Vie de parent

Le bien-être… en tête

Autant affronter cette nouvelle rentrée en bonne santé. On ne vous parle pas d’un gros check-up avec armée de blouses blanches à l’appui. Non, on vous donne simplement quelques astuces pour affronter ces premières semaines riches en émotions et se réadapter au quotidien trépidant.

Le bien-être… en tête

LA GUERRE DES POUX

Marie, deux filles, 8 et 11 ans :
« Ça me dégoûte »

« Avoir des enfants pouilleux, c’est mon angoisse. Du coup, je surveille régulièrement les cheveux de mes enfants. En fait, je le fais à chaque shampoing. Je les brosse, je les attache quand ils sont longs. Et j’interdis à la petite d’échanger son écharpe, son bonnet ou sa casquette avec ses camarades. Et si, par malheur, les bestioles surgissent, je coupe à ras. C’est radical. Et je me fais gronder par tout mon entourage !»

Céline, trois enfants, 6 ,9 et 14 ans :
« Branle-bas de combat »

« L’invasion de poux ? J’ai plein de trucs. J’applique directement un traitement à même le cuir chevelu, je démêle les cheveux avec un peigne anti-poux. Classique ! J’ai déjà utilisé de la mayo avec laquelle on masse la tête et on laisse reposer pendant deux heures. Idem avec du vinaigre de cidre. Pour le doudou ? Huit heures au congélateur. Et ça marche à chaque fois. Dernière astuce : je bannis le sèche-cheveux qui aide les poux à pulluler. »

Nos conseils
Face à ces bêtes-là, toute idée est bonne à prendre et la mayo n’en est pas une plus farfelue que d’autres puisque des lectrices nous avaient déjà fait savoir les miracles que l’huile d’olive pouvait faire contre les poux.
Pour ceux qui se tourneraient vers des produits plus classiques, sachez que le traitement se fait en deux étapes. Lorsque les fourbes sont démasqués, il est fort probable qu’ils aient déjà pondu pour assurer la relève (le pou vit en moyenne un mois). Il faudra donc commencer par tuer les premiers colonisateurs au moyen de produits ou les détacher des cheveux mouillés au moyen d’un peigne.
Il faudra ensuite passer au deuxième round pour s’attaquer aux lentes (qui éclosent après sept à dix jours) en les mettant en contact avec des produits qui les tuent ou alors en les ôtant avec un peigne trempé dans du vinaigre. Au-delà de la démarche fastidieuse qui vous attend, vous vous demandez peut-être si ces produits à base de pyréthrine et de malathion n’abîment pas la peau fragile de votre petit monstre? Une crainte légitime dans le cas du traitement avec insecticides qui peuvent effectivement provoquer des effets secondaires tels qu’irritations cutanées, picotements et démangeaisons. Ils ne peuvent par ailleurs pas entrer en contact avec les yeux ni être avalés et, cerise sur le gâteau, ils sont inflammables. L’après-shampooing peut limiter les irritations éventuelles. 
Par contre, bonne nouvelle pour ceux qui rechignent à enduire la tête de leur adorable pouilleux de produits irritants, il existe des alternatives moins toxiques à base de silicone (diméticone), qui enveloppent le pou et qui l’étouffent. Et pour ceux qui refuseraient catégoriquement les traitements chimiques, il reste une dernière méthode largement utilisée : le peigne à poux sur cheveux mouillés
N’oubliez pas de prévenir l’institutrice de votre enfant. Petit rappel : plus question de renvoyer systématiquement à la maison un enfant porteur de poux. Seul le Centre PMS peut prendre cette décision si les poux persistent sur sa tête durant plusieurs jours. Pour en savoir + :  www.danseaveclespoux.be
Enfin, pour dédramatiser l’événement, dans un grand éclat de rire, un classique qui a fait déjà ses preuves sur plusieurs générations : Rendez-moi mes poux de Pef aux Éditions Gallimard Jeunesse.  

UN RYTHME ADAPTÉ

Laurène, trois enfants de 6, 8 et 12 ans :
« Des journées mal organisées »

« Je suis mère et enseignante. Et je suis contre l’organisation du temps scolaire tel qu’il se déroule aujourd’hui. Il n'est absolument pas adapté à l’enfant. Depuis des années, j’observe que les créneaux horaires les plus favorables aux apprentissages nouveaux sont en fin de matinée et au milieu d'après-midi. À ce moment là, les enfants redoublent d’attention. À l’inverse j'occupe les moments les moins favorables à des activités plus pratiques et ludiques. »

Notre point de vue
Laurène a raison : il est prouvé qu’entre 8h30 et 9h30, les capacités d’attention et de concentration de nos enfants sont faibles et qu’ils bâillent davantage aux corneilles, suite sans doute à un manque de sommeil ou un coucher tardif. (Lire l’encadré ci-dessous sur la réforme des rythmes scolaires).
Mais il n’y a pas que la journée en classe. Cette année, nos enfants vont devoir supporter 9 semaines d’école d’affilée d’ici la Toussaint. Dur, dur pour les plus petits, d’autant que l’automne et les premiers frimas (et avec eux nez et gorges infectées) ne vont pas tarder à se pointer. Idem pour la baisse de luminosité et les journées qui raccourcissent : le changement d’heure - notez-le déjà ! - est fixé au dimanche 25 octobre. Un conseil si vous pouvez vous le permettre : épargnez un stage à vos moins de 10 ans et gardez-les à la maison ou chez les grands-parents. Jouer, bouquiner, bricoler ou même « faire rien », ça aide à grandir aussi.
Enfin, si vous n’avez personne à qui confier vos bambins, rappelez-vous que le 7 septembre, dès midi, les inscriptions pour les stages Adeps sont ouvertes. Autre bonne adresse pour trouver un stage : les bons plans du Ligueur.

