Vie de parent

Le sport… mais pas sans limites

Ils vont, ils viennent. De la maison à l’école, de l’académie à une fête d’anniversaire. Et pour Léon et Lila, il y a le sport, c’est important. Bouger assure leur capital santé et donne confiance en soi. Les bienfaits sur le mental sont reconnus. Mais les études des spécialistes nous font trembler : nos enfants se sédentarisent et seraient moins actifs. Avec tous les risques sanitaires que cela comporte, dont le surpoids.

Le sport… mais pas sans limites

La piscine, sans danger ?

« Je ne suis pas très sportive, mais je suis à 100 % pour que les enfants pratiquent au moins un sport. Lila adore nager. Mais j’avoue, la piscine, ce n’est pas mon fort. Et je me demande ce que je dois faire pour la protéger des éventuelles agressions de l’eau ? »
Inès, maman de Léon, 5 ans et Lila, 8 ans

Foot : quel club ?

« Guillaume est le seul dans sa bande de copains à vouloir faire du foot. Sans repères, je ne sais pas quels critères privilégier pour trouver le bon club. »
Yórgos, papa de Guillaume, 10 ans

Athlète de haut niveau, ça fait peur !

« Nous avons des jumeaux, une fille et un garçon, qui font tous les deux du karaté. Nous apprécions que ce soit un sport mixte. S’ils veulent le pratiquer à haut niveau, à quoi faudra-il faire attention ? »
Kaouzar et Lucille, parents de Calixte et Kayla, 14 ans

3-11 ans 

« Ne jamais déroger aux règles minimales de sécurité »
Michel Colmant, Ligue francophone belge de sauvetage de l’ADEPS 

Quand vous inscrivez votre enfant dans un club sportif, il est déjà protégé, car l’environnement dans lequel il va évoluer place la sécurité tout en haut dans son échelle des priorités. Mais les parents ont aussi un rôle à jouer en apprenant à leurs enfants à ne pas prendre des risques inutiles.
Pour répondre à Inès, voici quelques précautions à prendre pour que les choses se passent le mieux possible en piscine. Ne laissez jamais vos enfants sans surveillance au bord de l’eau, que ce soit en piscine ou en milieu naturel, apprenez-leur à nager le plus tôt possible pour qu’ils soient à l’aise en milieu aquatique et faites-leur porter un gilet de sauvetage bien enfilé et sanglé pour tout ce qui est activité nautique. Enfin, l’enfant doit être conscient que les contraintes qui existent dans un milieu limité ne sont pas les mêmes que celles qui prévalent dans une rivière, par exemple : nager en eaux libres ou nager en piscine est très différent. Dans ce cas, il faut se montrer attentif aux courants, aux tourbillons, à la température, à la profondeur… Le trio gagnant, c’est prévention, surveillance et matériel adéquat.

« Poser les bonnes questions »
Béatrice Pirotte, conseillère en sécurité de l’Association des Établissement Sportifs (AES)

Pour bien choisir son club, il faut prendre le temps nécessaire pour se renseigner. Pensez à la proximité afin de réduire les risques liés aux déplacements. Vérifiez qu’il est bien affilié à une fédération sportive, en ordre d’assurance et qu’il travaille avec des moniteurs qualifiés. N’hésitez pas à être tatillon : de la qualité des infrastructures dépend la sécurité de vos enfants. Elles doivent être conformes aux normes de sécurité (incendie, etc.), équipées d’un défibrillateur externe automatisé, bien adaptées à la discipline et au niveau de pratique.
Je conseille aussi aux parents de ne pas faire l’impasse sur le règlement d’ordre intérieur. Mais attention : c’est leur responsabilité de donner les informations importantes relatives à leurs enfants, comme les numéros d’appel en cas d’urgence, l’identité des personnes habilitées à venir les chercher, d’éventuelles allergies ou antécédents médicaux. Ils doivent aussi s’assurer de leur bonne santé avant la pratique sportive, vérifier que leurs enfants possèdent un équipement adapté et en bon état. Et puis, il faut le rappeler : veiller à leur hygiène après le sport… et avant aussi, surtout pour les activités en piscine !

