Vie de parent

La déprime automnale touche aussi les enfants

En cette période de grisaille, on est plus stressé, plus fatigué, plus déprimé. Ce coup de blues saisonnier peut aussi toucher les enfants.

La déprime automnale touche aussi les enfants

Les jours raccourcissent, on a changé l’heure, le soleil est bas, le mercure est en chute libre, le ciel est gris… Chaque année, à l’automne, le même constat : on est plus fatigués, plus stressés, plus tristes, d’humeur cafardeuse. Ce blues saisonnier, lié notamment au manque de lumière, touche environ une personne sur six.
« Il y a une accentuation durant les mois d’octobre, novembre et février-mars : le manque de lumière et la baisse de sécrétion d’ocytocine (dites « hormone du bonheur », NdlR) entraînent une modification hormonale », explique Jean-Marie Gauthier, psychologue de l’enfant et de l’adolescent de l’ULg. Ce coup de mou, à la fois moral et physique, peut parfois durer tout l'hiver. Et fait surprenant : il peut aussi toucher les enfants.

Les enfants rarement dépistés

Des études, notamment canadiennes, démontrent que les enfants aussi peuvent être victimes de dépression saisonnière, et ce, dès la maternelle. La déprime chez les petits est rarement dépistée. On va peut-être considérer trop vite que pour l’enfant qui a du mal à se lever pour aller à l'école ou qui est tout le temps fatigué, ce n’est qu’un moment passager, voire de la fainéantise. Et le pédiatre abondera peut-être dans ce sens.
Qu’on se rassure, son blues saisonnier n’est pas forcément la faute de papa ou maman. « On a tendance à penser que la santé mentale d’un enfant dépend de ses parents, mais il n’y a pas de conséquence directe. Ce phénomène peut être indépendant. L’enfant a une autonomie psychique », assure Jean-Marie Gauthier.

Quels sont les signes ?

Les parents doivent être attentifs aux symptômes. Chez les adolescents, les signes du coup de blues sont assez faciles à percevoir. Certains adolescents se mettent à manger beaucoup plus, peut-être pour compenser la fatigue qu'ils ressentent. C’est aussi un caractère qui change, un mal-être qui s'installe... « On va rapidement le voir chez les jeunes filles. Chez les garçons, on observera une plus grande agitation, un comportement plus chaotique, voire la consommation de drogues, comme le haschich… », ajoute le psy.
Chez les enfants, comme chez les adolescents, on voit apparaître :

► des maux de tête,
► des troubles du sommeil.

Chez les plus petits :

► une humeur changeante, passant du rire aux larmes en peu de temps,
► un enfant grincheux,
► un problème de nourriture.

Il ne faut bien entendu pas paniquer dès qu’il passe une mauvaise nuit ou qu’il refuse de terminer son assiette. « C’est une accentuation de petites choses qui peuvent être occasionnelles d’habitude ».

Comment réagir ?

Si on constate que ces symptômes s’aggravent et s’installent dans la durée, une seule chose à faire : en parler directement avec l’enfant. Lui demander pourquoi il est si découragé, pourquoi il a peur d’aller à l’école ? Et lui expliquer pourquoi, l’hiver, il fait plus noir, plus froid, plus triste… « Il faut être attentif à l’enfant et lui montrer qu’on le soutient. La plus mauvaise méthode est de faire comme si de rien n’était. »
Pour remédier à cette dépression infantile, pas question de recourir aux antidépresseurs, bien sûr. On pourra ainsi l’inciter à aller dehors, afin qu’il se retrouve au contact de la lumière du jour, même sous les nuages, puisque c'est bien le manque de luminosité qui est à l'origine de ce type de coup de blues.

Stéphanie Grofils