Vie de parent

La malbouffe ? Pas seulement à l’école

Oh oui, pourvu qu’ils grandissent en bonne santé, nos petits chéris ! Bien sûr, il y a les maladies, les bobos et les microbes qu’on ne voit pas toujours venir. Mais si on peut déjà leur éviter d’avaler trop de cochonneries et les éloigner de la pollution, on est déjà dans le bon.

La malbouffe ? Pas seulement à l’école   - © Bea Uhart

Y’en a marre des bonbons !

Florence, maman de Lily, 3 ans
« Ma fille est rentrée à l’école. Le plus gros changement pour nous par rapport à la crèche, c’est son alimentation. On se prend la tête, jour après jour, pour organiser la gourde et les collations et, malgré ça, on se rend compte qu’elle mange n’importe quoi à l’école. Elle boude sa soupe à midi et troque ses fruits et collations saines contre des bonbons collants aux couleurs douteuses amenés par ses copines. Le week-end, on essaye de compenser en mangeant plein de fruits et de légumes, mais à la moindre festivité, rebelote. Elle revient avec un sachet rempli de bonbons alors qu’elle a déjà passé son après-midi à se goinfrer de sucreries. Cerise sur le gâteau, elle commence à avoir mal aux dents ! C’est possible d’avoir déjà une carie sur une dent de lait ? »

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L’attractivité des bonbons, dur, dur d’y résister pour nos petits gourmands. Même les dentistes interrogés sur le sujet nous ont confié qu’il était pratiquement impossible de les interdire complètement à nos enfants. Alors, pour limiter la casse dentaire, quelques petits trucs.

Orgie. Tant qu’à manger des sucreries, mieux vaut faire une grosse orgie, en une fois, plutôt que de déguster un seul bonbon chaque jour. Après le régal, on avale et on fait travailler la salive pour qu’elle commence à nettoyer les impuretés collées aux dents. Et pour accélérer le nettoyage, rien de tel qu’un grand verre d’eau juste après les bonbons.

Jus de fruits. Autre bon réflexe pour épargner les dents de nos enfants : supprimer ou réduire au maximum les jus de fruits. Ils sont bus tellement vite que le sucre qu’ils contiennent se colle partout dans la bouche et sur les dents. Préférez donc un fruit frais pour les vitamines. Sa mastication stimule la salivation et donc le nettoyage de la bouche.

Brochettes. L’avantage des fruits, c’est qu’ils plaisent souvent à tous, pour les collations comme pour les anniversaires ! Avant le traditionnel gâteau, vous pouvez proposer des brochettes de fruits arc-en-ciel ou laisser des fruits secs à la disposition des grignoteurs. Attention : ne pas donner de fruits secs avant 4 ans pour éviter les étouffements ou alors les découper en petits morceaux.

École. Certaines écoles font même des sucreries leur combat. Elles interdisent les jus, sodas et bonbons, instaurent des jours de collation saine. D’autres écoles proposent aux parents d’apporter à tour de rôle une collation fruitée ou faite maison pour toute la classe. Comme ça, pas d’échanges, ni de disputes possibles à la récré. Chaque estomac est rempli de bonnes choses et c’en est fini des tracas au quotidien… à condition de ne pas oublier son tour !

Dentiste. Enfin, deux bons réflexes à avoir. Un brossage des dents minutieux le soir avant de dormir et une visite annuelle chez le dentiste avec votre enfant dès ses 2 ans ou avant, si une dent vous paraît suspecte (couleur, douleur…). L’avantage de notre pays, c’est que, pour les moins de 12 ans, les soins dentaires sont gratuits.

Le brocoli pas très gentil

Anabele, maman de Jacob, 2 ans
« Mon fiston a une alimentation très sélective pour l’instant. Il boycotte les légumes et veut encore et toujours plus de viande. Il daigne manger des pommes de terre et des féculents, mais pas de brocoli, ni de courgette, ni de tomate… Le seul légume qu’il mange, c’est le concombre. On craint des carences, à la longue. »

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Comment faire déguster des panais et de la soupe de potiron à nos enfants qui ne rêvent que de pâtes au ketchup ? Pas simple, surtout vers 2 ans, quand l’enfant explore la puissance du « NON ! » à toutes les sauces.
2 ans, c’est aussi l’âge de la néophobie, la peur de ce qui est nouveau, de ce qu’on ne connaît pas encore, d’un nouvel aliment. Heureusement, cette période cesse un jour. Et en attendant, on peut proposer une alimentation variée à notre petit·e gourmand·e. Le secret réside dans une sacrée dose de patience et un brin d’imagination. De la patience pour ne pas se décourager et réessayer encore et encore. Une grimace face à un plat d’aubergines ne signifie pas que votre enfant les détestera pour toujours. Les goûts changent et évoluent.

