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Le cercle vicieux des nouvelles drogues

Une nouvelle drogue est arrivée en Belgique… Et ce n’est pas la dernière. Plus on interdit les drogues, plus les consommateurs en trouveront de nouvelles.

Le cercle vicieux des nouvelles drogues

Alerte : une nouvelle drogue est arrivée en Belgique. Le 24INBOMe, similaire au LSD, a causé l’hospitalisation de trois de ses consommateurs. Cette drogue se prend comme du LSD (liquide, sous forme de buvards ou de micro-tablettes, qui s’avale) mais est beaucoup plus dosé que le LSD. « Cette drogue est si puissante qu’elle provoque de fortes hallucinations et pousse la personne à faire des choses bizarres. Cette variante du LSD a également un impact sur le rythme cardiaque et la tension », explique Kurt Anseeuw, chef du service des urgences d’un hôpital anversois.

Le danger des combinaisons

Les autorités ont toujours le réflexe de tirer la sonnette d’alarme lorsqu’un accident est dû à une nouvelle drogue. Mais c’est aussi que cela les arrange. Car c’est rarement la prise d’un stupéfiant qui conduit le consommateur à l’hôpital. Les symptômes sont en réalité le plus souvent liés à la combinaison de plusieurs substances. « Il faut voir tout ce que la personne a pris. Les accidents arrivent souvent lorsque le consommateur a pris plusieurs produits. Quand ils s’amusent, ils en prennent quasi systématiquement avec de l’alcool », relativise Antoine Boucher de l’asbl Infor-drogues.
Pour Infor-drogues, la réponse à donner aux problèmes de drogue ne se trouve pas dans la répression. « Ce n’était déjà pas la bonne solution en 1971 lors de la création d’Infor-Drogues et depuis lors, il n’y a pas eu vraiment d’amélioration. Punir les consommateurs de drogue ne fonctionne pas : ça ne fait qu’augmenter le problème et la consommation de drogues n’a pas diminué. Il y a une grande part de consommation récréative, et ceux qui ont de vrais problèmes de toxicomanie, la prison ne les aide pas. On ne gagne pas grand-chose à les obliger à se soigner non plus », ajoute Antoine Boucher.

Pas de solution dans l’interdiction

Pour l’asbl, la prohibition ne résout rien non plus. Si on découvre de nouvelles drogues, plus fortes et donc plus dangereuses, c’est parce qu’on en a interdit d’autres. « La société a des tonnes de psychotropes à disposition. Quand, par exemple, on a interdit le GHB, la drogue du viol, les consommateurs en ont cherché une autre, et sont passés au GBL, un solvant beaucoup plus toxique mais qu’on ne pourra pas interdire puisque c’est un produit industriel », argumente-t-il.

Certains consommateurs se rabattent alors sur nouveau un produit dont, par définition, ils ne maîtrisent pas les effets. « Le problème, c’est que les gens ne savent pas ce qu’ils consomment. Plus le produit est nouveau, moins on en maîtrise la consommation. C’est comme prendre des médicaments sans connaître la posologie. Prendre une drogue n’importe comment, sans connaître les quantités ‘conseillées’, ni les meilleures conditions, c’est ce qui cause des accidents et crée des problèmes de santé publique. Et c’est lié à la prohibition », soutient Antoine Boucher.

L’illégalité comme seule voie

L’interdiction pousserait à la prise d’un nouveau produit, et augmenterait ainsi la dangerosité de sa consommation. « C’est un effet vicieux qui s’autonourrit. Mais on est coincé car le caractère dangereux et les accidents font peur et empêchent de prendre la question des drogues par un autre bout », affirme-t-on chez Infor-drogues. L’association rêve d’un courage politique qui permettrait de résoudre ce problème de société.

Stéphanie Grofils - 11/09/2013

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