Vie de parent

L’Histoire comme repoussoir à l’extrémisme ?

Les Anglo-Saxons sont plus percutants. Machine kills fascism. Ou encore Know your History. Peu importe le slogan finalement, vous aurez saisi l’idée, née au lendemain des scores insensés des législatives au nord du pays. Véritable douche froide au sein de la rédaction du Ligueur.

L’Histoire comme repoussoir à l’extrémisme ?

Au-delà des billets d’humeur, décryptages de spécialistes et autres éditos, hors de question de réagir à chaud. Nous nous sommes donné du temps pour laisser retomber l’émotion. Avant d’agir, tâchons de comprendre. C’est d’ailleurs comme ça que le parent sera un maillon essentiel de la lutte contre la montée des extrêmes. Essentiel, oui. Car pour combattre cette marche arrière que notre vieux Continent semble vouloir enclencher coûte que coûte, il faut d’abord sentir.

Alors, très prosaïquement, nous sommes allés humer le terreau. Les anciens qui ont souffert de la guerre s’éteignent. Notre société est dotée d’une mémoire de plus en plus courte. Il ne reste plus grand monde pour témoigner des méfaits des vieux régimes totalitaires européens. Seule l’Histoire peut donc nous sauver du chaos vers lequel on se dirige. Un peu naïvement, un peu accidentellement.

Cours d’histoire versus mémoire courte

Tiens, mais comment enseigne-t-on l’Histoire, cette matière si malmenée, car revisitée, contredite, oubliée, négligée ? Et nos enfants, comment la digèrent-ils ? Comment leur en parler, les accompagner dans cette longue frise chronologique aux sentiers bariolés ? Elle n’est finalement rien d’autre qu’une quête de sens, d’identité collective, dont les armes sont l’éducation, l’apprentissage et la patience. Mais est-ce encore possible ?

Nous, on fait le pari d’y croire. On prend le parti de s’évertuer à combattre l’obscurantisme. Qu’on nous taxe de bien-pensance. Nous répondrons humanisme. Qu’on nous traite de neuneu. Nous rétorquerons espoir. Oui, ça fait un peu pâte de fruit. Un territoire qui s’emmure, c’est moins tendre, c’est sûr.

Dès lors, pourquoi y croire dur comme fer ? D’abord par instinct de survie. Parce qu’on sait que sur le terrain, vous êtes une quantité non négligeable à chérir les voies de la connaissance, multiples et libres. Et que, comme nous quelque part, vous ferez tout pour que les cours d’histoire puissent changer le cours de l’Histoire.

Saisi au débotté cet été, un papa qui expliquait à ses petits bouleversés par les photos de Philippe Chancel que « la liberté, ce n’est jamais quelque chose d’acquis. La république, la démocratie, ça se travaille. Ça ne naît pas naturellement. La preuve ? Tout ce qui se passe dans le monde. Chaque jour il faut, non pas la mériter, mais la cultiver. Ça veut dire réinterroger chaque petite action et se demander si elles font de nous quelqu’un de vraiment libre ».

Alix Dehin et Yves-Marie Vilain-Lepage

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