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Le sein ou le biberon : le bonheur ensemble

Peut-être la première tétée vous a-t-elle surprise ? Votre bébé tète si fort… C'est toute sa volonté de vivre qui s'exprime là. Vous avez opté pour le biberon ? Quoi qu’il en soit, cela fait beaucoup de sensations à apprivoiser ou à retrouver.

Le sein ou le biberon : le bonheur ensemble

Une tétée, étape par étape…

  1. Votre bébé s'éveille et se manifeste : il s’agite, capte votre regard, porte ses mains à la bouche, fait des mouvements de succion. Ces signes montrent qu’il est prêt à téter. Vous l'approchez. Son petit corps se tourne vers vous, tous ses sens sont à l'affût. Il vous respire, vous reconnaît. Vous aussi, vous sentez sa manière de s'abandonner ou de se tendre, vous retrouvez ses petits mouvements, ses parfums bien à lui. Vous le rassurez de votre voix. Cette reconnaissance mutuelle fait déjà partie de la tétée. Quand le contexte est difficile (césarienne, bébé hospitalisé…), on peut « fignoler » ce moment pour se donner toutes les chances, notamment en pratiquant le contact peau à peau, en tamisant les lumières, en protégeant sa « bulle ».
  2. Vous présentez le sein à votre bébé : il en repère l’odeur et la chaleur particulières, avec son nez, avec ses lèvres. Laissez-lui prendre ce temps. Il ouvre la bouche et prend une bonne partie de l’aréole et du mamelon. Cette prise large, menton dans le sein, tête un peu en arrière et nez dégagé, est nécessaire car il doit réaliser une succion vigoureuse qui attire le lait des canaux galactophores et stimule l'aréole. Cette stimulation déclenche la réaction d’éjection du lait. Plus le climat est détendu et sécurisant, mieux ça fonctionne.
  3. En tout début de lactation, vous sentez des contractions utérines car l’hormone responsable de l’éjection du lait (l’ocytocine) est la même que celle qui fait se contracter l’utérus. Durant les premiers jours, vos seins produisent des petites quantités de colostrum, un lait dont la composition est adaptée aux besoins spécifiques d’un tout nouveau-né. Les contractions utérines vous informent qu’une réaction se produit.
  4. Une fois la montée de lait installée, observez votre bébé qui tète. Après un délai variable, son expression devient plus concentrée, sa succion devient plus ample, ses déglutitions sont visibles (sous le menton) à chaque succion. Cela signifie qu’il reçoit du lait en abondance. Cette réaction, ce réflexe d’éjection du lait est puissant. Certaines femmes le sentent aussi en elles - chaleur, fourmillements, picotements -, d’autres, moins. Par l’observation, vous trouvez vos propres repères, plus fiables que le minutage.
    Avec un tout-petit, allaiter à la demande, c’est repérer ses éveils et les signes qui montrent qu’il est prêt à téter - petits mouvements de recherche avec la tête, mains à la bouche, ouverture de la bouche… Allaiter à la demande, c’est présenter le sein sans restrictions horaires, sans attendre que le bébé pleure. Le bébé éveillé tète efficacement et ajuste votre production de lait à son appétit et à ses besoins.
  5. La tétée se termine : votre bébé tète moins fort et ne déglutit presque plus. Il lâche le sein, s’abandonne dans une béatitude heureuse. La tétée satisfait les sens, le cœur et le ventre : c’est une jouissance très complète qui enracine votre enfant dans la vie. La contemplation de son bonheur repu vous comble. Les hormones de la tétée vous font un peu planer ; la nuit, elles facilitent le ré-endormissement. Cette douceur, cette satisfaction globale est difficile à décrire avec précision car chacune la vit avec ses couleurs et ses références, mais il est clair qu’elle compte aussi dans la motivation à continuer d’allaiter.

Vous avez choisi le biberon ?

