Vie de parent

Inégalités de genre : l’Iweps objective

Les femmes gagnent 70 % de moins que les hommes, tous revenus confondus (salaires et allocations). Elles travaillent davantage à temps partiel, avec des contrats moins réguliers et dans des secteurs moins rémunérés. Tout cela a des conséquences sur le calcul des allocations et de la pension. Les allocations de chômage varient en effet en fonction du nombre de jours prestés. La pension aussi. Elles risquent donc davantage de tomber dans la pauvreté.

Inégalités de genre : l’Iweps objective

C’est en résumé ce qu’il ressort de l’étude de l’Institut Wallon de l’évaluation, de la prospective et de la statistique (Iweps) publiée cette semaine. Il s’agit du 4e volet d’une plus vaste enquête sur l’égalité entre les femmes et les hommes en Wallonie. Ce qui est intéressant dans cette étude, c’est qu’elle objective avec des chiffres récents les inégalités entre hommes et femmes. Voyez plutôt :

Comme on peut le voir sur ce graphique issu de l’étude de l’Iweps, les femmes ont une plus grande dépendance financière que les hommes. Cela une conséquence pour les familles. Quand un couple se sépare, ce sont bien souvent les femmes qui en payent les pots cassés. En se retrouvant seule, elles ont des revenus plus faibles et risquent donc de se retrouver plus rapidement dans la pauvreté. De plus, il est plus difficile de retomber sur ses pattes avec des revenus et une carrière moins complète que pour les hommes.

Les pistes d’amélioration

Comme le P de l’Iweps l’indique, l’institut se charge aussi de la prospective. Alors quelles sont les pistes pour réduire ces inégalités ?

► Supprimer le statut de cohabitant : l’individualisation des droits permettrait d’avoir plus d’égalité, d’augmenter   les revenus de remplacement de certaines femmes, car, aujourd’hui, le statut de cohabitant minore les allocations. La Ligue des familles a d'ailleurs fait de ce sujet une campagne, avec une pétition que vous pouvez encore signer.
► La lutte contre la discrimination au travail : privilégier une insertion équivalente des hommes et des femmes sur le marché du travail et dans des emplois aussi bien rémunérés.
► Donner la possibilité à chacun·e d’allier vie de famille et carrière : offrir un accueil pré- et extrascolaire de   qualité et financièrement accessible pour chaque enfant, garantir une utilisation équivalente des congés parentaux pour les deux parents...
► S’opposer aux modèles patriarcaux et normes sexistes : lutter contre les stéréotypes cataloguant certaines études et certains métiers comme féminins ou masculins, déconstruire l’idée que la tenue du ménage et l’éducation des enfants relèvent de la responsabilité de la mère. Car bien souvent, elles mettent leur carrière de côté.

Bref, c’est un vrai changement sociétal qu’il faudrait opérer.

Marie-Laure Mathot

Des conclusions qui apportent de l’eau au moulin de la Ligue des familles

Ces différentes pistes d’amélioration sont prônées par la Ligue des familles. Une campagne sur le genre sera d’ailleurs lancée à la fin de ce mois. Concernant le statut de cohabitant, l’individualisation des droits est un des cheval de batailles de l’association. Et bien sûr, le congé parental égalitaire reste encore et toujours une priorité.