Vie de parent

La crèche : 39 % sont gardés à temps plein par les grands-parents

C’est le plébiscite pour les grands-parents qui sont de loin les « nounous » préférées pour les jeunes parents qui sont près de 1 sur 2 à choisir un autre mode de garde que la crèche ou l’accueillante conventionnée ou agréée. Et ce chiffre augmente encore - jusqu’à 48 % - si on prend en compte les papys et mamys qui, bon pied, bon œil, gardent leurs petits-enfants un jour de la semaine ou plus !

La crèche : 39 % sont gardés à temps plein par les grands-parents

Les parents témoignent

Pascale, deux enfants de 5 et 23 mois
« Votre chiffre me paraît énorme. 39 %, c’est gigantesque, quand-même. Remarquez, autour de nous, beaucoup de jeunes ménages confient leurs enfants à leurs parents. C’est mon cas aussi. Mon frère qui a des enfants de l’âge des miens et qui vit à Bruxelles n’a pas cette chance. Parce que oui, c’est une chance, même si je regrette qu’on ne puisse pas se débrouiller autrement. » 

Tiphaine, trois enfants, dont deux de moins de 3 ans
« Eh ben, quelle veine ! Mes parents ont toujours une bonne excuse au moment des vacances pour ne pas garder les enfants. On habite pourtant à moins d’un kilomètre de chez eux. Alors, leur confier la marmaille toute la semaine, oubliez. Je vais leur faire lire ces chiffres pour voir leur tête. Ils vont blêmir. »

Maxime, un petit de 8 mois
« Je ne veux pas remettre vos chiffres en question. Mais vos 48 % - presque un couple de grands-parents sur deux qui garde les petits ! -, ça me paraît irréaliste. Depuis qu’on a notre bébé, mes parents l’ont à peine gardé une dizaine de fois. Et pourtant, ils n’habitent pas loin. Après, faut voir mes parents… Leur confier le chat, on a déjà du mal ! »

Murielle, grand-mère de deux bébés de 15 et 19 mois
« Mes deux fils ont été papas à quelques mois d’écart. Je ne vois jamais ma petite-fille aînée. Ma belle-fille refuse de me la confier alors qu’on habite à vingt minutes en voiture. En revanche, mon cadet, qui habite plus loin, me l’amène tous les mercredis et certains week-ends. En fait, je suis pile dans vos chiffres, je suis les 48 % à moi seule ! (rires) »

Alex, papa de jumeaux de 2 ans et demi
« Mes parents et mes beaux-parents se partagent équitablement leur rôle de grands-parents. D’autant qu’ils travaillent deux fois plus, courent deux fois plus et dorment deux fois moins quand on leur confie nos abominables gamins ! Sans eux, nous serions obligés d’engager une nounou, mais on n’a pas les moyens. Autre solution ? S’arrêter de travailler. Ce qui serait inenvisageable financièrement. Ils nous sauvent la vie, il n’y pas d’autres mots. Et j’espère pouvoir renvoyer l’ascenseur un jour. Je profite de cet espace pour leur dire que nous leur devons une reconnaissance éternelle. »

Myriam Katz et Yves-Marie Vilain-Lepage

Glosssaire

Modes de garde : comment s’y retrouver ?

Normes de qualité : que la crèche soit publique ou privée, que l’accueillante soit conventionnée ou agréée, tous ces modes de garde répondent aux normes de qualité établies par l’ONE. Surface suffisante, nombre d’enfants par puéricultrice (1 adulte pour 7 enfants) ou accueillante (1 adulte pour 4 enfants), conditions de sécurité, salubrité, activités adaptées, qualité de la nourriture, respect du rythme de l’enfant… Aujourd’hui, la Flandre revoit son décret accueil de la petite enfance et est en train d’aligner ses normes sur les nôtres.

Conventionné : que ce soit une accueillante ou une crèche, la structure de garde conventionnée doit pratiquer des tarifs en fonction des revenus des parents. La participation financière des parents s’élève à 11 % (plafonnés !) des ressources du ménage y compris les avantages extra-légaux comme des chèques-repas, une voiture de fonction, etc.
Bon à savoir : les familles qui ont de très faibles revenus peuvent obtenir la gratuité de l’accueil en passant par le CPAS.

à lire

Retrouvez notre rencontre avec les grands-parents où les papys et mamys expliquent combien ils sont tiraillés entre l’amour pour leurs petits-enfants et leur soif de liberté. Avec cette question : jusqu’où devons-nous être solidaires ?