Vie de parent

Le numéro gratuit du centre de crise : une même question, des réponses différentes

« Ce qui n’est pas autorisé, ce n’est pas permis ». Cette petite phrase, elle a été lâchée par Sophie Wilmès lors de la conférence de presse du Conseil National de sécurité, vendredi dernier. Encore faut-il savoir ce qui est autorisé ou pas. C’est simple affirme-t-on, il faut téléphoner au 0800/14689, le numéro de info-coronavirus.be. Convaincant ? Bof.

 Le numéro gratuit du centre de crise : une même question, des réponses différentes

Le confinement / déconfinement englobe toutes les facettes de notre vie de tous les jours. Boulot, famille, écoles, loisirs, rien n’échappe aux mesures sanitaires. Difficile de s’y retrouver. Nul n’est censé ignorer la loi, mais quand même. Dans la vie de famille aussi il y a des règles à respecter. Et si on y déroge, on est verbalisé.

Mais voilà des questions se posent. Précises. Puis-je déposer mon enfant chez ma sœur qui habite près de chez moi et qui est confinée sans contact extérieur depuis un mois ? Puis je déposer mes enfants chez mon ex-mari qui n’est pas leur père biologique, mais qui les a élevés durant 8 ans (donc ce n’est pas un cas de garde alternée) ?  Puis-je amener des colis alimentaires à ma maman qui habite à 50 kilomètres ?

Où trouver les réponses ? Au 0800/14 689 pardi! Reste que parfois, il y a un doute par rapport aux réponses fournies. On s’en est déjà rendu compte au Ligueur lors de nos reportages. Parfois, des réponses différentes nous sont apportées en fonction des interlocuteurs.

Le service d’étude de La Ligue des familles a fait le test en posant la même question au numéro d’appel gratuit.

► La question

« Je dois retourner au travail. Puis-je confier notre enfant de 3 ans à un proche car la garderie nous semble compliquée pour un enfant si jeune. »

 

► Les réponses

1er appel : Oui bien sûr, c’est mieux que les grands-parents.

2e appel : Si vraiment il n’y a pas d’autre solution, oui.

3e appel : Non, ce n’est pas autorisé, et si la police l’apprend on aura une amende. On ne peut pas confier son enfant à un ami, ni à un frère ou une sœur, il faut s’arranger avec l’employeur, prendre un congé parental…

4e appel : Faire garder les enfants par un membre de la famille, c’est autorisé ; au-delà, non.

5e appel : (Après hésitation) C’est possible par quelqu’un de proche uniquement.

On constatera que certaines réponses sont radicalement différentes des autres. Alors, on peut concevoir que les thématiques sont vastes, pas toujours, facile à appréhender. Mais il y a visiblement un problème de briefing au centre d’appel. Si celui-ci ne répond pas correctement aux questions, comment imaginer que le simple citoyen (qui lui se fait sanctionner pour sa méconnaissance) maîtrise toutes les subtilités des mesures imaginées par le CNS ?

Nous parlions, hier, des problèmes de communications dans cette crise. Ces réponses différentes en sont une nouvelle manifestation criante. Comment est-il possible d’avoir autant de réponses pour une seule question ? Et surtout laquelle est la bonne ?

En cette période de déconfinement annoncé et de nouvelles mesures à faire respecter, il serait bon de remettre de l'ordre dans tout cela pour que les familles sachent à quoi s'en tenir... Car pour le confinement le #stayathome pouvait suffir, dès le 4 mai, ce sera beaucoup plus subtil. Et encore plus lors des phases qui suivront...

Thierry Dupièreux

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