Vie de parent

Jeu joue, donc nous sommes

Les sélections jeux/jouets du Ligueur se suivent et ne se ressemblent définitivement pas. L’an passé, nous avions mis les magasins de jouets indépendants à l’honneur. Cette année, nous réalisons un vieux rêve : celui de faire jouer les familles ensemble et d’improviser les parents chroniqueuses et chroniqueurs. Laissez-nous vous raconter à quel point toute cette entreprise a été enthousiasmante, en dépit du contexte corona qui poussait à tout, sauf à un dossier aussi collectif.

Jeu joue, donc nous sommes

Il s’est passé quelque chose de formidable autour de cette sélection jeux/jouets. Voilà des années que la rédaction du Ligueur rêve de faire jouer parents et enfants et de mettre le résultat en pages. Pour différentes raisons, ça ne s’était jamais fait. On se l’était donc juré, 2020 serait l’année où nous relèverions le défi. Sauf que le monde a basculé à la mi-mars. Puis est arrivé l’été, où l’on s’est concerté. « Comment fait-on ? On laisse tomber ? ».

Nous avons alors échafaudé deux plans. Le A, celui où nous réunissions toutes les familles au cours d’un évènement et discutions avec elles de leur manière de jouer. Le B, moins facile, où nous ne pouvions pas nous réunir et où nous devrions tout orchestrer de loin. Le B s’est finalement imposé. Et, comme souvent, c’est dans la contrainte que ce dossier s’est épanoui.

Jeu, tu, il/elle, nous, vous, ils/elles

Première étape, nous informons différents éditeurs de jeux de notre démarche. On les prévient : les parents ont le droit de se montrer impitoyables. Même pas peur, les marques foncent. En moins de temps qu’il en faut pour le dire, nous réunissons une cinquantaine de jeux. Pourquoi uniquement des jeux et pas des jouets ? Parce que, comme vous allez le voir dans les pages qui suivent, il s’est imposé comme média familial.

Puis, fin septembre, par un mardi après-midi pluvieux, à une heure où même l’info la plus pertinente tombe dans les abîmes des réseaux sociaux, nous lançons les candidatures. Nous prévenons les parents, la tâche sera ardue. Qu’importe, ils répondent présents.

Deux heures après son lancement, nous sommes obligés de fermer le post Facebook, débordés par les demandes. Mères et pères nous ont écrit de chouettes petits mots pour nous décrire avec précision leur amour des jeux. Et en famille, s’il vous plaît. Nous sommes ravis. Se pose une dernière question. Comment faire pour les atteindre rapidement, jouer les saint Nicolas et leur apporter tous ces joujoux à temps ?

On s’est joué du virus

Question d’autant plus sérieuse que l’épidémie bat son plein. Nous demandons un gros coup de pouce aux collègues de la Ligue des familles. Notre association compte plus de 60 travailleuses et travailleurs, réparti·e·s sur l’ensemble du territoire. En moins d’une semaine, les colis sont préparés et la Ligue des familles part à la rencontre des parents.

Comme toute histoire où des humains se rencontrent, il s’est passé plein de choses. Untel qui retrouve le prof de son enfant. Untel qui est reconnu par une famille émue, parce qu’il est « le Monsieur qui passe à la télé ». Unetelle qui couvre l’ensemble d’une région et qui est si ravie qu’elle insiste pour rempiler l’an prochain.

Pourtant, le contexte n’a pas aidé. Le corona a touché des collègues qui n’ont pas pu livrer. Mais aussi des familles qui n’ont pas pu recevoir les jeux. Jusqu’au bout, le corona nous aura contraints. Mais cette fois, la multiplication des forces et la capacité des un·e·s et des autres à s’adapter l’emportent.

Cette humble sélection, cette démarche à son petit niveau, dit donc quelque chose d’important. Seule la force collective et la solidarité pourront nous permettre de surmonter ce contexte pas folichon. Merci à toutes les personnes qui ont rendu possible ce dossier. Là, cachée derrière les virgules, sachez qu’il contient une grosse part de vous.

Yves-Marie Vilain-Lepage