Re-goûter. Certains enfants ont besoin de goûter plusieurs fois un aliment avant de l’apprécier, jusqu’à vingt fois pour certains nous assure une diététicienne. Parfois, c’est la forme ou l’assaisonnement qui ne plaît pas. À vous de varier les plaisirs en diversifiant la cuisson, la recette ou la présentation des légumes. Cuisez-les une fois à la vapeur, la fois suivante au four, plus tard à la poêle. Coupez-les en cubes, en frites, en forme de fleur ou en montagne de purée et, surtout, faites participer l’enfant à la préparation des repas. Il peut laver les légumes, les manipuler et sentir leur odeur, c’est déjà une invitation à les goûter.

Quantités. Pour les quantités, par contre, il y a des quotas conseillés. Ils sont connus : 10 grammes de protéines par année de l’enfant. À 2 ans, 20 grammes de viande, poisson ou œuf par jour suffisent. Si l’enfant mange trop de protéines, ce n’est pas bon pour les reins, il aura besoin de boire plus d’eau et risque de se réveiller la nuit pour étancher sa soif.
N’obligez jamais un enfant à terminer une assiette qu’il n’a pas remplie lui-même. Servi trop généreusement par un adulte qui a faim, il risque de se sentir obligé de manger ce qu’il a devant lui, au détriment peut-être de ses réels besoins, ce qui peut le mener au surpoids. L’idéal, c’est de le laisser se servir lui-même car il est le mieux placé pour évaluer son appétit. Dès 3 ans, cet exercice est possible !

Lait de croissance. 2-3 ans, c’est l’âge où, du jour au lendemain, il n’aime plus rien sauf l’un ou l’autre aliment. On comprend que les parents s’inquiètent. A-t-il tous les nutriments pour bien grandir ? Rassurez-vous, tant qu’un enfant boit ses 400 à 500 ml de lait de croissance, il aura ses doses de fer, de zinc… et les éléments essentiels dont il a besoin. Ce lait se boit jusqu’à 3 ans environ, mais dans une tasse, plus au biberon.

La pollution à hauteur des poussettes

Anne-Laure, maman de jumeaux de 1 an
« À pied ou à vélo, on prône la mobilité douce pour éviter de trop polluer nos villes. Problème : les pots d’échappement des voitures continuent de cracher leur gaz puants et ce sont nos petits trésors en poussette qui respirent cela à pleins poumons lorsqu’on se faufile dans la circulation. Pas étonnant que le nombre de bronchiolites et d’asthmatiques augmente ! »

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C’est vrai, les enfants sont particulièrement vulnérables à l’impact des particules fines et du dioxyde d’azote rejetés par les voitures. Une mini-consolation, quand même, pour les cyclistes et piétons : ils respirent un air moins pollué que les automobilistes.
« Si les enfants étaient dans une voiture, ce serait pire, déclare Joeri Thijs, de Greenpeace. L’air respiré à l’intérieur d’une voiture est plus pollué que celui qu’on respire lorsqu’on se balade à pied à l’extérieur. Et si la voiture est coincée dans un embouteillage, c’est plus grave encore car l’air envoyé par la soufflerie a été happé près du pot d’échappement de la voiture qui la précède ».
Voilà déjà au moins une bonne raison de continuer notre course poussette du matin ou notre tour en bakfiets pour poser nos enfants à l’école. Mais ce n’est pas tout !

