Vie de parent

Jouets et langage : duo gagnant
des apprentissages

Le Ligueur vous répète souvent - notamment à l’occasion de son dossier jouets dont le prochain paraîtra le 5 novembre - combien le jeu est fondamental pour votre enfant puisqu’il l’aide à grandir. Au-delà des jeux dits pédagogiques, très à la mode mais peu conseillés à la maison, on revisite ici les grands classiques. Avec chaque fois, des conseils pour stimuler votre gamin(e) à les exploiter au mieux.

Jouets et langage : duo gagnant des apprentissages

0-2 ANS

Couché dans son berceau ou dans son parc, votre tout-petit commence déjà à jouer. Mobile et hochets vont éveiller ses cinq sens, vue et ouïe en tête. Votre bébé vous surprendra vite en cognant (non, ce n’est pas un hasard !), puis en tentant d’attraper ses petits jouets : son développement moteur est en marche.
Conseil : Stimulez-le (doucement), en prenant la bonne habitude de verbaliser ce que vous faites, plutôt qu’en lui « parlant bébé ».

Votre petit tient assis : il va avoir envie de plus d’animation. Place aux jouets qui bougent : culbutos, balles, autos… qui stimulent sa motricité. Une petite voiture lui passe sous le nez ? Hop, votre bambin se met en branle pour ramper derrière elle.
Conseil : Parce que jouer seul s’apprend, pensez déjà à exercer cet apprentissage. Montrez-lui comment jouer avec son culbuto. Laissez-le seul quelques secondes, en l’observant. Cela ne marche pas ? Présentez-lui le jouet différemment : l’important étant qu’il réalise que jouer est un plaisir qui peut aussi se décliner en solo.

Votre marmot se déplace et sa motricité fine se perfectionne : voici venu le temps où il va jouer à empiler ou emboîter ses blocs et ses formes. Au risque de mettre ses nerfs à dure épreuve !
Conseil : Aidez votre enfant en lui montrant le bon geste, en le verbalisant également : « Regarde, si je prends le carré bleu et que je le tourne dans ce sens-là, il rentre tout seul dans la boîte ».

3-5 ANS

À l’âge de la maternelle, vive les jeux symboliques : marionnettes, déguisement, dînette, ferme, garage, mais aussi jouer au docteur ou à papa-maman sont autant de jeux qui vont permettre à votre enfant d’endosser un rôle. De quoi, plus globalement, trouver sa place dans le monde, en enrichissant vocabulaire et imagination.
Conseil : Votre bambin s’obstine à dire un « wouf » pour un chien ? Sans pour autant le reprendre, prenez le pli de lui répéter le mot juste. Au fil du temps, affinez progressivement le vocabulaire.

 Autre famille de jouets incontournables à cet âge : les jeux de constructions. L’atout des blocs, Duplo, Kapla, descentes de billes… ? Perfectionner la fine motricité, mais aussi la vision dans l’espace et la créativité.
Conseil : Ici encore, mettez des mots sur ces situations. Exemple : « Tu vois, la tour s’écroule parce que sa base était trop petite ». Ou encore, plus tard : « La bille descend très vite car tu as mis trois blocs sous la pente. Et si on ne mettait qu’un bloc ? ». Eh oui, le langage fera aussi progresser votre petit dans des domaines plus scientifiques !

6-9 ANS ET +

L’entrée en primaire est un cap, qui se répercute aussi dans les jeux. Nouveauté : votre enfant est prêt pour entrer dans l’univers des jeux de société. Pourquoi pas avant, comme l’indique sur bon nombre de boîtes de jeux, certains étant déjà, selon les fabricants, conseillés dès 3 ans ? Parce qu’avant 6 ans, la majorité des enfants n’est pas encore capable de comprendre le sens même d’une règle et de la respecter.
Conseil : Jouez avec votre enfant et prenez-y aussi du plaisir car le temps de jeu que vous lui consacrez est un cadeau précieux. Commencez par des jeux avec des parties rapides et des règles simples, que vous aurez épluchées auparavant.

Autre particularité : en grandissant, votre gamin(e) va se spécialiser et se diriger plus spontanément vers certains types de jeux. Rien de plus normal : ses goûts et ses aptitudes s’affirment. Le jeu l’aide à les renforcer.
Conseil : Votre enfant devient monomaniaque et ne parle plus que de dinosaures, de trains, de chevaux ou de Pokémon ? Intéressez-vous à cette passion et n’ayez crainte : cela lui passera. Entretemps, il peaufinera son vocabulaire et ses connaissances sur le sujet et développera une autre notion fondamentale : la classification.

Anouck Thibaut

ZOOM

JEUX PEDAGOGIQUE : POUR OU CONTRE ?

Des jeux pour apprendre à lire, à écrire ou à compter. D’autres pour réviser l’orthographe, les tables de multiplication ou le néerlandais. La tentation est grande, en tant que parents, d’acheter pareil produit pour favoriser la réussite scolaire de nos gamin(e)s. Une bonne idée ? La réponse avec Sylvie Van Lint, formatrice dans le fondamental et chercheuse en sciences de l’éducation à l’ULB.

Les jeux pédagogiques, un bon soutien pour les devoirs ?
S. V. :
« Pourquoi pas, à la seule condition que l’on explique à son enfant que ce n’est pas du jeu, mais des exercices que l’on fait sous une forme ludique. Et que l’on précise que l’on est dans un temps de devoir et non de jeu. Après tout, c’est plus sympa de réviser ses tables de multiplication avec les Cartatoto qu’avec des colonnes de calcul. »
Tout jeu n’est-il pas pédagogique à l’exception de celui qui se dit pédagogique ?
S. V. : « Exactement ! Rappelons que le contraire du jeu, ce n’est pas le travail, mais la réalité. Lorsqu’il joue, l’enfant est dans une sphère privilégiée où il est complètement protégé. Rien ne peut lui arriver car tout cela est ‘pour du faux’, même s’il prend cette activité très au sérieux. L’enfant peut donc jouer le jeu de la réalité tout en étant dans une autre dimension : dans cet espace-là, il va pouvoir apprendre la réalité, sans en avoir les dangers. Une raison suffisante pour ne pas mélanger jeu et apprentissages scolaires. »

Le jeu n’aide-t-il pas l’enfant à mobiliser ce qu’il apprend à l’école ?
S. V. : «
Bien entendu. Prenons l’exemple des additions. Pour l’enfant, faire le lien entre ses colonnes de calcul et le ‘Combien l’épicier doit me rendre si je lui donne 5 € pour un achat de 2 €’, il y a un monde. Et ce monde-là n’est inné pour personne. Le jeu va aider l’enfant à mobiliser ses connaissances au bon moment. En jouant au magasin, dans ce cas-ci. Et via d’autres jeux plus tard. Le jeu de société, dès qu’il n’est pas basé uniquement sur le hasard mais qu’il fait appel à la stratégie, est idéal pour cela. »

En savoir + 

Certains jeux didactiques peuvent aider les enfants qui ont des difficultés, comme la dyscalculie. Retrouvez notre article sur ce thème sur leligueur.be/2014-18

EN BREF

5 conseils pour que le jeu dope ses apprentissages

  1. Variez au maximum les types de jeux surtout avant 6 ans.
  2. Joignez la parole au jeu : nommez les choses, verbalisez les situations.
  3. Prenez le temps de jouer avec votre enfant. Montrez-lui le plaisir que vous y prenez.
  4. Détournez le quotidien en jeux (dresser la table, s’habiller, ranger sa chambre…).
  5. Apprenez aussi à votre enfant à jouer seul.
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