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Jumeaux : mille câlins et autant de questions

Dans Le Ligueur du 5 mars dernier, des mamans de jumeaux nous racontaient comment, avec les papas, elles s’étaient organisées vaille que vaille à la naissance de leurs bébés. Les semaines passent, les questions se renouvellent. Réponses de parents qui ont les mains dans le cambouis.

Jumeaux : mille câlins et autant de questions

Pour commencer, un avertissement : « Des conseils, on peut en donner plein, mais chaque parent doit trouver la meilleure solution pour sa famille », insiste Caroline, maman de Max et de Théo, bientôt 4 ans, et de Robin, 5 ans et demi.

Dans un même lit ?

À la maternité, Max et Théo, nés à terme, partageaient le même petit lit, se rappelle Caroline. De retour à la maison, en journée, ils dormaient ensemble dans le parc et, la nuit, chacun rejoignait son berceau… dans une chambre commune. « Chacun avait ainsi son univers perso, avec ses doudous, etc. Et si l’un se réveillait, il ne réveillait pas l’autre. Vers 2 ans et demi, chacun a eu sa chambre : sinon, c’était trop la fête le soir… »
Quinze jours à peine après le retour à la maison, Léa et Paul, aujourd’hui 4 ans, ont quitté la chambre parentale et intégré chacun leur chambre à coucher. Sur le conseil du médecin traitant… de leur maman, Aurore : « Ils faisaient trop de bruit dans leur sommeil, je dormais mal, j’étais trop aux aguets. »

Le bain ensemble ?

Avec des tout-petits qu’il faut tenir non-stop, impossible de leur donner le bain en même temps. Alors, Carla, la maman de Félix et d’Émile, 6 mois, compte sur le papa pour ce moment « en famille » : les bébés sont baignés l’un après l’autre et chaque parent s’occupe de l’un d’eux. Chez Caroline, dès que les jumeaux se sont bien tenus dans la baignoire grâce à un coussin ad hoc, « cela a été le bain à deux… et même à trois, avec le plus grand » ! Moments complices assurés.

Quelle poussette double ?

Le sujet qui fâche pour Aurore ! Faute de mieux, elle sortait au tout début avec ses bébés dans des Maxi-Cosi, un à chaque bras : « Le dos a trinqué. » Et dès qu’ils ont marché, oubliées les poussettes !
Plusieurs modèles cohabitent. Il est important d’en choisir un en fonction de son mode de vie, de son logement, de ses déplacements, du coffre de sa voiture. Les modèles équipés de coques installées l’une derrière l’autre (ou mettant les bébés face à face) s’avèrent plus maniables en ville où les trottoirs sont étroits. Plus pratiques aussi pour entrer dans les magasins. Les poussettes doubles munies de nacelles ou de sièges côte à côte (plutôt tout-terrain) sont appréciées des parents adeptes des grandes balades. Les interactions entre les enfants sont plus importantes.

Un parc pour jumeaux ?

Indispensable, le parc. Comme espace sécurisé et lit d’appoint. Plus grand que le modèle simple, le parc pour jumeaux s’impose vite chez certains parents… mais il risque lui aussi de se révéler trop juste, dès lors qu’il est encombré de jouets et que les bébés bougent de plus en plus.

L’aîné dans tout cela ?

Avec l’arrivée de jumeaux, les parents se font du souci pour leur(s) aîné(s) éventuel(s). Caroline : « Tout de suite, notre grand a été impliqué, pour qu’il ne se sente pas rejeté ou isolé. Un petit frère ou une petite sœur, ça chamboule. Alors, deux d’un coup… »

1 + 1 = 2

La question de l’individualisation des jumeaux angoisse pas mal de futurs parents. C’était le cas d’Aurore. « Mais je me suis tracassée pour rien : les choses se passent, en fait, naturellement. »
« Les jumeaux ont un lien très fort, qu’ils soient de ‘vrais’ ou de ‘faux’ jumeaux, dit Anna Taillandier, psychologue clinicienne au service néonatal d’Érasme et co-animatrice des réunions d’info que l’hôpital organise pour les futurs parents de jumeaux ou de triplés. Ils étaient ensemble dans le ventre maternel, ils sont nés en même temps, ils grandissent ensemble, mais ce sont deux individus différents, avec des personnalités distinctes, qui ont des besoins propres, qui sont investis différemment par leurs parents. Et donc, l’individualisation se fait effectivement assez naturellement. »
En tout cas, les parents veillent à considérer leurs jumeaux comme deux êtres ayant chacun leur route à tracer. D’où, sûrement, un espace propre pour chacun d’eux. Des moments privilégiés avec chacun. L’individualisation passe aussi par des vêtements différents (même si, par moments, ils exprimeront l’envie d’être habillés pareil, selon la psychologue). Et demain, peut-être par deux classes en maternelle (même s’ils fréquentent pour l’heure la même crèche).
Il est clair aussi qu’ensemble, ils se rassurent l’un l’autre et qu’ils interagissent d’une façon qui leur est particulière. Aurore : « Si l’un pleure, l’autre pleure, on ne sait pas pourquoi. Et quand l’un rit, l’autre rit aussi. »

Martine Gayda

HELP

  • Composée de parents et de professionnels, l’association Naissances Multiples (0494/60 33 18) informe (son site est bien fait), assure un service de location de matériel de puériculture à bas prix et organise, via internet, des achats groupés de lait. Elle recherche actuellement des bénévoles.
  • À l’association Jumeaux-Jumelles (04/234 40 95, 04/246 47 72 et 04/226 83 06), trois mamans répondent aux appels.
  • À ne pas négliger pour échanger : les groupes de parents sur Facebook. Parmi eux, « Mamans de Twins » est plébiscité.
  • En collaboration avec Naissances Multiples, l’Hôpital Érasme (808, route de Lennik à 1070 Bruxelles) organise des réunions d’info pour les futurs parents de jumeaux, triplés ou plus. Prochaines dates : le 15 mai, le 18 septembre et le 20 novembre, à 20 h. Entrée gratuite. Inscriptions au 02/555 34 30.
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