Vie de parent

« La journée des familles ?
C’est un peu une blague, non ? »

Rien de changé pour le Ligueur, pour qui la Journée des familles est discipline quotidienne. Et pour les familles ? Ont-elles le cœur en fête en ce jour ? Et qu’est-ce que ça leur évoque ? Une petite balade dans la rue nous a permis de comprendre pourquoi cette journée passe un peu inaperçue dans l’esprit des citoyens.

« La Journée des familles ? C’est un peu une blague, non ? »

La journée des familles, elle colle à l'ADN du Ligueur. Elle est née de la volonté de l’Assemblée générale des Nations Unies, qui a mis sur pied cette manifestation de façon à marquer l'importance que la communauté internationale attache à la famille - de toutes les familles - comme cellule de base de la société.
Avant de partir à la rencontre de quelques parents, certains pestent dans nos propres locaux : « Après la fête des mères, la Journée des familles ? Et comment ça se fête ? ». Justement, nous allons voir ça tout de suite.

« Jamais entendu parler ! »

À califourchon sur la problématique parentale, armés de chiffres, le Ligueur est paré à rencontrer les parents. « Qu’est-ce que ça vous évoque, la Journée des familles ? ». Vous l’aurez compris, le prétexte consiste surtout à vous faire parler de vous.
On croise Stéphane, papa de trois enfants de 6, 8 et 13 ans, à bord de son vaisseau familial. « Ah bon ? La Journée des familles ? Je n’en avais jamais entendu parler. A priori, pour moi, ça sonne un peu comme une blague. Je ne me vois pas fêter ça ce soir, par exemple ».
Même sentiment pour Caroline, rencontrée plus loin, maman solo d’une petite fille de 11 ans qui n’y va pas par quatre chemins : « Ça ne m’évoque rien du tout et d’ailleurs je déteste ce nom. Pour moi, c’est une vaste couille ». Comme si la famille faisait peur, voire qu’elle évoquait quelque chose de désuet. Voyons pourquoi.

La famille, oui, mais élargie

Anaïs, policière, prend quelques minutes de son précieux temps pour répondre. « Oui, j’en ai entendu parler de cette journée. Et je trouve ça très bien. Pour moi, c’est comme une récompense du travail accompli. J’ai deux enfants de deux mariages différents. Nous vivons dans une problématique quotidienne de familles recomposées et c’est beaucoup de boulot, de stress et de pression. Une journée comme celle-ci, c’est l’occasion de montrer aussi ce qu’est la famille en 2018. Autre chose qu’un papa, une maman et leurs enfants. Je me sens très peu représentée, par exemple ».
Constat partagé par Caroline. « C’est ça qui serait génial, une fête qui prenne en compte la famille élargie. Les amis, les voisins, ceux avec qui on partage les choses du quotidien. Si cette journée pouvait servir à remettre en avant l’importance des relations au-delà du cercle familial et célébrer le lien social, ce serait fantastique ».
Ils sont plusieurs à évoquer le côté trop restrictif de la famille. « C’est une sorte de contrainte, la famille, nous dit Stéphane. Ça fait presque peur. Quand on dit que l’on a une réunion familiale, personne répond ‘Oh ouah, t’as trop de chance, pfff, moi je vais à un concert'. Sortir de la vision nucléaire, pour moi, c’est acquis. Sortir du lien du sang, pas encore. En tant que parent, je compte plus sur mes meilleurs amis que sur des appuis familiaux. Il faudrait que ce soit reconnu au niveau public, ça ». Va pour la famille. Et les parents, dans tout ça ?

Comment les parents se voient ?

Régulièrement, la Ligue des familles et le Ligueur mènent des études pour bien comprendre la famille, les parents et leurs préoccupations. Ce qu’il en ressort ? Pour bon nombre d’entre vous, être parent, c’est d’abord des responsabilités, ensuite de l’amour et enfin une relation qui rime avec partage, projet, etc. Une vision que partagent nos parents rencontrés au débotté.
Stéphane commence : « Je fais une distinction entre famille et parentalité. Le rôle de parent, je l’associe d’abord aux tâches. L’éducation, avant tout. J’y mets tout dedans. Même l’amour. C’est la plus belle forme d’éducation, d’ailleurs ».
Idem pour Anaïs : « Plus que la responsabilité, je parlerais de devoir. J’en ai auprès de mes enfants, comme ils en ont auprès de moi. Pour moi, tout tient aux questions liées aux droits et aux devoirs, en un mot : le cadre ».
Enfin, pour Caroline, il est encore question de voir plus loin : « Tant pour le rôle du parent que celui de la famille, il est important de sortir d’une vision qui se referme sur soi. Encore plus quand on raisonne en termes de monoparentalité. Pour élever un enfant, pallier ces besoins, il ne faut pas avoir peur de faire appel aux aides, aux influences au-delà des quatre murs de notre maison ».
La voilà peut-être, l’ambition de cette journée, à notre hauteur. Rappeler les fondamentaux et renouveler la vision du clan. Rapproché ? Éloigné ? Au final, on s’en fiche. Parce qu’une famille, c’est une redéfinition perpétuelle. Ce qui en fait certainement sa force et sa splendeur.

Yves-Marie Vilain-Lepage

Non, ce n’est pas une blague !

Et pour rassurer Stéphane, non, c’est très sérieux, la Journée des familles. Chaque année, elle met à l’honneur des thèmes comme la conciliation entre la vie professionnelle et la vie personnelle, l'accès au logement pour les familles monoparentales, l'égalité des droits pour les enfants, l'inclusion des personnes handicapées à l’école, la problématique des places dans les écoles... Elle a inspiré toute une série d’actions et de sensibilisation dans de nombreux pays. L’occasion de mettre sous le feu des projecteurs différents points.
Les bonnes pratiques en matière d'équilibre entre le travail et la famille, par exemple. Cela, afin d'aider les parents dans leurs rôles scolaires et les soins à prodiguer indispensables.
Les bonnes pratiques du secteur privé aussi. Appuyées par des parents, ainsi que des jeunes et des personnes âgées sur le lieu de travail, certaines seront également mises en valeur, à cette occasion.
Pour en savoir +, découvrez le rapport mondial de suivi sur l’éducation.

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