Vie de parent

La bulle (+1) fait souffrir les mamans solos : sept associations tirent la sonnette d’alarme

C’est une demande pressante. Sept organisations ont envoyé une lettre ouverte aux responsables politiques pour communiquer la détresse des familles monoparentales. La limite de contact à une personne rend le quotidien de celles-ci invivable. Les associations demandent l’élargissement de la bulle de ces familles. Et attendent une réponse du Comité de concertation.

La bulle (+1) fait souffrir les mamans solos : sept associations tirent la sonnette d’alarme

Elles sont sept à avoir été contactées par de nombreuses familles monoparentales. Des familles dont la vie de tous les jours est pourrie par la bulle sanitaire qui limite les contacts à une personne. Il faut prendre leur situation particulière en considération estiment Vie Féminine, la Ligue des familles, Hamac, les Femmes prévoyantes socialistes, la Maison des parents solos, le Petit vélo jaune et Mères Veilleuses.

« Une seule personne extérieure à la bulle, ce n’est pas suffisant ! »

« La bulle d’une personne maximum rend la conciliation entre la vie professionnelle et la vie familiale très difficile pour les familles monoparentales, une situation qui concerne très majoritairement des femmes », voilà ce qu’estiment ces associations. Pour Christophe Cocu, le directeur général de la Ligue des familles, « cette limite interdit à ces familles le recours à leur réseau d’entraide familial ou amical habituel. Une seule personne extérieure à la bulle, ce n’est pas suffisant quand les besoins de soutien sont importants. »

Une situation préjudiciable au parent, aux enfants et à la relation parent-enfant

Et les associations de détailler la problématique. Ces familles ont, en effet, souvent besoin de l’aide de plusieurs personnes. Il faut plusieurs heures par semaine pour aller conduire ou chercher les enfants à l’école quand les horaires du parent solo ne le permettent pas, pour garder les enfants quand le parent remplit ses diverses obligations, ou tout simplement pour s’occuper des enfants de temps en temps pour que le parent solo puisse souffler.

« Il ne s’agit pas d’alléger à tout prix les règles sanitaires. »

Cette situation est préjudiciable au parent, aux enfants et à la relation parent-enfant. « Il ne s’agit pas d’alléger à tout prix les règles sanitaires. Mais bien d’adoucir un tout petit peu le quotidien de familles qui font face à des difficultés particulières, tout comme cela a été fait pour les personnes qui vivent seules », précise Christophe Cocu dans le communiqué diffusé à cette occasion.

Des familles qu’il faut mieux soutenir

Aux questions d’organisation pure s’ajoute la situation financière de ces familles. Dans la majorité des cas, cette situation ne permet pas aux mamans solos de réduire leur temps de travail ou de prendre un congé parental pour pouvoir s’occuper de leurs enfants. Par ailleurs, pour les associations, cet élargissement de bulle ne doit pas s’adresser qu’aux parents solos qui travaillent. Car eux aussi doivent jongler entre leur vie de famille et leur vie hors de la maison. Ils suivent des formations, des études. Ils peuvent aussi être en recherche d’un travail. 

C’est donc ce message qui est lancé au Comité de concertation : « il faut mieux soutenir ces familles en élargissant la bulle sociale de toutes les familles monoparentales ou en proposant d’autres mesures qui permettraient à ces familles de mieux vivre cette période de crise sanitaire.»

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