Vie de parent

La difficulté des familles à respecter les règles

Quel sens a tout ça ? Sauver des vies bien sûr. Celle de papy, mamy, de celles et ceux à la santé physique fragile. « Mais quelle vie ?, nous disent de plus en plus de parents aujourd’hui. Si c’est pour vivre dans ces conditions-là, à quoi ça sert ? ». Au Ligueur, on a décidé de parler de ces voix dissonantes. On a hésité. On a longuement réfléchi à notre responsabilité et à celle des parents.

La difficulté des familles à respecter les règles

Finalement, nous avons mis les mains dans le cambouis. Nous n’avions pas envie de faire semblant de ne pas voir que certaines familles ont de plus en plus de mal à respecter les règles. L’idée n’est pas de dire : ‘Regardez, ceux-là ne respectent rien, alors à quoi bon continuer à ‘obéir’ ? ». Non. Nous ne cautionnons rien. Nous ne jugeons pas. Nous constatons. Fin janvier, moins de la moitié de la population était encore motivée à respecter les mesures selon une étude de l’UGent.

Ensuite, nous analysons. Oui, c’est bien normal qu’après un an, nous ne soyons plus des familles « confinées, chamboulées mais reliées » comme le disait notre une d’avril 2020 en plein cœur du premier confinement. Nous sommes plutôt « fatigués, démoralisés, tiraillés », selon une de nos expertes qui analyse pourquoi il est de plus en plus difficile de respecter les règles. Reconnaître la difficulté du parent dans ce contexte nous semblait important.

Constat, analyse… propositions !

On fait quoi avec tout ça ? On a donné la parole à des associations en lien avec la famille. Elles ont fait leurs propositions. Nous ne disons pas que c’est ce qu’il faut appliquer, mais que nous pouvons en débattre.

Nous pouvons apporter de la nuance aussi. Avec deux chercheurs de l’UCLouvain qui ont osé, eux aussi, regarder la réalité en face. Nous espérons que leurs points de vue apporteront un peu de hauteur. Car il nous semble qu’il est tout à fait possible de remettre en question certaines règles sans être complotiste et, au contraire, d’y adhérer sans être des moutons. Nous n’avons pas envie de surfer sur la colère ou la peur des familles. Nous voulons simplement décloisonner, dépolariser, casser les bulles, si ce n’est pas physiquement, au moins mentalement. Amener à réfléchir, à se mettre à la place des autres, en somme à aménager un vivre-ensemble solide, paré à affronter vents et marées.

Dossier réalisé par Marie-Laure Mathot et Yves-Marie Vilain-Lepage