Vie de parent

Ils vous aiment un peu, beaucoup… parfois pas du tout

Ils vous aiment un peu, beaucoup… parfois pas du tout

Tout a commencé presque comme un vœu dans la rédaction du Ligueur. « Tiens, ce serait pas mal de faire un dossier qui ne donnerait la parole qu’aux enfants, pour qu’ils nous racontent leurs parents ». Sur le papier, l’idée est limpide, voire même hyper facile à réaliser, pas vrai ? Sur le terrain, vos enfants nous ont donné pas mal de fil à retordre.

Ils sont déconcertants

Fidèles lecteurs, vous le savez, nous autres, journalistes du Ligueur, sommes rompus à la récolte de témoignages. Les parents d’abord, les ados assez souvent, mais les enfants, beaucoup moins. Pourquoi avons-nous trouvé l’exercice si complexe ? D’abord parce qu’un enfant répond généralement de façon succincte aux questions. « Salut Milo, raconte nous comment ça se passe le lever à la maison, qu’est-ce que tu fais en premier ? – Bah, je me lève ». Pour vous donner une idée de la difficulté de l’exercice…
Ensuite, nous avons entrepris ce gros œuvre à trois journalistes. En nous laissant un laps de temps plus important que les autres dossiers. Des semaines durant, nous n’osions pas trop nous avouer où nous en étions. Sur quoi nous butions. Alors qu’il se nichait là une info capitale : nos enfants sont déconcertants. Ils sont pleins de bon sens. Ils sont authentiques, tout en étant très conscients de leur image. Là où nous pensions nous heurter à des considérations un peu bateau, nous nous sommes rendus compte ô combien ces petits humains sont détenteurs de tout un tas de mini-parcelles de vérité.

Leurs récits de vie

Le plus amusant, c’est qu’au départ, nous avions décidé de les écouter pour mieux vous comprendre. Ce qui se dit dans ce dossier est en réalité bien plus riche d’enseignement que tout ce que nous avions pu imaginer. Ils vont au-delà de papa-maman. Ils racontent plus que la fratrie, l’école, les petits potes, les activités, les jeux ou les bagarres. Ils se racontent, eux. Une génération au sens pratique, pleine de nuances, face à ses contradictions. Ils décrivent ce micro univers pour lequel nous nous agitons chaque jour : la famille. Celle aux mille facettes.
À travers leurs brefs récits de vie, ils nous disent avec des mots importants - les leurs - que le monde continue à mettre un pied devant l’autre. Et peut-être même qu’ils nous rappellent que nous autres, parents, grands-parents, tatas, tontons, marraines, parrains, tous concentré·e·s sur notre Sisyphe, notre rocher journalier, notre labeur quotidien, nous oublions que tout continue de tourner et que tous ces petits grandissent. Est-ce que ce n’est pas un peu rassurant tout ça ?

Yves-Marie Vilain-Lepage

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Le casting

Pour les besoins de ce dossier, nous avons rencontré pas loin d’une cinquantaine d’enfants. Beaucoup de notre entourage, c’est vrai. Beaucoup de petits Bruxellois, c’est vrai aussi. Mais pas que. Nous sommes sortis de la capitale. Nous avons même débordé sur les pays voisins. Nous avons essayé de piocher dans toutes les strates sociales. Nous avons brassé les origines, brassé les milieux, brassé les typologies familiales. Nous tenons à remercier chacun de ces enfants dont beaucoup sont protégés par l’anonymat du pseudonyme. Nous saluons aussi leurs parents qui nous ont fait confiance. Et comme d’habitude, nous vous encourageons à réagir, à nous livrer vos impressions et vos récits sur redaction@leligueur.be