+18 ans

L’enseignement supérieur :
un droit, pas un privilège

Ce lundi 16 septembre sonne la rentrée pour les étudiants du supérieur. Une rentrée qui concerne 210 000 étudiants en Fédération Wallonie-Bruxelles. Un chiffre en nette et constante augmentation, mais une ombre au tableau : l’aspect financier.

L’enseignement supérieur : un droit, pas un privilège - Gettyimages

Bonne nouvelle, le nombre d’étudiants dans l’enseignement supérieur est en augmentation constante. Pour cette rentrée, ce ne sont pas moins de 210 000 étudiants en Fédération Wallonie-Bruxelles qui sont inscrits dans l’enseignement supérieur. Soit 36 % de plus qu’il y a vingt ans. Il y a de quoi se réjouir. À l’échelle de la Belgique, 47,5 % des 30-34 ans détiennent un diplôme de l’enseignement supérieur d’après les statistiques officielles de 2018.

Quelles sont les tendances pour ce cru 2019 ?

► 41 % sont inscrits dans une université
► 40 % sont inscrits dans une haute école
► 3 % sont inscrits dans une école supérieure des arts
► 16 % sont inscrits dans un établissement de promotion sociale
► 74 % sont inscrits sont inscrits dans un premier cycle (bachelier)
► 22 % sont inscrits dans un deuxième cycle (master)
► 4 % sont inscrits dans un 3e cycle (doctorat)

Source : ARES

L’enseignement supérieur se massifie mais ne se démocratise pas

Si l’enseignement supérieur ouvre des portes de plus en plus larges et diplôme toujours plus, il n’est pas pour autant accessible à tous. Loin s’en faut. Chems Mabrouck, présidente et porte-parole de la FEF (Fédération des étudiants francophones), le confirme : « L’enseignement s’est massifié, mais ne s’est pas démocratisé. Aujourd’hui, une année d’étude coûte entre 8 000 et 12 000 €, avec les coûts directs et indirects, à savoir le logement, les supports de cours, les transports, etc».

La FEF revendique à ce titre l’accès à l’enseignement supérieur comme un droit et non un privilège. Dans ce sens, elle milite pour une diminution des droits d’inscription dans un objectif de gratuité, un remboursement des supports de cours et le refinancement de l’enseignement supérieur.

Lorsqu’on l’interroge sur la faisabilité d’un enseignement gratuit, Chems ne se démonte pas. Elle pointe en exemple les pays qui le font déjà, comme l’Allemagne, la Suède, la Finlande. « Même les écoles publiques françaises parviennent à réduire leurs minervaux à 175 € alors pourquoi pas nous ? Les États-Unis sont un bon exemple de définancement des services publics. Ils ont diminué le financement de 2 000 $ par étudiant, avec comme conséquence directe une augmentation du minerval. On observe une tendance à la baisse identique chez nous avec une diminution de 15 à 20 % par tête d’étudiant depuis l’instauration de l’enveloppe fermée en 1998 ». Pour elle, pas de doute, il faut sortir de l’enveloppe fermée.

1 étudiant sur 4 travaille pour payer ses études

Et pour preuve, la FEF estime qu’un étudiant sur deux travaille aujourd’hui. Et parmi eux, un sur deux le fait pour payer ses études. On peut donc en déduire que sur les 210 000 inscrits, ils seront 52 500 à retrousser leurs manches pour subvenir à leurs besoins.

Clémentine Rasquin

Elle en parle…

Jessica, étudiante bruxelloise de 24 ans et jobiste depuis 8 ans déjà

Ce droit aux études supérieures, certains comme Jessica doivent le conquérir ou l’arracher, c’est selon. Fille d’une maman solo, elle a commencé à travailler dès que c’était légalement possible.
« J’ai commencé à travailler très jeune, à 16 ans déjà. C’était une décision personnelle mais c’était bienvenu, car je vis avec ma maman et mon frère et mon père ne verse aucune pension alimentaire. Actuellement, je travaille dans une librairie entre deux et trois jours par semaine. Cela me permet de gagner environ 700 € par mois et de prendre en charge une partie de mes dépenses. Je dois par contre veiller à ne pas dépasser 240 heures par trimestre, sous peine de perdre les allocations familiales. Je bénéficie aussi d’une bourse auprès de la Fédération Wallonie-Bruxelles depuis l’an dernier. Mon minerval est intégralement payé par ce biais et je reçois aussi un versement annuel de 700 €. Cela m’a permis d’acheter un ordinateur portable. »

Et vous, parents

Si l’aspect financier importe, il ne peut pas tout. En tant que parent, il y a une série de choses que vous pouvez faire pour accompagner au mieux votre enfant sur ce chemin de l’enseignement supérieur. Nous épinglons ici trois conseils de Laurent Belhomme, responsable de Psycampus à l’ULB (à retrouver sur leligueur.be/2018-17) :

  • Trouver votre place : plus le parent pense le projet à long terme, moins le jeune va se l’approprier. Le rôle du parent va consister, petit à petit, à se décentrer des études de son enfant pour que l’étudiant se les accapare pleinement. Tout ça sans démissionner.
  • Laisser la place aux doutes : je vois des étudiant·e·s dans des situations difficiles, ils ont du mal à investir la société parce qu’ils sont sous la pression de réponses toutes faites.
  • Faites-lui confiance : votre enfant a suffisamment appris pour endurer le monde, il est entrain de construire son propre monde.
Sur le même sujet

Bourses d’études, un pas en avant

Après un an de discussions avec le cabinet Marcourt, la Ligue des familles et ses partenaires ont obtenu des avancées dans la réforme du système de bourses.

 

Kot : comment faire le bon choix ?

Déjà fin juin… et votre jeune n’a toujours pas de kot pour la prochaine rentrée scolaire ? Pas de panique : de nombreux logements se libèrent encore après la 1re ou la 2e session. Le Ligueur vous donne des pistes pour dénicher la bonne adresse, mais aussi et surtout des conseils pour trouver le nid idéal.