Vie de parent

Ils ont 60 schtroumpfs

Ils sont nés le 23 octobre 1956. Ces petits personnages annexes à une histoire de Johan et Pirlouit sont devenus de vraies stars soixante ans plus tard. Les Schtroumpfs retrouvent Fafnir le dragon dans leur dernière BD et ont même été modélisés en 3D ! Véronique Culliford, la fille de Peyo et fondatrice d’Imps, nous partage sa vision du monde Schtroumpf.

Ils ont 60 schtroumpfs

Les Schtroumpfs sont nés la même année et dans la même famille que vous. Avez-vous grandi ensemble ? 
Véronique Culliford :
« Oui, mon père travaillait à la maison. Le studio était dans la maison donc je n’ai jamais vu mes parents partir à l’extérieur pour aller travailler. Je passais dans le studio et je disais bonjour à tout le monde, c’était une ambiance très familiale. Quand un livre était écrit, la première à le lire, c’était ma mère. C’était la muse de mon père. »   

Les Schtroumpfs ont 60 ans aujourd’hui. Ils sont certainement différents de ceux que votre papa a créés en 1956…
V. C. :
« Le grand changement, c’est qu’aujourd’hui, on peut presque toucher les Schtroumpfs. À leurs débuts, il fallait attendre chaque mercredi pour courir en kiosque et découvrir le Spirou hebdomadaire pour y retrouver la suite des aventures des Schtroumpfs. Aujourd’hui, avec la 3D, on peut presque prendre les Schtroumpfs dans nos bras…ce qui les rend encore plus sympathiques ! »

60 ans, mais toujours modernes 

Lors de ce passage des Schtroumpfs à la 3D, n’avez-vous pas eu peur de perdre leur esprit familial ?
V. C. :
« Je pars du principe que les Schtroumpfs ne nous appartiennent pas. Il faut pouvoir faire plaisir à tout le monde et s’adapter au public d’aujourd’hui. Et puis, je ne décide pas seule. Une équipe de quarante personnes travaille avec moi à Genval pour gérer l’image et les projets des Schtroumpfs dans le monde entier. La 3D est le résultat d’une longue réflexion entamée il y a quinze ans. On a fait pas mal de tests. Et on a remarqué que le Schtroumpf est vraiment fait pour la 3D. Les retours du public le confirment. »

Quelles sont les valeurs les plus importantes que les Schtroumpfs transmettent aux enfants ?
V. C. :
« Tout d’abord, ils sont un exemple de vie à l’extérieur et dans la nature, ils véhiculent des idées d’entraide, d’écoute, de gentillesse et le fait de savoir faire la fête, aussi. Et puis, par leur langue, ils permettent aux enfants de partager un langage codé qu’eux seuls comprennent (ou presque). Si un enfant n’arrive pas à mettre le bon mot sur quelque chose, il n’a qu’à utiliser 'Schtroumpf' et il se fait comprendre. »

Cent et des Schtroumpfs, une Schtroumpfette...
et tout un monde autour

Dans les derniers albums des Schtroumpfs, on découvre un village de filles. En tant que fille de Peyo, trouviez-vous que cela manquait ? 
V. C. :
« En fait, je suis très conservatrice. Donc, pour moi, c’est important que le village original des Schtroumpfs reste tel quel, avec une seule Schtroumpfette. Mais autour, il peut se passer plein de choses. Les filles, c’était surtout une envie du public. »

Et quel est votre Schtroumpf préféré ?
V. C. :
« Tout dépend du moment de la journée. Le matin, je me sens proche du Schtroumpf grognon. Mais en journée, je reste attachée à la Schtroumpfette. » 

Comment voyez-vous l’avenir des Schtroumpfs ?
V. C. :
« Pour l’instant, nous nous concentrons sur une prochaine série télévisée des Schtroumpfs qui devrait voir le jour en 2021. Quant aux nouveaux personnages… il y a assez d’animaux dans la forêt ou d’amis de Gargamel qui peuvent surgir à tout moment dans une histoire ! »

Estelle Watterman

Un peu d’histoire…

Les Schtroumpfs, à la base, c’était un petit clin d’œil dans une histoire de Johan et Pirlouit, pas des personnages principaux. Ça tout le monde le sait. Ce qu’on sait moins, c’est que leur couleur bleue n’est pas une idée de Peyo mais de Nine, sa femme, coloriste de bandes dessinées.
Le nom Schtroumpf vient d’un trou de mémoire. En vacances avec son ami Franquin, Peyo voulait lui demander la salière à table et il lui a demandé le… schtroumpf. Ça les a fait marrer, ce petit mot est resté dans un coin de la tête de Peyo jusqu’à ce qu’il devienne le nom de ses petits personnages bleus. 

Un marketing sans frontières !

Aujourd’hui, les Schtroumpfs sont partout. « Il faut voir le showroom d’Imps, nous confie un passionné. On comprend que le marketing a joué une grande place dans le succès des Schtroumpfs. Peyo a été le premier à lâcher les Schtroumpfs sur le marché. Et aujourd’hui, ça en fait le personnage le plus bankable du monde », assure-t-il.
Des bandes dessinées traduites en 53 langues, des figurines, peluches, T-shirts, tirelires… un tram bruxellois, un train belge et même un avion de Brussels Airlines est décoré de Schtroumpfs et piloté par la Schtroumpfette. En Asie, un métro de Bangkok et un autre de Shangaï ont également été décorés à l’effigie de nos petits personnages bleus !

Des Schtroumpfs 3D, ça marche ou pas ?

Chez nous, la Schtroumpf expérience a réouvert ses portes au palais 2 du Heysel. Avec ses 6 millions d’euros de budget, on a affaire à un projet colossal. Concrètement, c’est l’occasion de voir un magnifique faux village Schtroumpf. Ce n’est pas en pleine nature, évidemment, les Schtroumpfs sont des hologrammes mais la prouesse technique vaut le détour pour la simulation de vol à dos de cigogne. Bluffante.
Et puis, un parcours intérieur d’escalade, toboggans et autres jeux d’intérieur amusent les enfants. Un bon plan à retenir si la pluie s’invite sur la Belgique lors des prochains congés d’automne. ;-)