Vie de parent

Le jeu des 13 erreurs (N°1 à 4)

Le jeu des 13 erreurs (N°1 à 4)

► « Ce qui est compliqué, c’est quand on félicite notre bébé parce qu’il vient de faire un rot et que l’on reprend nos deux grands parce qu’ils éructent. Ou que je lâche un rot au milieu d’une phrase sans faire exprès après avoir bu un verre d’eau gazeuse… Je vois bien que les petits ne comprennent pas. Et dire simplement : ‘Parfois on peut, parfois non’, ce n’est pas assez clair. »
Vincent, papa de trois enfants de 8 mois, 4 ans et 8 ans

Et pourquoi ne pas essayer… d’expliquer que dans une maison, il existe des règles qui peuvent être différentes pour tous. C’est ce qui rend encore plus compliqué le métier de parent, nous disent souvent les experts. L’exemple du rototo est flagrant. Dans ce cas-ci, on peut s’en sortir avec un : « Si bébé avale trop d’air en tétant, ça va remplir son estomac et il aura mal au ventre. Pareil pour toi. Mais comme vous, vous êtes plus grands, vous pouvez mieux contrôler ces petits rototos ».
L’idée ? Valoriser leurs compétences. Contourner ce qui peut leur apparaître comme un sentiment d’injustice. « Regardez, vous avez des superpouvoirs qu’un bébé n’a pas ». Une petite astuce qui nous vient d’un papa éructeur : personnaliser le rototo avec les enfants. On peut le dessiner. À quoi il ressemble ? Quel est son cheminement jusqu’à la sortie ? Pourquoi fait-il du bruit quand il sort ? Et pourquoi pas lui donner un nom ? Ainsi quand il sort, on prévient son arrivée et vous allez voir ô combien ils vont le contrôler avec aisance.

► « Bon, j’ai des excuses, je suis à moitié marseillaise. Chez nous, les virgules sont remplacées par des ‘p*t*in’. J’en dis tout le temps. Je n’arrête pas. Je n’arrive pas à me contrôler. Et un jour, mes enfants se sont mis à prononcer leur premier ‘pitin’ et ne se sont plus jamais arrêtés. Je dis ce que disent tous les parents grossiers : ‘Oui mais maman, elle a le droit, c’est une adulte’. Bien sûr qu’ils ne comprennent pas ! »
Nathalie, maman de Mona, 4 ans, et Flora, 8 ans

Et pourquoi ne pas tenter… d’abord de contrôler ses jurons. En les transformant, par exemple. Un « merde » peut muter en « mer…credi », un « sa mère », en « samer…lipopette » et « putain » en… « pu…rée ». Les enfants vont voir que vous vous reprenez et que vous vous corrigez. Un « putain » vous échappe ? Vous pouvez leur expliquer que vous regrettez d'utiliser ce mot et que vous allez mettre tout en œuvre pour vous réguler. C’est important qu’ils entendent qu’on est bien conscient de nos (petits) dérapages, qu’on ne doit pas dire des choses comme ça et qu’on est prêt à faire un effort pour se corriger.
L’idée ? Elle est vieille comme le monde, mais elle marche tellement bien qu’on ne résiste pas au plaisir de vous la resservir : la boîte à gros mots. Une boîte dans laquelle chaque membre de la tribu verse une petite pièce de 10 centimes. Et sur les conseils d’une maman engagée, on va la tourner à la sauce militante. Une fois que la boîte déborde, pourquoi ne pas tout reverser à une association ou à une ONG ? Quand les gros mots réparent les grands maux du monde…

► « Le matin, sur le chemin de l’école, on court. Tout le monde sait qu’à ce moment-là, chaque seconde compte. Et parfois le feu rouge n’en finit pas. Il m’arrive - en faisant très attention – de traverser alors qu’il est encore rouge vif. Jusqu’au jour où leur maman les a grondés parce qu’ils ne faisaient pas gaffe au feu. Et eux de répondre en toute innocence : ‘Mais papa fait ça tous les matins’. »
Carl, papa d’Alice, 7 ans, et Amélie, 9 ans

Et pourquoi ne pas s’exercer… à se plier aux règles pour mieux les enseigner. L’exemple de Carl revient souvent. L’autorité, l’éducation, la règle, sont des mots qui ne plaisent pas. Pourtant, les règles sont essentielles. D’abord pour structurer et donc acquérir des compétences, mais aussi pour sécuriser les petits. Griller le petit bonhomme rouge tous les matins en disant à ses enfants qu’il ne faut pas le faire, c’est incompréhensible pour un môme.
L’idée ? Si jamais il vous arrive d’enfreindre les règles, expliquez que vous le faites à titre exceptionnel. Et que les parents peuvent le faire de temps en temps parce qu’ils ont appris les règles et les dangers potentiels. Mais on insiste : il n’y a rien de mieux que de s’y tenir.

► « Je sais bien qu’on dit partout qu’il faut d’abord montrer l’exemple. Et que quand je dis à mes enfants qu’ils doivent décoller de leur smartphone alors que je suis moi-même compulsivement dessus, je donne le mauvais exemple. J’ai beau essayer de me corriger, je m’en rends compte toujours trop tard. En fait, je pense que l’on est tout aussi accro qu’eux. »
Jonathan, papa de Yoan, 9 ans, et d’Elvisa, 13 ans

Et pourquoi ne pas bousculer les habitudes… en remettant l’écran à sa juste place qui est celle d’un outil. À ce sujet, on vous invite à lire l’interview de Vincent de Coorebyter en pages 10 et 11. Le parent est beaucoup trop derrière l’écran. Et comme l’explique Jonathan, on s’en rend compte trop tard. D’ailleurs, les enfants eux-mêmes tirent la sonnette d’alarme puisqu’une récente étude nous apprend que plus d’un enfant sur trois estime que ses parents passent trop de temps sur leur smartphone. Alors que faire ? Là encore, s’imposer des règles cohérentes : pas de GSM à table, limiter le Wi-Fi de telle à telle heure, mettre toutes les babioles électroniques dans un meuble avant de se coucher.
L’idée ? Quand vous vous retrouvez après une grosse journée, plutôt que de se détendre chacun sur sa tablette, faites jouer vos enfants. Asseyez-vous à leur niveau et, une fois happés par leur univers, regardez-les, sans rien dire. Ça vaut tous les réseaux sociaux du monde. Et la connexion est bien plus riche. Et si jamais consommation il y a, on vous rappelle l’existence d’un outil pas mal : le time timer, une petite horloge qui permet de visualiser le temps. Après, le temps vert d’une heure par exemple, le temps devient rouge. L’enfant s’aperçoit de lui-même qu’il a dépassé la limite et se responsabilise petit à petit. Vous pouvez même l’utiliser pour votre consommation personnelle.

Yves-Marie Vilain-Lepage

À lire 

Chaque seconde compte ?

Une solution pour moins courir le matin, c’est d’être à l’heure à l’école. Facile à dire. Comme le dit Carl, « chaque seconde compte ». Parcourez l’article Un coup d’avance sur les retards à l’école pour arriver à l’heure. Il est testé et approuvé par beaucoup de parents.

Le rangement, c’est maintenant

Retrouvez tous nos conseils pratiques dans l’article Une chambre en ordre de rentrée où l’on explique âge par âge comment procéder. Précieux.