Vie de parent

La crèche : 65 % des parents grognent contre le montant de la facture

Ce n’est jamais très gai de vider son portefeuille. D’autant plus que, en moyenne, les parents doivent sortir chaque mois 347 € pour l’accueil de leur enfant. Avec des pics jusqu’à plus de 800 € à Bruxelles ! (Lire ci-dessous). Heureusement, ils se consolent en étant satisfaits :

  1. de l’amabilité du personnel
  2. de la compétence de ce même personnel
  3. de l’accessibilité du lieu
La crèche : 65 % des parents grognent contre le montant de la facture

Les parents témoignent

Sébastien, deux enfants de 6 mois et 2 ans et demi
« Nous sommes expatriés comme beaucoup dans cette ville. Je suis arrivé ici en tant qu’indépendant et ma femme m’a rejoint… pour accoucher quinze jours plus tard ! L’affolement. Évidemment, les histoires de crèches et autres, on n’a pas pu s’en occuper. Résultat ? 1 000 € de crèche privée pour les deux. Plus 900 € de loyer, charges comprises. Je suis le seul du couple à travailler et mon poste est très précaire. Derrière les chiffres, il y a la réalité des familles. Et la nôtre est rude. Très rude. »

Gregory, deux enfants de 10 mois et 3 ans
« Un conseil : ne faites pas d’enfants rapprochés, la facture est trop salée. Je suis surpris qu’il n’y ait que 65 % des parents qui se plaignent. On nous dit que c’est calculé par rapport à nos revenus, c’est vrai dans les crèches publiques, mais ça reste très cher. Je vais sortir un énorme cliché, mais il faut quand même le dire dans votre journal : avec les impôts que l’on paye dans ce pays et qui sont parmi les plus élevés d’Europe, ce n’est pas normal qu’on douille autant. Suis-je le seul à trouver ça énorme ? »

 Valère, un garçon de 2 ans et demi
« Si l’étude devait se limiter à l’établissement de mon petit, vous auriez atteint le chiffre de 100 % de satisfaction, tant c’est un plaisir d’y laisser ses mômes. Les puéricultrices qui y travaillent sont disponibles, elles font un résumé de la journée pour chaque parent. Elles sont souples avec les horaires et, surtout, on sent qu’elles sont attachées aux enfants. Et pour ne rien gâcher, je dois avouer qu’elles sont vraiment très jolies. Vous penserez bien à changer mon prénom, hein ? »

Felipe, deux garçons de 2 et 6 ans
« Personnellement, je fais partie des 15 % de mécontents concernant le personnel. Dans la crèche où était notre fils aîné, c’était l’armée. On ne pouvait rester que dans une espèce de corridor étriqué et peu pratique. Les puéricultrices nous arrachaient les enfants des bras sans nous dire bonjour et encore moins au revoir. On ne savait rien de ce qui s’était passé de la journée et il y a même eu un incident avec un des membres du personnel qui a secoué un enfant. Et bien sûr, aucune communication pour nous expliquer le pourquoi du comment. Résultat : je n’y ai pas remis mon cadet. »

Pakita, trois enfants de 2, 6 et 8 ans
« Les parents sont conscients que ce qu’on appelle ‘compétence’ du personnel encadrant, c’est un mélange subtil de pas mal de qualités. Il faut être doux et autoritaire. Patient, mais ferme. Il faut se mettre les parents dans la poche et être surinvesti dans le rapport aux enfants. On combine rapport familial-familier parfois et attitude professionnelle. Et le plus dur, c’est que tout ceci doit se faire de façon naturelle. C’est presque un don au final. »

Sofjan, trois garçons de 10 mois, 5 et 10 ans
« Je ne sais pas ce que vous entendez par accessibilité. La crèche de mes aînés était située dans une zone commerciale, perdue au milieu de rien. Pour accéder à l’espace crèche, il fallait monter un long escalier dans un couloir très étriqué. L’idéal pour mon cadet qui est en fauteuil… Depuis, on a changé d’établissement. Je fais partie d’une asbl de parents d’enfants en situation de handicap. Et je peux vous assurer qu’en termes d’aménagement, il y a encore beaucoup à faire dans les différents lieux d’accueil. »

Dominique, deux enfants de 22 mois et 8 ans
« Je suis d’accord avec vous pour les tarifs trop élevés. Je trouve que l’amabilité et les compétences du personnel de ma crèche sont géniales. Par contre, côté accessibilité, ça ne va pas du tout. Si c’est dans les grandes villes, il faut se farcir le trafic, le piétonnier et le manque de places. Donc, merci les poussettes, les sacs et autres affaires ! Et si c’est dans des zones très rurales, il faut un 4x4. On est nombreux à se plaindre dans mon entourage… »

Ce que la Ligue en pense…

347 € : c’est ce que les parents dépensent en moyenne pour la garde de leur enfant de moins de 3 ans. À Bruxelles, l’accueil coûte encore plus cher puisque 1 parent sur 4 dépense plus de 800 € par mois :

  1. parce que, d’après une recherche de la Ligue, les enfants à Bruxelles sont accueillis plus de jours par semaine que les enfants wallons,
  2. parce que, suite à la pénurie de places plus forte dans la capitale, les parents sont obligés de s’inscrire dans une crèche privée dont le coût moyen est de 446 € contre 315 € dans la structure publique.

La Ligue plaide pour que le politique prenne la mesure de l’importance de l’investissement public dans l’accueil de la petite enfance. La révision du barème des prix, autrement dit la participation financière parentale, doit être une priorité de la réforme du secteur à venir.

Myriam Katz et Yves-Marie Vilain-Lepage