3/5 ans

Le paracétamol, facteur de risque d'allergie ?

L'administration fréquente de paracétamol dans la petite enfance pourrait favoriser l'apparition d'allergies. C'est ce qu'a constaté une équipe de l'Université catholique de Louvain (UCL).

Le paracétamol, facteur de risque d'allergie ?

Deux cents enfants ont été suivis de la naissance jusqu'à l'âge de 5 ans par une équipe de l’UCL dans le cadre d’un projet baptisé Cristall. Celui-ci a pour objectif d’étudier les facteurs de risque d'apparition de l'allergie (alimentaire, cutanée ou respiratoire) dans les cinq premières années de vie, et la prévention de celle-ci. En parallèle, le but poursuivi est également de mieux comprendre pourquoi l’allergie survient chez certains enfants et pas chez d’autres.
Les premiers résultats de cette étude, limités pour le moment à l'âge de 3 ans, indiquent que, sur la base du sang de cordon, on pourrait démontrer des différences entre les enfants qui vont devenir allergiques et ceux qui ne le seront pas. « Si cela est confirmé, des groupes à risque pourraient être mieux cernés », commente Françoise Smets, professeur au pôle de pédiatrie de l’UCL et chef du projet.
L’étude confirme également la dimension génétique de l'allergie : un enfant court davantage le risque d’être allergique si un et a fortiori deux parents sont eux-mêmes allergiques. Toutes les allergies ne sont cependant pas concernées. Il s’agit de l’asthme, de la rhino-conjonctivite allergique et d’un certain type d’eczéma.

Ne pas banaliser paracétamol et ibuprofène

L’étude tend aussi à confirmer que le risque allergique va croissant au fur et à mesure que la prise de paracétamol augmente. Elle démontre qu’à l’âge de 18 mois déjà, les enfants allergiques ont reçu plus souvent du paracétamol que ceux qui ne souffrent pas d’allergie. Ces résultats devront toutefois être confirmés par de nouvelles analyses pratiquées cette fois à l’âge de 5 ans.
Quelle conclusion doit-on tirer de ce constat ? Pour traiter les fièvres chez le jeune enfant vaut-il mieux préférer l’ibuprofène au paracétamol ? Pour les chercheurs de l'UCL, la réponse est non : l’ibuprofène présente en effet beaucoup plus d’effets secondaires fréquents (ulcères digestifs, maladies du foie...) qu’il faut mettre en comparaison avec une potentielle augmentation du risque allergique.
Cependant, certains experts britanniques pensent que chez des enfants asthmatiques, il faudrait préférer malgré tout l’ibuprofène au paracétamol.
« Le message essentiel à retenir, tranche Françoise Smets, est qu’il faut éviter d’utiliser ces médicaments - paracétamol et ibuprofène – quand ils ne sont pas indispensables. Il ne faut pas les banaliser. Jusqu’à une température de 38,5°C, mieux vaut découvrir l’enfant, lui donner un bain tiède et essayer d’utiliser des mesures plus naturelles. »

Jean-Paul Vankeerberghen

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