Vie de parent

Le jeu des 13 erreurs (N°8 à 10)

Le jeu des 13 erreurs (N°8 à 10)

► « Fainéantise ou procrastination ? Dur à dire. Toujours est-il que c’est une tare que nous nous transmettons dans la famille. Un exemple : les devoirs. Tous les soirs depuis des années, je pousse mon fils pour qu’il s’y mette. On repousse et on se retrouve à bâcler à la dernière minute. Il sait bien que je fonctionne comme lui. Une facture à payer ? ‘Oui, oui, je vais faire ça’. Et puis j’oublie. Une caisse à déplacer ? ‘Pas de problème, je m’en occupe’. Six ans plus tard, elle est à la même place. »
Mika, papa de Léonie, 11 ans, et Jim, 13 ans

Et pourquoi ne pas essayer… de se motiver ensemble. Il faut d’abord savoir que les spécialistes sont divisés. Certains estiment qu’un enfant n’est jamais paresseux, il est seulement pas intéressé. Quoi qu’il en soit, derrière l’info se niche une piste précieuse : vous allez chercher ensemble l'intérêt de chaque chose qui pose problème (les devoirs, le fait de se lever, de bouger).
L’idée ? Proposer une carotte à chaque fois. Nos petits paresseux sont souvent découragés par l'ampleur de la tâche à accomplir. Pour le travail à la maison, essayez un « Allez, ça t’ennuie de t’y mettre et, franchement, moi aussi. Plus vite on aura fini, plus vite on pourra aller jouer au foot dans le parc ». Découvrez ensemble que le plaisir est possible et que chaque situation a son atout motivant. Eh oui, ça demande un petit peu de… travail.

► « J’ai de la chance, j’ai des enfants en bonne santé. Pourtant, ils ne le sont pas grâce à moi. Je suis allergique au sport. C’est ma femme qui organise les activités. Et le week-end, quand ça embête les petits de se bouger, on les entend argumenter : ‘C’est pas juste, papa, lui, il fait jamais rien’… Ce à quoi je réponds que je me crève toute la semaine et donc que les week-ends, j’ai besoin de repos, amplement mérité d’ailleurs. Mais ça m’ennuie un peu de sortir ce genre d’argument. »
Ben, papa de Berthe, 9 ans, Lisa, 12 ans, et Margueritte, 14 ans

► Et pourquoi ne pas changer… ses petites habitudes. C’est un peu la ligne conductrice du dossier : impossible d’exiger un changement de la part de ses enfants sans se bouger soi-même un peu. Dans le cas de Ben, la symbolique du sport est criante de vérité : « Pour votre santé, mes enfants, vous devez bouger et pour que vous le fassiez, je dois le faire aussi ». Ça ne veut pas dire qu’il faille se mettre à courir un marathon du jour au lendemain. Le mot magique ? Le mouvement. Mobiliser son corps, ses muscles, son cœur, retrouver une aisance corporelle pour inciter ses petits de tous âges à faire de même.
► L’idée ? Et pourquoi pas ne commencer par des choses simples. Le quotidien, si sédentaire soit-il, peut se transformer en une série de petits mouvements. Rendez-vous à l'école à pied, à vélo, en trottinette, en skate, avec vos enfants. Dansez le soir en famille. Allez jouer ensemble le plus possible dehors, dans les parcs, dans la rue. Trouvez des activités qui vont vous plaire, vous amuser, vous défouler et même vous détendre en famille. Et pourquoi ne pas réinstaurer le principe de la promenade digestive après le repas ? On va faire un petit tour dans le quartier, on sort du train-train. On rentre relax, on met les enfants au lit. Et après, rien n’empêche les parents d’opérer d’autres types de mouvements… qui ne sont pas des plus déplaisants.

« Je vis seule avec mon fils et je suis une vraie angoissée. Tout est sujet à des petites peurs. Et j’ai bien l’impression que j’ai contaminé mon garçon. Je vois bien que je lui ai transmis mes inquiétudes. Tant dans les transports que dans la rue ou avec ses copains. J’aimerai bien me montrer plus rassurante et le rendre plus fort. »
Nadia, maman de Icham, 9 ans

► Et pourquoi ne pas accepter… que ces petites angoisses sont irrationnelles, mais qu’elles ont aussi le mérite d’exister. Beaucoup de psys et de sociologues nous expliquent que se faire du souci est important. C’est une démonstration d’amour. Certains parlent même de « se faire du souci positivement ». Une des premières choses à entreprendre est de communiquer sur ses peurs : « Le fait que tu prennes le bus seul, ça me rassure pas, je t’avoue. Mais je vais prendre sur moi et on va mettre ensemble un plan pour dépasser mes appréhensions. On va s’assurer que tout se passe bien pour toi ».
► L’idée ? Comme nous l’explique Charlotte Busana, psychothérapeute, il faut tenter de désensibiliser la peur le plus possible. C’est-à-dire y aller en douceur, se raconter des histoires autour des multiples petits obstacles, petit pas par petit pas. Pourquoi cette peur du bus, par exemple ? D’où vient-elle ? Qu’est-ce qui vous fait peur précisément dans le fait que votre enfant prenne le bus ? Démontez le mécanisme de vos angoisses pour mieux les surmonter. Et c’est important, car, une fois encore, Vincent de Coorbyter LIEN nous explique que nos enfants ont peur et que cette peur les paralyse. Effrayant, tout ça.

Yves-Marie Vilain-Lepage

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