Vie de parent

La crèche, un lieu clé
pour soutenir la parentalité

Nous sommes fin août, les vacances paraissent déjà loin et la rentrée des classes pointe le bout de son nez. Les élèves se préparent mais ils ne sont pas les seuls. Des enfants plus petits vont eux aussi franchir un grand pas dans les jours à venir, celui de la crèche. On en parle moins, mais elle constitue pourtant une étape importante pour le développement de l’enfant et la promotion de l’égalité des chances. Elle est aussi un lieu clé pour soutenir et accompagner les parents.

La crèche, un lieu clé pour soutenir la parentalité

L’accueil en crèche, hier et aujourd’hui

Les premières crèches sont apparues en Belgique en 1845. Deux missions leur étaient alors attribuées : garder les jeunes enfants et préserver la santé des enfants issus de familles en situation de pauvreté. À cette époque, les crèches prennent essentiellement en charge la propreté, l’habillement et le repas des jeunes enfants.

Dans les années 1970, les crèches s’ouvrent à tous les enfants et leur rôle éducatif tend doucement à être reconnu à côté des préoccupations hygiénistes. Dans les années 1990, deux nouvelles missions apparaissent pour les crèches : participer au bien-être de l’enfant et valoriser les pratiques éducatives en partenariat avec les parents. La notion de soutien à la parentalité est née. Néanmoins, dans la pratique, cet engagement a malheureusement des difficultés à se concrétiser et à se généraliser.

Soutenir la parentalité, c’est quoi ?

Le soutien à la parentalité se comprend comme l’accompagnement des parents dans leur rôle éducatif. Plus concrètement, il s’agit pour les professionnel·le·s de l’accueil de :

► permettre aux parents de concilier leurs responsabilités professionnelles, leurs engagements sociaux et leurs responsabilités parentales ;
► jouer un rôle de prévention sociale ;
► reconnaître les capacités parentales et favoriser l’ouverture et l’écoute aux parents en respectant les spécificités familiales.

Les parents : des partenaires

Le regard des professionnel·le·s sur les familles n’est pas sans conséquence sur le sentiment d’exclusion que peuvent ressentir certaines d’entre elles (souvent les familles les plus précarisées). Reconnaître les situations de précarité des familles dans une approche positive et engager des interactions de qualité (dialogue, respect, ouverture, collaboration, apprentissage mutuel, etc.) constituent des éléments essentiels pour construire un lien de confiance entre les professionnel×le×s et les parents. Professionnel·le·s et parents doivent apprendre à co-construire un savoir et à entrer dans une démarche de co-éducation pour que chaque enfant se sente le bienvenu en crèche.

La place des parents en crèche

La place laissée aux parents dans les crèches dépend notamment du positionnement des professionnel×le×s, de leurs compétences et des moyens qui leur sont donnés. En France, un décret datant de 2000 prévoit l’obligation pour les milieux d’accueil de renforcer les compétences parentales et de considérer les parents comme des acteurs incontournables. Les établissements français sont invités à les valoriser et à les encourager à participer à la vie quotidienne du lieu d’accueil. Pourquoi ne pas formaliser comme en France la place des parents dans les crèches en Fédération Wallonie-Bruxelles ?

Un élément clé : la formation

En France, la nécessité de faire évoluer les qualifications professionnelles du personnel d’accueil a été pointée comme l’élément central du soutien à la parentalité, le travail avec les parents nécessitant de nouvelles compétences à acquérir.
En Belgique, la formation du personnel d’accueil était à l’origine centrée sur l’hygiène et les soins. Les préoccupations éducatives et pédagogiques, le bien-être des enfants ainsi que le travail avec les parents ont émergé au fil du temps sans que la formation initiale évolue.

Pourtant, au-delà de la technique et des savoirs, les professionnel×le×s doivent développer des compétences spécifiques pour soutenir les parents et les accompagner dans leur diversité. Des compétences réflexives, d’analyse, de recherche ainsi que relationnelles et organisationnelles doivent être enseignées pour que les professionnel×le×s puissent accueillir, accompagner et soutenir les parents afin de leur permettre de développer leurs capacités et leur confiance en eux.
Le soutien à la parentalité en crèche et la réforme de la formation initiale du personnel d’accueil seront des enjeux incontournables pour le nouveau gouvernement en Fédération Wallonie-Bruxelles… La Ligue des familles y restera attentive.

Amélie Hosdey-Radoux, chargée d’études à la Ligue des familles