieuses. C’est ce perfectionnisme allié à un doute persistant concernant leurs capacités qui les feraient prendre la décision de s’orienter vers des matières qu’elles croient mieux dominer. Pourtant, l’erreur qu’elles semblent craindre par-dessus tout fait partie intégrante de la démarche scientifique. Mais les filles ne sont pas prêtes de prendre le risque de se tromper…

Des métiers variés

En fait, choisir les sciences dès l’enseignement secondaire, c’est se laisser beaucoup de portes ouvertes pour décider des études ultérieures. Voyez par exemple les programmes des différentes facultés scientifiques et hautes écoles.
Les professions scientifiques sont multiples et très diversifiées. Impossible de les énumérer dans la recherche, dans l’industrie, dans la sensibilisation ou encore l’enseignement.
Les scientifiques peuvent être experts dans leur domaine pour une ONG comme pour une autorité locale, conseillers pour une exposition ou un musée, journalistes scientifiques, formateurs… Un géographe peut travailler à la Stib ou être expert en sismologie, un informaticien se retrouvera dans un institut de statistiques ou dans une banque, un physicien dans le labo d’une entreprise verrière ou une compagnie d’assurances, un ingénieur agronome dans une commune, un chimiste à l’armée, un médecin à la justice… Les scientifiques peuvent se retrouver… partout !

Thérèse Jeunejean

EN BREF

BeWiSe peut apporter une aide ponctuelle à des chercheuses. Elle a également développé un Mentoring programme, autrement dit un programme de tutorat mettant en contact des chercheurs expérimentés et des chercheuses en début de carrière. Rue Vautier, 29 - 1000 Bruxelles. Tél. : 02/627 42 65. 

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