Depuis quelques minutes, votre bébé fait mine de se réveiller, il bouge, il s’étire, fait des grimaces, ouvre les yeux, suce ses doigts… Chouette moment qui s’annonce ! Il aime manger, vous allez pouvoir partager ce bien-être avec lui.
Le biberon chauffe vite, le lait doit être juste tiède.
Prenez le temps de vous installer confortablement et au calme, tous les deux. Bien lové dans votre bras, un peu impatient, le bébé vous regarde intensément, il semble anticiper le plaisir du repas, il est prêt ! Placez le biberon bien en face de son visage et incliné pour remplir la tétine de lait et éviter que le bébé avale de l’air. Au début, il tète vigoureusement, puis la succion devient plus lente et tout son petit corps se détend, se fait lourd dans votre bras. Ses paupières se ferment de plus en plus souvent. Il sombre avec délice, sourit aux anges… Merci maman ! C’est vous, l’ange… Et le prochain biberon sera assuré par papa, pas de jaloux !

Allaitement ou biberon…

Votre organisation sera très différente selon que vous allaitez ou biberonnez.
Si vous avez choisi le sein, sachez que vous avez des droits et qu’il est possible d’allaiter sur votre lieu de travail. Pour en savoir plus, lisez Allaiter et travailler : complètement fou ?
Si vous avez plutôt opté pour le biberon, il y a tout un savoir-faire autour sa préparation et de sa conservation.

Ingrid Bayot et Micheline Cleeremans

Elles en parlent…

« J'avais l'impression que ma fille et moi étions unies dans l'allaitement par une relation magique. C'était merveilleux. Elle et moi étions paisibles, seules au monde. J'en suis encore émue quand j'en parle. »
Odile

« Lorsque Laura est née, à 36 semaines de grossesse, elle pesait 2,130 kg. Je souhaitais l'allaiter, mais elle était très faible et ne parvenait pas à téter. Les premiers essais furent décourageants, mais les sages-femmes ne m'ont pas abandonnée. Je tirais mon lait et on le lui donnait. Mais, après quatre jours, Laura n'arrivait toujours pas à s'alimenter seule. Je commençais à m'angoisser, en pensant au retour à la maison. Mais là encore, les sages-femmes m'ont encouragée, elles restaient présentes à chaque mise au sein. Grâce à elles, Laura a pu apprendre à téter avec une maman détendue tout contre elle. »
Mylène

« Me voyant indécise et inquiète, une soignante m’a dit à la maternité : 'Surtout, n’arrêtez pas d’allaiter votre bébé, vous allez perdre le lien qu’il y a entre vous !'. J’ai eu peur. Ce lien, déjà, je ne le sentais pas trop. Alors, si en plus je le perdais, ce serait terrible ! J’ai osé en parler à une sage-femme. Ensemble, nous avons imaginé d’autres moyens pour créer et préserver ce fameux lien, des moyens qui me convenaient, des gestes avec lesquels j’étais à l’aise. Le peau à peau, par exemple, qui nous apaise, mon bébé et moi. J’ai réalisé que cet allaitement, que je n’avais pas vraiment souhaité et qui était devenu une immense source de stress, prenait toute la place et la place de tout… »
Laure

« Je ne me suis jamais imaginée donnant le sein. Mon amoureux et moi, en devenant parents, voulions partager les bains, les soins, les câlins et aussi les moments chouettes des repas de notre bébé. Nous avons donc naturellement choisi le biberon. Heureusement, à la maternité, nous avons rencontré des soignants respectueux de notre choix. Dès la naissance, on nous a expliqué comment reconnaître les signes de faim du bébé, comment donner un biberon, les quantités, les positions… Nous avons apprécié ! J’avais tellement peur de me voir imposer une mise au sein 'juste pour essayer'... C’est très intime, ce choix. Ce sont mes seins, quand même! Dernièrement, le pédiatre nous a félicités. Jules se porte à merveille, est très éveillé, sourit beaucoup. Et, si les nuits sont encore parfois agitées, à trois, nous avons surmonté ces premières semaines inévitablement bouleversantes ! »
Clémentine