La mobilité : la galère quotidienne
des parents

Voici quelques semaines, en marge de son analyse Mobilité, rien n’est pensé famille !, la Ligue des familles vous lançait un appel via un concours photos : on vous demandait de raconter, en images, vos galères de mobilité parentale. Et le gagnant est… Boris D’Or (Andenne) qui nous conte ici l’histoire de ce cliché et, surtout, la manière dont sa famille se déplace au quotidien.

La mobilité : la galère quotidienne des parents - Zigzaguer entre les voitures : la galère quotidienne des élèves (et de leurs parents) devant leur école, à Andenne. © Boris D’Or

Une voiture arrêtée au milieu du trottoir, les quatre indicateurs de direction allumés, comme pour mieux se faire remarquer encore. La scène, immortalisée ce matin-là par Boris au moment d’accompagner, à pied, les plus jeunes de ses quatre enfants à l’école, se reproduit chaque jour depuis des années. Faute de places de stationnement à proximité de l’école, bon nombre de parents s’immobilisent momentanément sur le trottoir, obligeant les écoliers ou les adultes avec des poussettes à se mettre en danger en circulant sur la voirie.
Un danger qui en cache d’autres puisque les (jeunes) piétons et cyclistes doivent aussi circuler au milieu du chassé-croisé des automobiles qui, sur cette même portion de trottoir, tentent de s’extirper du minuscule parking (à gauche, sur la photo), situé devant cette école qui accueille 800 enfants. Boris le craint : un jour, l’un d’eux se fera renverser. Malgré ses interpellations auprès de la direction et des autorités communales, aucun aménagement n’a encore été mis en place. Pourtant, ce père de famille a la solution : faire passer, à cet endroit-là, le trottoir devant le parking, donc le long des bâtiments plutôt qu’à front de rue.

Six vélos qui changent la vie

Un cliché et une implication en matière de mobilité qui est à la mesure des choix que Boris et son épouse Virginie ont fait en venant s’installer en ville plutôt qu’à la campagne. « C’est vrai, on a fait une croix sur un grand jardin. Mais tous nos déplacements quotidiens peuvent se faire à pied ou à vélo. L’école, les magasins, le sport, les mouvements de jeunesse, la culture… tout est accessible facilement. Faute d’un système de voitures partagées à Andenne, on a bien notre auto, mais qui sert peu, uniquement pour nos déplacements hors de la ville ».
Et notre père de famille de nous indiquer les deux arguments qui ont été prioritaires au moment de choisir leur logement en ville : une gare à moins d’un kilomètre et une habitation qui permette les chassés croisés incessants des six vélos de la famille.
Alors, oui, Boris raconte que sa tribu bute au quotidien sur bien des écueils : de l’absence de pistes cyclables dignes de ce nom en passant par les arceaux à vélo peu nombreux ou mal conçus pour attacher au mieux sa monture à pédales sur le trottoir. Qu’importe, au bout du compte, les avantages sont nombreux : pour le portefeuille comme pour l’organisation familiale. Mais aussi pour l’autonomie des enfants. Et Boris de conclure, comme pour faire écho à l’analyse Mobilité, rien n’est pensé famille ! (Voir encadré ci-dessous), qu’à Andenne, tout reste à inventer en matière de mobilité parentale…

A. T.

En savoir +

Mobilité, rien n’est pensé famille !

Cette nouvelle analyse du service Études et action politique de la Ligue des familles se penche sur les caractéristiques de la mobilité des parents (déplacement majoritairement aux heures de pointe, impondérables liés aux activités extra-scolaires des enfants, équipement indispensable pour transporter les plus jeunes), avant de recenser les problèmes rencontrés par les parents, qu’ils soient des usagers de la voiture ou des transports en commun ou encore des adeptes de la mobilité douce. La conclusion est sans appel : en matière de mobilité, rien (ou presque) n’est conçu pour les besoins des parents !
Si comme Boris vous avez envie de témoigner et de nous raconter votre quotidien de parent mobile, envoyez un mail à a.woelfle@liguedesfamilles.be