Vie de parent

Le lait, la fin d’une histoire d’amour ?

Nos enfants consomment de moins en moins de produits laitiers. Une étude réalisée à l’Observatoire de la Santé du Hainaut montre que seul 1 enfant sur 2 boit un verre de lait ou mange un yaourt chaque jour. Inquiétant ? Si nos moins de 3 ans en consomment d’une manière suffisante, on sait que nos préados préfèrent remplacer le bon bol de lait par un soda. Retour sur les vertus du lait mais aussi ses dangers en cas d’excès.

Le lait, la fin d’une histoire d’amour ?

Mais qu’arrive-t-il au bon lait et ses produits dérivés pour être pareillement boudés ? C’est que les temps changent pour cet aliment liquide qui s’est d’abord vu voler la place par les biscuits, chocolats et yaourts trop sucrés pour ensuite être supplanté par la déferlante des laits de soja, riz et autres végétaux. Ces derniers peuvent-ils remplacer le premier ? Rencontre avec Marie-Josée Mozin, diététicienne et présidente honoraire du Club européen des diététiciens de l'Enfance.

C’est bon pour la croissance

Le lait (et ses dérivés compris) contient des protéines qui possèdent tous les acides aminés essentiels à la croissance et à l’entretien des tissus de l’organisme. Connu pour son phosphore et son calcium indispensables au tissu osseux, il comprend aussi d’autres nutriments essentiels comme les lipides (graisses) qui procurent de l’énergie et des vitamines, les glucides qui favorisent l’absorption du calcium (lactose) et équilibrent la flore intestinale et des minéraux et oligo-éléments potassium, magnésium, zinc, etc.).
Chez les petits de 2 ans et plus qui ont un poids normal, les besoins en lait entier et produits laitiers sont de l’ordre de 500 ml par jour en comptant évidemment aussi le yaourt qui vaut à lui seul 125 ml de lait. À partir de 6 ans, l’enfant a toujours besoin de la même quantité mais peut passer au lait demi-écrémé pour éviter les risques d’obésité. En effet, le lait n’est pas une boisson désaltérante au même titre que l’eau, mais un aliment liquide dont l’apport énergétique est de… 700 kcalories par litre et qui, si on dépasse les quantités recommandées, peut surcharger la fonction rénale. 

Les laits végétaux sont des jus

Ils se dénomment « lait » sur l’étiquette, mais n’ont rien à voir avec cet aliment qui, par définition, est produit par un mammifère, que ce soit une vache, une chèvre, une brebis…  Ces laits de soja, mais aussi de riz, de noisette, d’amande… ne sont pas équivalents au lait de vache, même s’ils sont enrichis de calcium. Ces laits qu’on devrait plutôt appeler jus contiennent des protéines végétales incomplètes et insuffisantes pour assurer les besoins de croissance d’un enfant quel que soit son âge. Autant savoir !

Myriam Katz

Le lait, beurk !

Certains enfants refusent de boire du lait parce qu’ils ne l’aiment plus. Un truc : l’aromatiser avec un peu de chocolat, ce qui vaut tous les sodas ou les jus sucrés du monde.
Mais il y a des enfants qui refusent le lait parce qu’ils souffrent d’une intolérance au lactose ou d’une allergie aux protéines du lait de vache. Certains des enfants intolérants au lactose supportent les fromages, ce qui leur permet d’avoir un apport suffisant en calcium. Si vous avez le moindre doute, rendez-vous chez votre médecin qui veillera à rééquilibrer le régime alimentaire de l’enfant.

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Une bataille ? Celle des experts. Alors que l’Autorité européenne de sécurité alimentaire (Efsa) remet en question l’utilité des laits de croissance, les pédiatres contestent cet avis. Et vous parents ? Vous ne savez plus à quels saints vous vouer ! Qui faut-il croire ? Marie-Josée Mozin du Club européen des diététiciens de l’enfance nous donne son point de vue.