VITAMINES : ON ZAPPE OU PAS ?

Stéphane, trois enfants, 4, 9 et 14 ans :
« Vitamine de rien » 

« La fin de l’été et l’arrivée de l’automne mettent la vitalité des petits écoliers à plat. Alors, je blinde mes enfants de vitamine C naturelle via les kiwis, les oranges et mandarines. Évidemment, leur faire avaler des fruits n’est jamais une mince affaire. Je ruse. Un petit coulis de cassis sur le fromage blanc, par exemple. Pour les ados, un peu de zinc que l’on trouve dans le poisson, la viande et les céréales. Niveau tonus, je ne jure que par la propolis qui peut être utilisée dès le plus jeune âge. Un bon goûter en fin d’après-midi : du pain avec des morceaux de chocolat. Ces bases d’alimentation valent tous les compliments vitaminés du monde. »

Notre avis
Comme le rappelle bien ce papa médecin, si vos enfants ont une alimentation équilibrée, pas besoin de leur faire avaler des comprimés de vitamines A (présente dans le beurre et les graisses), B (céréales et viandes) ou C (fruits). Seul apport bienvenu : la vitamine D dont 2/3 de nos besoins proviennent du soleil. Pas tout de suite, d’autant que le plein a été fait durant l’été qui s’est d’ailleurs avéré plutôt lumineux. Renseignez-vous auprès de votre pédiatre, notamment pour le dosage selon les âges.
Quant à la propolis dont parle Stéphane et qui est aujourd’hui très « tendance », c’est un produit naturel fabriqué par les abeilles à partir de leurs sécrétions et des résines qu’elles récoltent et qui renforceraient notre système immunitaire. Certains y croient, d’autres pas. Prudence cependant avec tous les produits dits « naturels » : ce n’est pas parce qu’ils proviennent en direct de la nature qu’ils sont complètement inoffensifs. Surtout quand il s’agit d’en donner aux jeunes enfants. Pour être sûr de ne pas commettre d’imprudence, parlez-en à votre médecin.

ON N’EST PAS COUCHÉ

Stéphane, trois enfants, 4, 9 et 14 ans :
« La java après l’été »

« Pendant les vacances, ma gamine de 4 ans n’était pas couchée avant 22h. Maintenant, il faut se remettre en piste. Il ne faut pas être trop strict et y aller progressivement avant la rentrée. Par exemple, avancer de quinze à vingt minutes l’heure du coucher chaque soir et ce, plusieurs jours de suite. Vous éviterez peut-être les crises de nerfs. Aux parents seuls de fixer un cadre. Il doit être souple… »

Nos trucs et astuces
Pour la reprise en mains du rythme de l’année, les conseils de Stéphane sont excellents. Vite, il ne vous reste plus que quelques jours pour recaler vos enfants, quart d’heure par quart d’heure.
Votre plus petit a encore besoin d’une sieste pour se sentir bien ? Parlez-en avec l’institutrice dès ce début d’année. Certaines écoles proposent aux plus grands de rejoindre la sieste des petits, d’autres n’ont hélas pas d’espace toujours disponible… Chaque école organise la sieste à sa sauce, mais généralement elle existe pour les bambins jusqu’à 4 ans. Malgré la sieste, votre petit ne dort pas la journée ? Avancez l’heure du coucher sachant qu’à l’âge de la maternelle, il lui faut 11 à 12 heures de sommeil pour que la nuit soit réparatrice.
Votre ado bâille à s’en décrocher la mâchoire et se dit sans cesse fatigué ? Normal à cet âge : la faute aux hormones qui chamboulent la structure du sommeil. Conséquence : 40 % de son sommeil profond est perdu, remplacé par des phases moins réparatrices. Un bouleversement qui en appelle un autre : votre jeune ne reconnaît pas ses besoins de sommeil et forcément les néglige. D’autant plus que les écrans qui ne le quittent plus ne facilitent pas l’endormissement. Leur luminosité tape sur la rétine en singeant la lumière du jour. Résultat : l’horloge interne a la fausse impression que la nuit n’est pas encore venue.

Nouveau
Une étude publiée en 2015 en France par le Réseau Morphée publie des chiffres symptomatiques d’un nouveau comportement chez nos ados : 15% d’entre eux envoient des SMS durant la nuit tandis qu’ils sont 11% à se connecter sur les réseaux sociaux. Une activité nocturne qui, la plupart du temps, se fait à l’insu des parents. Un conseil : proposez à votre jeune d’éteindre et d’oublier son portable ou sa tablette jusqu’au lendemain matin. Et si c’est trop dur pour lui, il peut recourir à l’appli gratuite Mon coach sommeil du Réseau Morphée.

Anouck Thibaut et Yves-Marie Vilain-Lepage

La Ligue des familles revendique…

Un rythme scolaire plus adapté à l’enfant

La Ligue des familles, qui plaide depuis longtemps pour une réflexion globale sur les rythmes scolaires, a réussi à mettre cette question à l’agenda du Pacte d’Excellence lancée par la ministre de l’Enseignement début 2015. Dès ce mois de septembre, à l’occasion de la reprise des travaux autour de ce Pacte, la Ligue des familles, seule association à porter la question des rythmes scolaires, proposera :

  • que les moments d’apprentissage se déroulent à des heures où les enfants sont les plus réceptifs ;
  • que la pause du midi soit plus longue ;
  • que la journée scolaire se clôture vers 17h afin que les devoirs notamment puissent être faits au sein de l’école.