Vie de parent

Le mot de la fin

Ce qu’il faut retenir ? Notre grande institution scolaire repose sur trois piliers : construire un citoyen, donner à chaque individu la possibilité de se défendre dans ce monde et préparer le jeune à des activités professionnelles. Tout ça, c’est sur le papier, bien sûr. Certains nous disent que le rôle de l’école, c’est d’instruire, apporter des compétences. D’autres nous disent qu’elle forge des valeurs, qu’elle apporte des acquis fondamentaux dans la vie collective.

Le mot de la fin

Ce qui ressort aussi, c’est que, dans la grande majorité, on nous dit qu’il ne faut surtout pas opposer l’école aux parents. À ce propos, Bernard Rey, professeur de pédagogie à l’ULB (et auteur de Discipline en classe et autorité de l’enseignant aux éditions de Boeck), interrogé pour ce dossier insiste : « Il faut rassembler parents et enseignants autour de deux valeurs communes : le respect des règles et le respect de l’autre. Ils doivent s’exprimer d’une seule voix : aucun conflit ne peut se régler par la violence. »

Ça se dégrade

Les témoignages sont élogieux à la maternelle. Ils se dégradent au moment du primaire et sont vraiment très âpres à l’heure du secondaire. L’école est en difficulté, ne nous mentons pas. Elle est devenue une machine à engendrer de l’injustice sociale et si nous ne faisons pas attention et ne retroussons pas tous nos manches, le fossé ne peut que s’élargir.
Bernard Rey l’explique très justement : « On a réuni d’un côté des élèves qui sont en difficulté et de l’autre, on forme des élites. Il y a trop de distances. Ce n’est pas sain. Une école ne peut fonctionner qu’avec des disparités au sein d’un même établissement. En Belgique, cette question est majeure. »
La refonte est-elle la solution ? Les promesses du fameux « pacte d’excellence » de Joëlle Milquet annoncent-elles l’espoir du renouveau ? Ou forment-elles une strate de pacotille ? On attend pour voir….

Pourquoi pas ?

« C’est très compliqué. Je suis partisan des modifications qui ne déstabilisent pas les pédagogues. Je commencerais par un important chantier sur la formation des profs et une réflexion sur les questions de redoublement. On fait fonctionner un corps enseignant en lui donnant des convictions, pas des ordres », nous dit Bernard Rey.
Alors, dans cette société hiérarchisée, à quoi sert l’école ? À influer sur l’inéluctable déséquilibre social. Éduquer sert-il à classer ? Ce serait formidable si elle pouvait servir à autre chose. Si elle pouvait donner une chance à tous de trouver sa place, d’atteindre une position dans la société. Cette école plus égalitaire, nous la souhaitons tous, les parents, les élèves autant que les professionnels de l’éducation. Alors, pourquoi ne pas tenter de la construire ensemble ?

Yves-Marie Vilain-Lepage

Qu’en dites-vous ?

Et vous, parents ? À vous de nous donner votre avis, de nous dire ce que vous attendez que l’école offre à votre enfant. N’hésitez pas à réagir ou témoigner de votre expérience sur redaction@leligueur.be

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Directeurs, professeurs, éducateurs, surveillants… nous donnent leur point de vue

Ça sert à quoi, l’école ? Une question bateau où l’on peut mettre ce qu’on veut ? Certes, mais une question grave à l’heure où, en Belgique comme chez nos voisins français, l’efficacité de l’institution scolaire est questionnée de tous côtés. Trop, sans doute. Le sociologue François Dubet dit que lorsqu’on attend tout de l’école, elle se sacralise et se paralyse à la fois. Pour démarrer l’exploration de cette large question, nous avons décidé d’interroger, une fois n’est pas coutume, les différents acteurs de l’école fondamentale et secondaire. Du directeur en passant par le concierge ou l’agent technique, tous nous ont répondu avec beaucoup de sincérité.

 

La maternelle, c’est apprendre à vivre en groupe

À la fréquenter quotidiennement, à y saluer vos homologues parents, les copains et copines de vos petits, les gardiennes, les maîtresses, les éducateurs… À y passer du temps, à y courir, à y rire, à y consoler, à y bavarder, à y échanger, à y vivre un peu, vous ne vous posez peut-être plus la question : à quoi peut bien servir la maternelle ? Pour mieux cerner son utilité, on a interrogé les acteurs du quotidien de vos petits aimés. Ils nous parlent de vous, de vos enfants, de leur mission. Petite visite dans un décor familier.

 

Le primaire, c’est apprendre l’effort

Changement de décor, nous voici en primaire. Vous connaissez par cœur certains parents. Vous retrouvez les supercopains du petit qui sont parfois les mêmes depuis la maternelle, voire la crèche. Ces points de repère font sans doute du bien à votre enfant, car les couloirs sont plus vastes et les élèves beaucoup plus robustes. En tous cas, vous, ça vous rassure… bien que votre petit bout de 6 ans va se transformer en grand dégingandé de 12 ans en un claquement de doigts. Du coup, à quoi sert le primaire ? À faire grandir votre enfant, bien sûr ! Comment ? Les artisans de la pédagogie nous racontent, et en profitent pour vous ouvrir les portes de leur quotidien.

 

Le secondaire, c’est savoir qu’un jour il faudra travailler

Fini, les bancs de classes que vous connaissiez par cœur, les maîtresses ou institutrices - oui, le féminin l’emporte - avec qui vous aviez un rapport quasi quotidien. Votre jeune vit de plus en plus sa propre vie. Vous gardez en tête ce grand enfant intimidé qui passa les portes le jour de la rentrée, écrasé par les géants de rétho. Pensez que dans pas très longtemps vous le récupérerez quasi adulte, des projets et des idées plein la caboche. À quoi ça sert, le secondaire ? La parole est aux différents maillons de l’équipe éducative qui nous racontent son quotidien et celui de votre enfant, avec souvent un sentiment d’urgence.