3/5 ans

La politesse,
simple comme « Bonjour »

« Bonjour », « Au revoir », « Merci », « Pardon »... Les formules de politesse ne viennent pas naturellement aux enfants et font pourtant partie des incontournables de l’éducation pour une vie harmonieuse en société. Cet apprentissage prend forcément du temps. Dès lors, rien de tel que de bons modèles !

La politesse, simple comme « Bonjour »

« L’une de mes amies de longue date harcèle sa fille en lui répétant : ‘Dis bonjour à Anouk !’, chaque fois que je lui rends visite, témoigne une lectrice du Ligueur. Cela me gêne, d’autant plus que je vois sa fille mal à l’aise ». « Dis bonjour au monsieur », « Dis au revoir à la dame » et « Présente tes excuses »… Ces formules vous sont familières, peut-être avez-vous tendance à les utiliser vous-même avec vos enfants, dans l’espoir de les faire obéir ?
De quoi s’agit-il au final ? Simplement, de leur apprendre les bonnes formules de politesse qui sont d’usage dans notre société. Histoire de leur inculquer le b.a.-ba des bonnes manières qui leur permettront de fonctionner correctement dans leur environnement social. L’objectif est non seulement louable mais essentiel si vous voulez que votre petit bout puisse s’épanouir dans le monde dans lequel il est amené à évoluer.
Et s’il décide un jour de partir au bout du monde, parce que, finalement, le mode de vie des Papous de Nouvelle-Guinée lui convient mieux, libre à lui de faire ce choix. Mais il lui reviendra alors à lui, en tant qu’adulte responsable. Entre-temps, votre rôle de parent est de transformer votre petit sauvage en un citoyen civilisé. Seulement voilà, apprendre la politesse à votre chérubin n’est pas une mince affaire et mieux vaut s’armer de patience...

Éviter de le harceler

Les premiers réflexes liés aux formules de politesse apparaissent vers 4-5 ans, mais il est très courant que l’enfant rechigne à dire « Bonjour », « Merci », « S’il te plaît » jusqu’à 6, 7 ou 8 ans. Certains s’en féliciteront tout bas (c’est vrai, finalement, votre marmot s’affirme et préfère le rôle de berger que celui de mouton). Mais il faut être honnête, notre patience a des limites, et puis le respect et la politesse sont des points au moins aussi importants que la force de caractère.
Il est alors courant d’entendre les parents répéter, encore et encore, les fameuses formules de politesse sur le ton de l’impératif. Or, ces injonctions produisent en fait l’effet inverse de celui recherché. Et pour cause !
Qui aime recevoir des ordres d’une autorité, alors même que l’on n’en comprend pas le sens ni l’objectif ? Quelle émotion vous inspirerait la répétition de cet ordre, encore et encore, jusqu’au moment où vous obtempérez ? De la frustration, de la colère, pour finir peut-être par de la soumission... Mais gare au retour de flammes ! Mieux vaut dès lors choisir un moyen plus intéressant et plus efficace.

La meilleure pédagogie : l’exemple

« Comment voulez-vous que les enfants apprennent les bonnes manières si les adultes se comportent eux-mêmes de manière irrespectueuse ? », s’indigne cette professeure de 1re primaire. Tous les jours, je vois des parents qui entrent dans l’école, qui viennent chercher leur enfant à la garderie et qui vous marchent presque dessus, sans dire bonjour, sans même vous adresser un regard ! »
N’oublions pas que nos jeunes nous observent en permanence et reproduisent nos faits, nos gestes... et nos paroles. Si vous voulez apprendre à votre enfant à se comporter en gentleman, évitez de jurer au volant, d’insulter la caissière trop lente ou de dépasser votre voisin de file en sa présence. Au contraire, et ce sera d’ailleurs la meilleure manière d’obtenir de bons résultats sans devoir le harceler avec des ordres aussi pénibles pour vous que pour lui. Soyez donc le parent le plus poli possible - allez, avouons-le, nous ne sommes pas toujours irréprochables !
Par ailleurs, au lieu d’asséner à votre jeune un « Dis bonjour ! », préférez « Bonjour Madame la boulangère, comment allez-vous aujourd’hui ? Regarde mon loup, la boulangère te fait un sourire... ». Avec un peu de chance, il entrera dans le jeu ou répétera votre bonjour. S’il renâcle, demandez-lui gentiment s’il n’a pas oublié le « petit mot magique ».
S’il se braque, pas la peine d’insister, il sera plus utile de le reprendre plus tard entre quatre yeux et de le stimuler à mettre des mots sur la raison de son refus. Peut-être est-il intimidé ? Peut-être se sent-il mal à l’aise pour une certaine raison ? Peut-être n’a-t-il tout bonnement pas aimé le regard que lui a lancé la boulangère en entrant ? Et c’est aussi son droit, finalement. Mais ce moment d’échange sera alors l’occasion de lui expliquer les raisons et l’utilité de ces formules de politesse, leur importance et l’impact que cela produit chez l’entourage lorsqu’on les boycotte.
Avec un peu de tolérance, de patience et quelques piqûres de rappel sous la forme d’un « Tu n’as pas oublié quelque chose ? », votre garnement devrait finir par apprendre à bien se tenir.

Julie Robin

Expliquer les « mots magiques »

  • Bonjour : signifie « Je reconnais que tu existes, tu es face à moi et je suis content de te voir. Je respecte ta personne, donc je te salue ».
  • Au revoir : signifie « J’ai passé un bon moment en ta compagnie, notre rencontre s’arrête là, nos chemins se quittent maintenant, mais je serai content de peut-être te revoir. »
  • Merci : signifie « Je te suis reconnaissant d’avoir fait quelque chose pour moi, tu as fourni un effort, tu as donné de ta personne et de ton temps, tu n’étais pas obligé, j’apprécie ton geste. »
  • S’il te plaît : veut dire « Si ça te plaît », autrement dit, cela dépend de « ton » désir et de « ta » décision. On reconnaît que l’autre peut avoir une volonté différente de la nôtre et que si tel était le cas, on la respecterait.
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Ringarde, la politesse ?

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