Vie de parent

Le stress… à détecter

Dans un monde de stressés. Voilà où nous sommes. Il y a la crèche, l’école, le boulot, les trajets, les microbes imprévus, la To Do à rallonge, le désordre qui colonise la maison et tant d’autres petits tracas du quotidien qui pèsent sur les courageux parents d’aujourd’hui. Heureusement, avec quelques pistes concrètes, on peut limiter ce stress et se découvrir de vrais héros du quotidien.

Le stress… à détecter - © Bea Uhart

La course du matin

Alicia, maman de Tom, 2 ans
« Ça commençait bien, pourtant. Un réveil en douceur, bien à l’heure et même des câlins. Mais au moment de s’habiller, tout a basculé. Tom voulait rester en pyjama. Pas question pour lui de s’habiller et encore moins d’aller à la crèche. J’ai essayé de lui expliquer, de l’amadouer. J’ai réussi à lui enfiler ses chaussettes, mais dès que j’ai eu le dos tourné, il en a profité pour se remettre pieds nus et s’agiter dans tous les sens. Je me suis mise à crier parce qu’on allait être en retard et que j’avais un entretien délicat au boulot ce matin. Ça c’est terminé en partie de catch : la force contre les cris. Je déteste ça. Finalement, il s’est laissé faire, hyper-triste pour la veste. Et dans mon stress, je lui ai coincé le menton en fermant sa tirette. L’horreur. »

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Des pleurs ou de la mauvaise humeur le matin, ça peut arriver à tout le monde. À nos enfants aussi. Pour éviter de stresser un ourson mal léché, on peut anticiper. Préparer ses habits la veille pour gagner du temps et éviter des négociations matinales. Dresser déjà la table du petit déjeuner… et réfléchir à l’avance à ce qui pourrait être mis en place pour commencer la journée du bon pied pour toute la famille.

Respirer. « Au-delà des aspects pratiques et organisationnels à penser en amont, c’est notre état d’esprit qui est à travailler », explique Pascale Decorte, institutrice et instructrice de pleine conscience pour petits et grands. C’est sûr que quand on est de bonne humeur, le monde nous paraît beau. Et quand nous nous sentons stressés, il ne faut pas grand-chose pour que tout aille de travers. Une solution ? Respirer et ne pas se disperser.
« Quand on met le manteau de son enfant le matin, on est pleinement avec lui dans ce moment et on l’encourage : d’abord ta main droite ici, puis ta main gauche… Vivre pleinement le moment évite de penser à l’heure qui file et à la réunion professionnelle qui nous attend. On se centre sur l’instant présent. C’est de la pleine conscience. Ça peut permettre d’être plus serein et plus clairvoyant. Évidemment, ce n’est pas une baguette magique contre le stress. Mais c’est une pratique régulière à mettre en place, une habitude de respiration, de recentrage. Et quand l’habitude est installée, alors ça peut marcher aussi dans un moment de stress », ajoute l’institutrice.

En chanson. Une joyeuse rengaine permet aussi de bien démarrer la journée : une chanson rigolote inventée ou pas, avec des gestes ou pas, qu’on chante pour se mettre en route le matin et qu’on peut même adapter avec humour à la météo ou au programme de la journée. On ne vous livrera pas notre petit air personnalisé, mais la méthode a été testée et validée !

À bout du bazar

Fred, papa de trois petits gars de 4 mois, 3 ans et 5 ans
« Une maison avec enfants, c’est surtout du bazar partout. Le premier sème ses cartes Pokémon et ses accessoires Lego. Il a la flemme de ranger et ne montre pas du tout l’exemple au deuxième… qui décore la maison de ses dessins et bricolages ramenés de l’école ou de la garderie. Sans oublier ses mystérieux bouts de bâtons ou cailloux qui apparaissent un peu partout. Ouf ! Un bébé en plus et voilà que nous, parents, on n’a même plus le temps de ranger nos propres affaires. »

