12/15 ans

Le manga, côté fille, côté garçon

Vous les avez sûrement vus… ils sont là, partout. Eux, ce sont les mangas. Et nos ados en sont babas. Si, au départ, l’accueil réservé à ces petites bandes dessinées japonaises fut mitigé, aujourd’hui elles font partie du quotidien de nos enfants. Décryptage…

Le manga, côté fille, côté garçon

Au milieu des jouets, dans la cuisine, dans le métro : au Japon, les mangas sont partout. Tout le monde, ou presque, lit ces petits livres épais et bon marché, bourrés de dessins, souvent en noir et blanc, montrant des personnages avec de grands yeux.
Si, pour les Occidentaux, c’est un peu étrange de commencer sa lecture par la dernière page (eh oui, les mangas se lisent de la droite vers la gauche), leur succès est indiscutable. En Belgique, il n’existe pas d’étude sur l’impact des mangas. En France, par contre, il ressort de différentes études sur les pratiques culturelles que le manga est la « lecture jeune » par excellence.
D’ailleurs, que signifie manga ? Ce mot japonais vient de man (« sans but ») et de ga (« peinture »). Il se traduit par « image dérisoire ». Inventé en 1814 par un artiste qui peignait des personnages grotesques et grimaçants, le manga est aujourd’hui tout simplement une bande dessinée japonaise.

Réservé aux enfants ?

Si l’on regarde du côté du Japon, on constate que 85 % des Japonais lisent au moins deux mangas par semaine. La particularité de ces drôles d’objets est qu’il en existe de nombreuses catégories : le kodomo pour les enfants, le seinen et le josei pour les adultes. Les jeunes filles ont le shôjo, les garçons le shônen…
On en trouve traitant de la vie au bureau, et d’autres pour apprendre à faire la cuisine. Sport, romance, combat, science-fiction sont autant de thèmes abordés. Quel manga pour mon ado ? Loin de remplacer le roman, le manga peut être une bonne alternative à la télévision ou aux consoles de jeux. Mais comment s’y retrouver devant le nombre de titres disponibles, comment faire le bon choix, comment savoir celui qui passionnera votre enfant ?

Achat mode d’emploi

La première chose à savoir est qu’il est impératif de bien choisir entre les mangas destinés aux filles et ceux destinés aux garçons : vous risquez d’être la risée de votre rejeton si vous ne lui offrez pas le bon !
Le Shôjo. Il s’adresse aux adolescentes. Il aborde tous les sujets chers aux jeunes filles : l’amitié, l’amour, le sport, la musique, la mode… Et la grande star dans sa catégorie est sans aucun doute Switch Girl d’Aida Natsumi qui se rit de la dictature du corps et de l’apparence. Dans cette série, l’auteur tire le portrait grotesque des jeunes filles modernes soumises aux diktats du look, des régimes et des cosmétiques. En mode « on », Nika, l’héroïne, est la star des apparences, en d’autres mots, la jeune femme idéale. En mode « off », elle est elle-même, elle affiche sa personnalité et ne cache rien de ses envies, pas toujours conforme à la société dans laquelle elle vit.
Le Shonen. Il est le pendant masculin du shôjo. Il se penche sur les valeurs telles que le courage, l’amitié, le sacrifice ou la fidélité. Naruto est un des mangas le plus vendu au monde. Son personnage est le roi des gaffeurs. Orphelin, éternel cancre et grand farceur, il fait toutes les bêtises possibles pour se faire remarquer. Que ce soit Natsumi ou Naruto, les héros ont souvent le même âge que les lecteurs et possèdent un talent caché qui leurs permettra de réaliser de grands exploits. Humour et action sont au cœur de ces histoires qui s’étalent sur des dizaines de volumes.
Rappelons que les mangas sont considérés comme des BD et qu’un enfant qui lit ce genre de littérature n’est pas nécessairement un lecteur en difficulté ou paresseux. Des études l’ont montré, les familles grandes dévoreuses de BD sont aussi des dévoreuses de livres en tout genre. Et il n’y a pas de raison que votre enfant ne devienne pas accro aux autres genres littéraires. La lecture reste la lecture… sous toutes ses formes !

Karin Mantovani

TEMOIGNAGE

Nareg, 21 ans, étudiant : J’ai commencé la lecture des mangas vers l’âge de 12 ans. Cette passion, car c’en est une, m’a été transmise par des copines de classe de l’époque, qui en étaient fans. Je regardais déjà à la télé les dessins animés Dragon Ball et les Chevaliers du Zodiaque. Et puis je me suis plongé dans ces drôles de petits bouquins dont les dessins m’ont fasciné. Très travaillés, riches en détails et modernes dans les récits, je me suis vite plongé dans les aventures de ces héros fascinants. J’ai beaucoup lu Naruto, One Piece, Kyo… Outre les combats et les dessins, les mangas sont très axés sur l’humour et j’ai donc beaucoup ri. Et puis, je ne le cache pas, les personnages féminins sont magnifiques de beauté. Mes parents n’ont jamais vraiment comprit l’attrait que mes frères et moi portions aux mangas. Ils auraient préféré nous voir lire de ‘vrais bouquins’, plus réfléchis et plus formateurs à leurs yeux.  Aujourd’hui, je ne lis plus vraiment de mangas, mis à part Naruto, dont les chapitres sortent chaque semaine en ligne, mais il m’arrive encore d’en relire d’anciens pendant les vacances

À LIRE

  • Switch Girl, Natsumi Aida, Éditions Delcourt, 17 volumes parus à ce jour.
  • Naruto, Masashi Kishimoto, Éditions Kana, collection Shonen.
  • La bande dessinée, Annie Baron-Carvais, Éditions PUF.
Sur le même sujet

Lire : pour le plaisir, grandir et construire

Chez les plus jeunes, l’initiation à la lecture peut prendre diverses formes. Album, BD, roman, magazine, sur papier ou en digital, peu importe la forme pourvu que les enfants y prennent du plaisir et puissent grandir avec les mots.

 

Romain Renard nous invite dans sa BD augmentée

La première fois que nous l’avons rencontré, il était sur scène. À l’Imaginarium de la Foire du Livre. Au clavier et au micro. Pour jouer, chanter et réciter une mise en scène de sa dernière BD, Melvile, L’histoire de Samuel Beauclair (Le Lombard). Une BD autour du thème de la paternité. Coïncidence : l’auteur de 38 ans est papa depuis peu.