3/5 ans

Il ne veut pas prendre
ses médicaments

Ils courent, ils courent, les microbes, et voilà que votre petit bout est malade. Le hic : il refuse de prendre ses médicaments. Voici quelques astuces pour vous faciliter la tâche et éviter que ce moment ne tourne au drame.

Il ne veut pas prendre ses médicaments

« Face à un enfant qui refuse de prendre ses médicaments, la première chose à faire est de lui expliquer pourquoi c’est important, explique Anne-Marie Geminne, pharmacienne et maman de deux enfants. Dès l’entrée en maternelle, un enfant est capable de comprendre le lien entre le médicament et la guérison. S’il veut se sentir mieux et pouvoir à nouveau jouer et s’amuser, il doit prendre son traitement. »
L’important est que vous, parents, soyez déterminés pour convaincre votre enfant par vos explications. En effet, la confiance joue un rôle très important. Votre enfant a confiance en son papa et sa maman. Lorsque vous lui dites pourquoi il doit se soigner, il doit normalement vous croire sur parole, même s’il ne comprend pas toute la partie médicale du sujet.
Cependant, attention, explications ne veut pas dire négociations. Oubliez donc les marchés ou promesses de récompense. L’enfant ne doit pas penser qu’il a le choix de prendre ou non le médicament. Par contre, vous pouvez lui laisser le choix du verre ou de la cuillère qu’il veut utiliser, mais c’est tout. 
Malgré tout, jusqu’à 6 ans, lorsque votre enfant se trouve dans sa période d’opposition, il n’est pas toujours facile de lui faire entendre raison. Selon sa maturité et son caractère, il acceptera ou non de prendre son médicament. Si vos explications et arguments ne mènent à rien, il ne vous reste plus qu’à ruser ou à forcer.

Ruser…

En premier lieu, notre pharmacienne conseille aux parents d’essayer de rendre la prise du médicament ludique. Vous pouvez, par exemple, faire diversion en utilisant une cuillère originale, parfois offerte avec le médicament ou vendue en pharmacie à petit prix.
Vous pouvez aussi essayer la bonne vieille technique de l’avion ou encore dessiner des microbes sur un tableau (dix microbes s’il doit prendre dix fois son médicament) et le laisser en barrer un après chaque prise. Ainsi, il peut mieux comprendre qu’il « tue » un peu sa maladie chaque fois qu’il prend son médicament et également évaluer le temps restant jusqu’à la fin du traitement.
Une autre technique est celle du camouflage. Il vous suffit de mélanger le médicament dans un yaourt, un verre de jus de fruit ou une compote, par exemple. Les médicaments à base de sirop doivent simplement être dilués dans l’aliment. Les médicaments présentés sous forme de comprimés, quant à eux, peuvent être réduits en poudre avant d’être mélangés à l’aliment.
Concernant les médicaments en gélules, par contre, mieux vaut demander l’avis de votre pharmacien avant de les ouvrir. En effet, les acides contenus dans l'estomac ou dans certains aliments peuvent nuire à l'efficacité du médicament. Ce procédé peut aussi mettre en évidence un goût désagréable dissimulé par l'enrobage ou la gélule.
« Si vous mélangez le médicament à une boisson, veillez à ne servir qu’un petit verre afin d’être certain que votre enfant boive le tout », conseille Anne-Marie Geminne.

Forcer…

Si ces techniques douces sont généralement efficaces, certains parents refusent de s’y soumettre car ils estiment qu’en les utilisant, l’enfant ne comprend pas l’importance du médicament. Ludivine, maman de deux filles : « J’ai beau expliquer à mes filles pourquoi elles doivent prendre leur traitement et leur donner l’exemple lorsque moi-même je suis malade, rien n’y fait. Je commence donc par leur dire que si elles ne prennent pas leur médicament, je serai obligée de les emmener à l’hôpital où une infirmière leur fera une piqûre. Parfois, cela suffit. D’autres fois, pas. J’en viens donc parfois à leur mettre de force la pipette dans la bouche, mais j’ai horreur de cela ».En effet, si rien ne marche, il ne vous reste en dernier recours qu’à tenir votre enfant et lui donner le médicament. Si un autre adulte est près de vous, l’un des deux peut tenir l’enfant, en maintenant ses bras vers le bas et sa tête inclinée à 45 degrés pour éviter tout risque d’étouffement. Cette situation est assez traumatisante et prive l’enfant de son autonomie. Après, faites-lui donc un gros câlin et félicitez-le d’avoir pris le médicament. Dites-lui que, la prochaine fois, il pourra choisir de prendre le médicament lui-même ou d’être tenu.

Comme un grand

Alors, ruser ou forcer, c’est à chaque parent, en fonction de ses principes éducatifs et du caractère de son enfant, de décider ce qui est le mieux. Dans tous les cas, insistez sans relâche. Et quand la mission aura été accomplie, n’oubliez pas de faire un gros câlin à votre enfant et de le féliciter.
Faut-il aller jusqu’à lui donner une petite récompense ? Anne-Marie Geminne n’est pas pour. « Je ne pense pas qu’il faille récompenser un enfant qui a pris son médicament avec un bonbon ou un chocolat. Le valoriser en lui disant qu’il s’est conduit comme un grand, le féliciter, est bien plus constructif. Si vous souhaitez malgré tout lui faire plaisir, pourquoi ne pas plutôt lui lire une histoire ou faire ensemble une petite partie de son jeu préféré ? ».

Gaëlle Hoogsteyn

La question

Que penser des médicaments pour enfants labélisés Spiderman, Princesse ou autres Reine des Neiges ?

Anne-Marie Geminne n’est pas favorable à cette technique de marketing qu’elle juge potentiellement dangereuse : « Dans la tête de l’enfant, le médicament ou la vitamine peut vite devenir un bonbon. Or, il ne faut pas désacraliser les médicaments. On ne les prend pas pour s’amuser ou pour le plaisir. On les prend quand c’est nécessaire et de façon correcte, en respectant la posologie et en allant au bout du traitement, surtout quand il s’agit d’antibiotiques. »

En pratique

Objectif sécurité

Des médicaments, des vitamines, des compléments alimentaires… on en prend de plus en plus et ils ont facilement tendance à traîner un peu partout dans la maison, parfois à hauteur des petites mains de nos enfants curieux.
Pour éviter tout risque, les médicaments doivent être rangés hors de portée des enfants. Par ailleurs, pour leur conservation, l’idéal est de les stocker tous ensemble dans une boîte en plastique dans une pièce où ils seront à l’abri de la chaleur et de l’humidité. La cuisine et la salle de bain (pièces où l’on retrouve le plus souvent des médicaments) sont donc à exclure.
Pensez également régulièrement à vérifier les dates de péremption de vos médicaments et à rapporter à la pharmacie ceux dont la date est dépassée.

Sur le même sujet

Attention, un médicament n’est pas un bonbon !

De nouvelles recommandations concernant les médicaments sont de mises depuis le 1er mai 2013. Elles concernent notamment certains médicaments contre le rhume et la toux qui seront désormais soumis à une prescription.

 

Le paracétamol, facteur de risque d'allergie ?

L'administration fréquente de paracétamol dans la petite enfance pourrait favoriser l'apparition d'allergies. C'est ce qu'a constaté une équipe de l'Université catholique de Louvain (UCL).