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Pour dompter un désordre ambiant, une seule solution : trier, se débarrasser du superflu, puis trouver une place pour chaque chose. Le tri peut se faire avec les enfants, ils gardent ce qu’ils aiment et font de la place pour de nouvelles choses ou pour de l’espace de jeux.
Pour se désencombrer, on donne, on jette ou on vend à une bourse ou une brocante de la Ligue des familles ou même en ligne. Et puis, seulement quand on a diminué le nombre d’objets dans la maison, on peut alors les ranger. En attribuant une place pour chaque chose. En veillant à l’accessibilité des rangements pour les enfants. Pas question de demander de placer leur château fort tout en haut d’une commode. Non, le rangement doit être accessible, ce qui leur permet aussi d’être autonomes et de tout remettre en place eux-mêmes.

Ranger. Dès 1 an, on peut se mettre à ranger. À condition d’y aller progressivement et d’être accompagné d’un adulte. Quand l’enfant se met à marcher, il peut transporter des objets un à un et les mettre à l’endroit indiqué. Au début, ce sont surtout les parents qui rangent, bien sûr. Ils peuvent expliquer à l’enfant où placer chaque jeu et le féliciter quand il s’y met. Les enfants passent par une phase d’imitation et se mettront naturellement à ranger, comme leurs parents et avec eux.
Vers 3 ans, plus besoin de tout faire ensemble, les enfants peuvent ranger un type de jeu pendant que l’adulte se charge d’un autre.
À 4 ans et plus, à partir d’une consigne claire, l’enfant peut ranger seul. Demandez-lui de ranger son puzzle puis revenez quelques minutes plus tard pour le féliciter et passer à la mise en ordre… du petit train.
Vers 6 ans, un enfant peut complètement ranger sa chambre, même si quelques rappels et félicitations sont toujours bienvenus.

Pas le temps de jouer

Ikram, maman de trois enfants de 7 mois, 4 ans et 6 ans
« On n’a jamais le temps de jouer ensemble. Ma fille me l’a reproché hier. Comme ça, sans prévenir. Elle n’a pas tort, nos journées sont minutées. Entre les repas à préparer, les devoirs à superviser, le rangement, les piles de linge qui s’entassent, les courses pour ravitailler la tribu, on a vraiment peu de temps pour jouer en semaine. Sauf le soir, parfois, mais alors on va dormir plus tard et le train-train du lendemain est tout chamboulé… »

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S’il y a peu de temps à partager, savourons-le, bichonnons-le pour que ces quelques petits moments soient tellement bien qu’on ne retienne que ceux-là. À défaut de quantité, privilégions la qualité. Un vrai moment de complicité autour d’un livre ou d’un petit jeu, sans écran, ni smartphone, ou simplement un gros câlin, ça fait tellement de bien !

Garder le meilleur. « Un petit rituel à mettre en place en fin de journée qui ne prend pas beaucoup de temps, c’est de se demander simplement : qu’est-ce qui a été chouette dans ta journée ? Et chacun répond en trois minutes : c’est quand on s’est couru dans les bras à la sortie de l’école, c’est le sourire de la dame à qui j’ai rendu sa carte de banque qui était tombée de sa poche... Évidemment, il ne faut pas en profiter pour faire une leçon à son enfant en lui disant, ‘C’est quand tu as rangé ta chambre ou été sage’. L’adulte doit vraiment jouer le jeu et se mettre au même niveau que l’enfant. C’est un moment de partage, d’authenticité. Et un bon entraînement à la pleine conscience aussi, on cultive et on partage la gratitude. On s’entraîne à remarquer de belles broutilles qui embellissent notre quotidien », explique Pascale Decorte.

Cuisiner ensemble. Et au-delà de ce joli petit moment, on peut partager certaines tâches avec les enfants, même si elles se feront un peu plus lentement. Ils peuvent laver des légumes, couper les bouts des haricots avec des ciseaux, choisir les épices et herbes aromatiques d’un plat, mélanger les ingrédients d’un cake salé et même lécher le plat pour faciliter la vaisselle !

