Vie de parent

Inondations : comment en parler
avec les enfants ?

Désastre, désolation, catastrophe, maisons envahies par l'eau ou complètement détruites... La réalité, mais aussi les images et les mots autour des inondations en Wallonie peuvent très fortement affecter les enfants. Les questions fusent et vous vous interrogez : comment en parler sans les angoisser ? Il revient aux parents de rassurer et de protéger rappelle Mireille Pauluis, psychologue.

Inondations : comment en parler avec les enfants ?

Dans la tête des enfants

► L’actualité : « La pression émotionnelle peut s’avérer trop forte pour les enfants. Ils sont débordés par les émotions. Il est préférable d’éviter que les jeunes enfants voient des images trop violentes. Certaines chaînes prennent la peine de déconseiller le visionnage de leurs programmes en dessous d’un certain âge : j’encourage les parents à respecter ces indications. Et puis, bannissez les infos en continu : il vaut mieux couper la télé quand les petits sont présents. Pour les ados, leurs téléphones et leurs tablettes les mettent en contact permanent avec les images : demandez-leur ce qu’ils ont vu, décryptez avec eux. »

► Les questions :  « Les parents sont parfois embarrassés, ils espèrent éviter que leurs enfants ne souffrent tout simplement en ne parlant pas des choses douloureuses. Or, il faut toujours répondre aux questions. Ce qui protège le plus les petits enfants, c’est que l’adulte contextualise. La fonction parentale, c’est donner un cadre. Faites-les parler de ce qu’ils ressentent, aidez-les à prendre de la distance. »

►La confiance : « Certains se demandent si de telles catastrophes pourraient se reproduire : avouez que vous ne savez pas. Mais saisissez cette occasion pour confirmer la confiance : nous sommes protégés par les autorités, des gens travaillent à assurer notre sécurité. Il ne faut pas mentir, mais on peut rappeler aussi que de tels événements demeurent exceptionnels, même s'ils sont dramatiques. »

► Comment faire ? « D’abord, écouter les enfants : leur demander ce qu’ils ont entendu, chez les amis, à la télé. Dans un deuxième temps, leur demander d’expliquer ce qui pourrait les rassurer. Préciser ensuite avec eux ce dont ils auraient besoin pour se sentir mieux, moins inquiets. Répondre franchement, ne pas leur mentir. »

Y.-M. V.-L. et R. B.

En bref

  • Avant 6 ans : ne pas montrer d’images. Expliquez que ce qui vient de se passer est grave, que vous êtes touché et ému. Il est important de dire que les adultes les protègent et qu’ils sont en sécurité avec eux, mais qu’ils doivent faire attention.
  • Les 7-11 ans construisent leur pensée critique, leur territoire psychique. N’hésitez pas à les faire parler. Apportez des réponses factuelles. Les échanges avec vous doivent les rassurer. Parlez avec eux, proposez de dessiner ce qu’ils ont enregistré. Expliquez les images, etc. Autant de façons simples de leur permettre d’extérioriser leurs angoisses.
  • Côté ados : ce sont les plus exposés via internet et les réseaux sociaux. Vérifiez la façon dont ils s’informent. Encadrez leurs réactions. Exposez votre point de vue de façon simple. Vous devez incarner un soutien stable, solide et les rassurer autant sur la vie à la maison que sur la vie en dehors.