Aux abris ! En attendant qu’on remplace les voitures par des tapis volants, d’autres gestes conseillés par Greenpeace permettent d’éviter que nos petits ne respirent trop de particules fines lors des balades en ville. 
Lorsque vous marchez sur un trottoir, avancez plutôt du côté des maisons et pas près de la rue et des voitures en circulation. Cette petite distance mise entre les pots d’échappement et vous permet de respirer un air un peu moins pollué. Idem à un carrefour. Lorsque vous attendez que le feu passe au vert pour traverser, éloignez-vous de la chaussée, l’air respiré n’en sera que meilleur. Autre conseil encore, valable pour les cyclistes aussi : évitez les grands axes forts fréquentés par la voiture et privilégiez les trajets qui passent par des petites rues, même si ça prolonge le parcours d’une ou deux minutes.

Hybride. Si c’est possible pour vous, évitez d’avoir recours à l’essence et au diesel ou diminuez la consommation en choisissant une voiture hybride (Retrouvez notre article Électrique-hybride : le courant passe de mieux en mieux). Vous pouvez aussi, si vous en avez les moyens, choisir une petite voiture électrique en ville ou mieux encore, utiliser vos pieds, un vélo, les transports en commun ou privilégier le covoiturage ou les autos partagées. Et si vous roulez en voiture, levez le pied pour rouler moins vite, ça pollue moins et en cas d’accident, les conséquences sont moins graves.

La marche loin des pesticides 

Olivier, papa d’Oscar et Violette, 13 mois et 4 ans
« En semaine, on fait souvent le tour du quartier avec le petit en poussette et la grande qui file en draisienne. Si on sort Oscar de la poussette, il fait deux-trois pas, puis ramasse des mégots, joue avec les boîtes aux lettres et finit à quatre pattes sur le trottoir au milieu des crottes. Dès qu’on peut, on file au vert prendre l’air. On espère qu’un grand espace lui donnera plus envie de marcher. Sauf qu’avec les pesticides propulsés dans nos campagnes, on ne sait plus trop où aller pour faire gambader nos gamins. »

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Quelle bonne idée, de prendre en direct de la vitamine D sous le soleil, même pâlot, de notre pays ! Pour trouver son équilibre sur deux roues, rien de tel qu’un grand espace aéré (et sans voiture !). Pour la marche, ça s’explore… pas à pas. Et ça commence souvent chez soi, contre un mur, en s’appuyant sur la table basse, en donnant la main ou les doigts de papa…
Une fois l’équilibre trouvé et les petits pieds synchronisés, votre enfant voudra certainement explorer son univers vu d’un peu plus haut. C’est le moment de faire le tour de votre intérieur pour vous assurer que votre petit n’ait pas accès à des objets ou produits dangereux pour lui. Et puis surtout, vous pourrez le sortir de la poussette lors de promenades au grand air.
« Ce serait faux de croire que la campagne est polluée partout et pleine de pesticides. Certains coins proposent de l’air pur », rassure d’emblée Joeri Thijs, expert de la qualité de l’air chez Greenpeace. On n’a pas trouvé de carte répertoriant les coins les moins pollués de Belgique et la saison des épandages a repris depuis fin janvier (sauf les jours de neige). Alors, si comme Olivier, vous voulez être sûr·e de respirer de l’air pur, filez en forêt, de belles balades vous y attendent. Les poussettes ne passent pas toujours, mais il y a moyen de s’arrêter en chemin pour ramasser des trésors ou même faire des cabanes et ça, c’est vraiment top.

Estelle Watterman

Zoom

Les étapes avant la marche

Ramping, quatre pattes, assis et puis deboutLa motricité est préprogrammée au niveau cérébral. Pas besoin d’apprendre à votre enfant à marcher. S’il a la liberté de se mouvoir sans être attaché dans un transat ou coincé dans un parc, il explorera par lui-même différentes positions.
Tout petit, il commencera sur le dos, basculera ensuite sur le côté puis sur le ventre. Ensuite, il roulera du dos au ventre et du ventre au dos, avant de ramper et progressivement se mettre à quatre pattes. C’est à partir de cette position-là qu’il pourra s’asseoir tout seul en équilibre et sans coussin pour le caler. Après, il se mettra à genoux et puis debout.
Pour l’accompagner dans cette évolution, n’oubliez pas de veiller à la sécurité de l’environnement de votre enfant et encouragez-le dans ses essais, parfois vains, parfois frustrants mais finalement toujours payants. Et même si c’est tentant, résistez à la tentation de le mettre assis avant qu’il ne maîtrise lui-même cette position et son équilibre.

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