Les sens en éveil. « On peut aussi leur bander les yeux et leur faire deviner ce qu’on prépare, ajoute Pascale Decorte. Les jeux de Kim goût et Kim odeur, ça marche très bien avec les enfants et ça les entraîne à être le plus objectif possible. Ce qui aide pour plus tard. On peut aussi jouer sur le chemin de l’école : observer ce qui nous entoure, puis raconter ce qui nous a marqué. Être présent sur le chemin, tout simplement. Arrêter le mode pilote automatique pour être ici et maintenant avec son enfant. Et c’est bien plus facile pour les enfants que pour nous, d’ailleurs… »

Sans couche ni flaque

Maria, maman de Yasmine, 2 ans et demi
« Yasmine doit rentrer à l’école après les vacances de Pâques. Comme elle adore ses puéricultrices, les quitter risque d’être dur. Le pire, c’est cette propreté obligée. Pour l’instant, elle a encore un lange, même la journée. Je n’ose pas le lui enlever, j’imagine déjà les flaques de pipi partout sur les tapis. Yaya s’est déjà assise sur le petit pot, mais elle ne semble pas très intéressée. Elle ne se rend pas compte de l’enjeu. Moi, ça me stresse. Je n’ai pas envie qu’elle reste mouillée toute la journée à l’école. »

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Si l’enfant est prêt, le passage des langes aux slips ou culottes peut être rapide. « Ça prend une semaine, parfois deux jours, raconte Nathalie, puéricultrice en classe d’accueil. Mais il faut que les parents aient bien fait cette transition dans leur tête aussi. S’ils enlèvent les couches, ils doivent les enlever tout à fait, tout le temps et être prêts à tout moment à s’arrêter pour un pipi pressé, même en voiture ou dans un magasin ».
Et pour savoir si l’enfant est prêt à franchir le cap, on l’observe. L’enfant peut se passer de langes quand il a acquis le contrôle de ses sphincters. Ça, ce n’est pas facile à observer. Mais cette acquisition coïncide avec la capacité à monter les escaliers sur deux pieds. Un enfant qui sait donc monter seul les escaliers est théoriquement prêt à passer sur le petit pot. Mettez-en un à sa disposition à la salle de bain ou aux toilettes. Posez-le dessus le matin, montrez-lui comment vous faites et laissez-le un peu courir les fesses à l’air ou en culotte. Qu’il puisse sentir au moins ce qui se passe quand il se lâche.

Une attitude. Dans tous les cas, restez cool et familiarisez l’enfant avec le pot en douceur, dès qu’il en exprime l’envie. « Les parents y pensent souvent tard, à une semaine de la rentrée et c’est la cata, car ils sont stressés et leur enfant est brusqué. Or, ça doit se faire de manière fort relax. On peut d’abord présenter le pot sous forme de jeu, laisser l’enfant s’asseoir dessus. Ça ne doit surtout pas devenir une contrainte, on ne doit pas forcer l’enfant. Il faut profiter d’une période tranquille, comme les vacances, pour adopter le petit pot », poursuit la puéricultrice.
Et puis, si jamais à la rentrée votre enfant ne contrôle pas encore bien ses sphincters, repoussez, si vous le pouvez, son entrée à l’école ou parlez-en à son instit. Elle se montrera peut-être compréhensive ou vous dira honnêtement si elle peut gérer cela dans sa classe ou pas.

Une tenue. Dernier conseil avant la rentrée : mettez-lui une tenue qu’il peut enlever facilement comme un pantalon à élastique. Évitez les braguettes, les salopettes et les jupes à froufrous qui traînent partout. Avec en bonus des vêtements de rechange à sa taille glissés dans son sac.