12-18 ans

« Ils restent des enfants avant d’être des sportifs »
Annick Xhonneux, diététicienne pédiatrique et sportive 

Fille ou garçon, l’OMS recommande qu’un enfant bouge tous les jours et suffisamment en fonction de son âge. Un enfant est considéré comme sportif lorsque la charge d’entraînement atteint une dizaine d’heures par semaine. Mais qu’il ne fasse que quelques heures ou beaucoup plus par semaine, il faut respecter les fondamentaux : dormir suffisamment et avoir une alimentation équilibrée.
Les enfants doivent dormir huit à dix heures par jour, parfois au-delà. Une heure avant le coucher, éloignez-les des écrans qui perturbent l’endormissement et la qualité du sommeil. Cela influe sur leur sécurité : un enfant fatigué a du mal à se concentrer et risque plus de se blesser dans le cadre de sa pratique sportive.
Il faut aussi les habituer à bien s’alimenter et surtout à bien s’hydrater tout au long de la journée. Nos enfants ne boivent pas assez d’eau, ils doivent le faire encore plus pendant le sport. Leur assiette doit aussi assurer un apport suffisant en féculents : pain, riz, pâtes, pommes de terre. Le point suivant devrait leur plaire, c’est le goûter, qu’ils prennent en général avant d’aller s’entraîner : une bonne tartine avec un fruit et un produit laitier plutôt qu’une barre chocolatée ou, pire, rien du tout.
Faites preuve de bon sens et restez attentifs à leur croissance. Si vous avez une question, n’hésitez pas, si nécessaire, à la poser à un professionnel de la santé.
Différents dangers peuvent les guetter. Dans certains sports, le poids a de l’importance (gymnastique, danse, judo...). À l’adolescence, les corps se modifient, les jeunes peuvent être tentés alors de limiter leurs apports pour ne pas prendre du poids, se lancer dans des régimes ou s’intéresser aux produits labellisés « pour sportifs ». Certains vont plus loin. Conscients et soucieux de leur empreinte écologique, ils explorent et adoptent des régimes végans ou végétariens, etc. La vigilance, là, s’impose : mal suivis, ils peuvent souffrir de carences en protéines (primordiales pour les sportifs, ou encore en vitamines B12 ou en fer…). Les risques sont d’autant plus grands que ces ados sont en pleine croissance, et dans les cas extrêmes, leur santé peut en être altérée. Shakes, poudres, boissons énergisantes parfois vendues même dans les clubs, tous ces produits sont même parfois déconseillés. L’alimentation classique et équlibrée doit couvrir tous leurs besoins.

Aya Kasasa

Zoom

Et pour les enfants en situation de handicap ?

La Ligue Handisport Francophone (LHF), fédération sportive belge francophone pour les personnes en situation de handicap, a pour objectif de permettre à toutes les personnes de pratiquer un sport quel que soit leur handicap physique, mental ou sensoriel. Elle fédère plus de quatre-vingt clubs en Wallonie et à Bruxelles avec plus de trente sports différents : du cécifoot au tennis en fauteuil roulant, en passant par l’athlétisme, le ski, la natation, le triathlon, le basket, etc.

En pratique

L’OMS recommande…

  • Les enfants et les jeunes âgés de 5 à 17 ans devraient accumuler au moins 60 minutes par jour d’activité physique d’intensité modérée à soutenue.
  • Le fait de pratiquer une activité physique pendant plus de 60 minutes apporte un bénéfice supplémentaire pour la santé.
  • L’activité physique quotidienne devrait être essentiellement une activité d’endurance. Des activités d’intensité soutenue, notamment celles qui renforcent le système musculaire et l’état osseux, devraient être suivies au moins trois fois par semaine.

 En savoir +

  • Autant de sports que d’enfants ? C’est presque vrai, tant il y en a pour tous les goûts, selon leurs envies et leurs caractères. Renseignez-vous, posez des questions, testez : sport-adeps.be
  • Approche pédiatrique chez l’enfant sportif : cede-nutrition.org