Vie de parent

La norme hétéro s’estompe
pour un arc-en-ciel encore nuageux

Ciel plombé, en mars dernier, au dessus de Beveren. Un homme de 42 ans est assassiné. La piste d'un acte homophobe est envisagée. Suite à cela, la chaîne LN 24 propose un débat sur l’inclusion des personnes LGBTQIA+ (sigle utilisé pour qualifier les personnes lesbiennes, gays, bisexuelles, trans, queers, intersexes et asexuelles).

La norme hétéro s’estompe pour un arc-en-ciel encore nuageux

Noah Gottlob, psychologue inclusif, y participe : « Cette agression est bien sûr dramatique et attire donc les regards et les projecteurs. Mais il est important de voir toutes les formes de violences et de discriminations, de la plus spectaculaire à la micro-agression quotidienne qu’une personne qui va s’écarter de la norme subit quotidiennement ».

Sophie Peloux, coordinatrice du pôle pédagogique à l’asbl O’Yes, spécialisée dans l’éducation et la promotion de la santé, de compléter : « On est un peu trop hétéronormé dans la manière dont on parle, en général, des relations amoureuses et affectives. C’est important de pouvoir changer cela pour pouvoir permettre aux jeunes et aux adultes d’être plus ouverts sur tout ce qu’il se passe. C’est la réalité humaine ».

Des spécificités, mais pas de cases

C’est vrai. Au Ligueur aussi, on a tendance à parler de papa et maman. Quand il s’agit du partage des tâches, des changements hormonaux ou même dans les illustrations de nos articles. On a donc voulu faire le focus sur les familles homoparentales, comme on l’a déjà fait pour les familles monoparentales, par exemple.

Ces familles ont leurs spécificités et c’est important d’en parler pour ne pas exclure. « On se sent exister dans la manière dont l’autre va nous reconnaître, explique Noah Gottlob. Les schémas familiaux en font partie. Si l’autre ne reconnaît pas notre schéma, c’est compliqué de faire exister sa famille au niveau psychique. D’où l’importance de reconnaître les vécus ».

Nous avons donc voulu aborder les défis qu’il restait à relever pour les parents homos. En parler sans pour autant les mettre dans une case que l’on pourrait cocher en se disant « Ça, c’est fait ». C’est en représentant cette diversité tout au long de l’année et à travers nos articles que l’inclusion sera réussie.

Moins de normes, plus d’ouverture

Comme en témoignent les parents interviewés, au final, les préoccupations des familles homoparentales sont les mêmes que celles des autres tribus : le bien-être des enfants. Et vous savez quoi ? Ils vont bien, merci pour eux. Nous leur avons posé directement la question en fin de dossier. Conclusion : les enfants ne souffrent pas de l’orientation sexuelle de leurs parents comme on pouvait l’entendre dans le cadre des manif’ pour tous il y a quelques années en France. Ils souffrent plutôt des regards ou des questions posées par celles et ceux qui ne font pas partie de cette tribu.

Les voilà ces micro-agressions, ces nuages qu’il reste dans le ciel de Belgique, deuxième pays le plus inclusif dans le classement Rainbow Europe. Des mots qui ne sont peut-être pas posés avec malveillance, mais qui créent un climat d’exclusion dans un monde où la norme serait hétéro. Un diktat qui, à l’écoute de nos interviews, a tendance à s’estomper pour faire place à davantage de diversité et d’ouverture.

Dossier réalisé par Marie-Laure Mathot et Clémentine Rasquin