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La nuit, il ne dort pas… et vous non plus

Ce papa et cette maman n'en peuvent plus : ils sont fatigués, irritables, se fâchent pour un rien. Ils ont le regard morne et les cheveux plats. Leur entourage commence à s'inquiéter. Ils reçoivent mille conseils, depuis le « Laissez-le pleurer : après deux ou trois nuits, il aura compris » ou le « Changez donc son lit de place, ce sont les ondes », jusqu'au « Prenez-le dans votre lit, il vous faut bien dormir ».

La nuit, il ne dort pas… et vous non plus - Thinkstock

Depuis plusieurs mois, ces parents n'ont plus eu une nuit complète. Leur cher mignon les réveille toutes les nuits… et plusieurs fois, encore ! Chez sa marraine, par contre, il dort bien. Dans une autre famille, c'est le coucher qui est plus que problématique : la petite, en larmes, rappelle dix fois sa maman ou son papa et refuse de se coucher. Il lui faut encore un bisou, de l'eau ou faire un petit pipi. Résultat : ses parents n'ont plus jamais de soirée à deux, plus de moments d'intimité.
Plus fréquents depuis quelques années, les problèmes de sommeil des enfants ne sont jamais à prendre à la légère. Parce qu'ils sont épuisants pour les parents, qui peuvent finir par avoir des gestes regrettables, ou parce qu'ils peuvent entraver les liens entre eux et leur petit, mais pas que pour ces raisons. Les troubles du sommeil peuvent être liés à des problèmes de santé, et donc l'avis du pédiatre est indispensable. Ils peuvent aussi, souvent même, être le signe d'une difficulté dans la famille.

Trop de stress, de tensions, de stimulations…

Les tout-petits ne s'expriment au départ que par des manifestations somatiques. Ils pleurent, crient, mangent mal, dorment mal, sont agités : ils n'ont pas d'autre moyen pour dire que cela ne va pas. Au fil des jours, des semaines et des mois, les parents apprennent à décoder les manifestations de leur bébé. Les réponses de plus en plus nuancées qu’ils lui donnent vont l’aider à s'organiser : il va modérer ses pleurs et ses cris, manger et dormir de manière de plus en plus régulière.
Cette proximité parents-bébé est indispensable à la survie du bébé, mais elle a un inconvénient : le bébé perçoit aussi les angoisses et inquiétudes de ses parents. Les bébés sont de vraies caisses de résonance des parents ! Ainsi, la vie trépidante que les jeunes parents mènent ne les aide pas à retrouver leur bébé dans le calme. Ils lui transmettent leur stress et l’enfant aura bien du mal à s'endormir… ce qui augmentera le stress des parents. Et puis, les parents ont été séparés de leur bébé pendant de longues heures et ils ont envie d'en profiter. Le rythme du sommeil est alors difficile à respecter, le bébé va dormir trop tard et il faudra le réveiller le lendemain matin pour aller à la crèche. Parfois, la journée s’est transformée en enfer et la patience de chacun a été mise à rude épreuve. La tension monte et le bébé se couche dans une ambiance peu propice à l'endormissement.

Quel sens donner ?

Souvent, les troubles du sommeil d’un petit enfant ont à voir avec l'histoire de la famille, celle de la maman ou celle du papa mais aussi celle de l'un ou l'autre frère ou sœur. L'arrivée d'un enfant réactive toujours ces histoires avec les peurs, angoisses ou tristesses qui les ont accompagnées. Il peut s'agir de séparations, de deuils, de déménagements qui ont été difficiles ou encore de fausses couches, d'accidents, de maladies, parfois aussi d'histoires très anciennes oubliées dans un coin de la mémoire. Les troubles du sommeil d’un bébé peuvent également être liés à sa propre histoire, s'il y a eu des séparations précoces, des hospitalisations, des interventions médicales…
Le moment du coucher, lorsqu'il faut accepter de quitter tout pour sombrer dans le sommeil, est un moment où ces angoisses, peurs et souvenirs de séparation encombrent, qu'on le veuille ou non, le psychisme des parents. Inquiets eux-mêmes, ils ne peuvent rassurer leur petit : au contraire, ils lui transmettent, sans le vouloir, leur angoisse ou inquiétude.
L'arrivée d'un petit et la mobilisation émotionnelle importante qu'elle suscite réactivent donc des émotions anciennes. Cependant, cet état émotionnel très sensible permet aussi que les thérapies conjointes parents-bébé soient particulièrement efficaces et rapides. Il suffit souvent de quelques entretiens pour que les choses s'arrangent. Les entretiens autour du sommeil de l’enfant vont explorer toutes sortes de domaines : la chambre, le lit du bébé, l'heure du coucher, les rituels, les peurs, la place du petit dans la famille, l'histoire du bébé, celle de la famille, celle des parents. Il s'agit de trouver le sens de ce symptôme tellement lourd pour des jeunes parents, et pour les frères et sœurs parfois.

Mireille Pauluis

Pour mieux dormir…

  • Aérer la chambre tous les jours pour renouveler l'air ambiant.
  • Ne pas surchauffer : une température de 18-19°C est idéale.
  • Laisser passer assez de temps entre le repas et le coucher.
  • Ne pas exciter Bébé par des jeux trop actifs juste avant de dormir.
  • Coucher Bébé à des heures régulières.
  • Respecter le même rituel tous les soirs (une chanson, un livre, un bisou, par exemple), une étape rassurante pour le tout-petit.
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