Besoin de souffler

Carole, maman de Jeanne, 5 ans
« Avoir un enfant, c’est prenant. Surtout que j’élève seule ma fille. Gérer un job à côté, c’est galère, parce que forcément, j’arrive parfois en retard et je dois m’absenter quand elle est malade. Je n’ai presque plus le temps de voir mes copines parce que je ne sais pas à qui confier ma fille. Le week-end passé, pour mon anniv’, les copines m’ont offert une après-midi bien-être au sauna. J’ai emmené ma fille avec moi ! C’était chouette, mais parfois, j’aimerais souffler sans elle aussi. »

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Dur, dur, l’équilibre à trouver entre du temps pour soi et du temps pour nos petits monstres. Surtout, si on n’a pas de relais. Mais ça vaut la peine d’en chercher et d’en trouver, pour recharger nos batteries et être mieux avec nos enfants aussi quand on les retrouve.

Lâcher. Mais avant de trouver la personne de confiance qui prendra soin de nos enfants en notre absence, il faut lâcher prise. Accepter que cette autre personne ne fasse pas tout comme nous. Ses règles seront sûrement différentes des nôtres. Mais ce n’est pas si grave, à nous de la briefer sur l’essentiel et de faire confiance à nos enfants. Ils comprennent très vite que le cadre et les règles varient selon le lieu ou la personne qui les entoure.

Mamy. Traditionnellement, on se tourne vers nos proches pour demander un peu de soutien : les grands-parents, un oncle ou une tante de l’enfant, parfois même une amie ou une voisine. Demander ne coûte pas grand-chose. Et certains pourraient vous surprendre en organisant de chouettes activités avec vos enfants.

Nounou. À défaut d’un entourage présent, on engage un·e pro. Via le service baby-sitting de la Ligue des familles, par exemple.

Solidarité. Et puis, quand l’enfant grandit, on peut même compter sur ses amis. Chacun s’invite à dormir à tour de rôle. Les enfants adorent et ça permet aux parents, solos ou pas, de souffler de temps en temps.

Encadré

L’horreur des magasins

Sandrine, maman de Hugo et Zélie, 3 et 4 ans
« Souvent, je fais des petites courses avec mes enfants juste après l’école, pour ne pas venir les chercher trop tard à la garderie. Le problème, c’est qu’ils sont trop tentés par les jeux, les sodas… et n’hésitent pas à déclencher une crise pour obtenir gain de cause. Du coup, j’essaye de faire les courses en speed en les mettant dans la charrette pour éviter qu’ils n’attrapent des choses ou ne partent en courant dans le magasin. »

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Après une journée d’école, les enfants sont souvent fatigués. Ils se sont dépensés, ont été sollicités, ils se sont peut-être même disputés avec leurs copains… Parfois, ils n’ont qu’une seule envie : exploser. Juste pour déverser leurs frustrations de la journée. Chez les bébés, on remarque souvent que la fin de journée est propice à des pleurs. Chez les plus grands, la période de l’après-16h reste délicate. Alors, si on peut se poser un instant pour écouter et rassurer nos enfants, ça leur fera sûrement le plus grand bien et ça annoncera peut-être même des heures à venir plus sereines.

Essayer. Et pour les courses, ça vaut la peine de tester différentes formules. Un papa nous raconte qu’il fait ses courses le vendredi soir quand ses enfants dorment. Juste avant la fermeture, il y a peu de monde dans le magasin et pas de cris d’enfants dans le caddy. Un autre nous confie qu’il fait ses courses en ligne pour ne pas avoir à perdre du temps dans le magasin. Chaque enseigne de supermarché a développé son service de courses en ligne. Et certains vont plus loin en livrant à domicile.

Des règles. Pour faire les courses avec vos enfants, préparez votre liste de courses à l’avance et fixez les règles. Vous pouvez même confier une mission à chaque enfant et leur demander de retenir un ou deux aliments que vous venez chercher. Ils seront focalisés sur leur tâche et se laisseront un peu moins tenter par les autres produits. Ça ne marche pas à tous les coups, mais ça vaut la peine d’essayer.

Estelle Watterman